Daniel Giroux, Mathieu Valade Williams et Stéphane Blanchard sont notamment accusés de meurtre et de complot pour meurtre.

Meurtre de Jacques Choquette: pas d'enquête préliminaire pour les accusés

Les procédures judiciaires entourant le meurtre du Granbyen Jacques Choquette, survenu en 2016, prennent de la vitesse.

La poursuite a déposé des actes d’accusation privilégiés contre les trois accusés dans ce dossier, a appris La Voix de l’Est, soit Stéphane Blanchard, 37 ans, Daniel Giroux, 53 ans, et Mathieu Valade Williams, 28 ans.

Cela signifie qu’ils ne subiront pas d’enquête préliminaire et que des dates de procès seront bientôt fixées.

«C’est pour gagner du temps, être efficace, c’est ce qu’on nous demande», a indiqué mercredi Me Claude Robitaille, du Directeur des poursuites criminelles et pénales au terme d’une audience tenue au palais de justice de Granby.

Le temps file et les parties ont, en théorie, jusqu’en mai 2021 pour faire les trois procès demandés afin de respecter les délais permis en Cour supérieure en vertu de l’arrêt Jordan.

Faire trois enquêtes préliminaires séparées aurait pris du temps et Me Robitaille estime que dans tous les cas, «la citation [à procès] sera difficilement contestable», laissant entendre que la preuve est forte.

Et il ne se dit «pas inquiet» quant au respect des délais prescrits.

Pieds et poings liés, MM. Blanchard et Valade Williams étaient de retour dans le box des accusés, mercredi, tandis que M. Giroux assistait à l’audience par visioconférence depuis la prison où il est détenu. Le trio avait été arrêté en 2018 et accusé de meurtre, de complot pour meurtre et d’infractions liées au cannabis.

En accord avec le juge André Vincent, les parties ont convenu que le premier procès, celui de Stéphane Blanchard, pourrait être tenu à la fin de 2020. Celui de Daniel Giroux suivra, puis celui de Mathieu Valade Williams.

«C’est long»

Une annonce qui a provoqué des soupirs chez les proches de la victime présents dans la salle d’audience. «C’est long, ça s’éternise», a dit Robert Choquette, le frère de la victime, à sa sortie. 

Or, la preuve est vaste et les derniers éléments n’ont été communiqués que récemment à la défense, a mentionné Me Jean-François Lambert, qui représente M. Blanchard. 

D’autres pourraient encore s’ajouter, a dit Me Karine Guay, avocate de la Couronne au dossier de M. Giroux. Il s’agirait de messages texte extraits du téléphone de l’un des accusés. 

Au moins trois semaines d’audiences sont prévues pour chaque procès, et ce, uniquement pour que la Couronne expose sa preuve, a dit Me Émilie Baril-Côté, qui s’occupe des accusations déposées contre M. Blanchard.

Pour alléger les procédures autant que possible, les parties se retrouveront en cour en février pour une conférence de gestion. Ils traiteront notamment des requêtes que compte déposer la défense.

D’ici là, le juge Vincent a invité les avocats à «avoir des discussions sérieuses pour éviter que les débats s’étirent».

Les ossements de Jacques Choquette, un entrepreneur en construction et père de deux enfants, ont été découverts en mai dernier à Stukely-Sud. Selon l’acte d’accusation, le meurtre aurait été commis le 3 novembre 2016 à Eastman. La voiture incendiée de la victime avait quant à elle été retrouvée à Saint-Valérien-de-Milton.