«Je me suis senti perdre pied et j’ai donné un coup comme ça», a dit l’accusé au tribunal.
«Je me suis senti perdre pied et j’ai donné un coup comme ça», a dit l’accusé au tribunal.

Meurtre de Cédric Dupuis Skinner: contre-interrogatoire difficile pour Lafrenière-Milot

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
C’est avec plusieurs hésitations et demi-réponses que Jonathan Lafrenière-Milot, accusé d’homicide involontaire, a répondu jeudi aux questions de la Couronne.

L’homme de 29 ans reconnaît avoir tué Cédric Dupuis Skinner lors d’une transaction de drogue survenue le 28 juillet 2018 à Granby, mais soutient avoir poignardé la victime « par réflexe », car il se sentait menacé. 

En contre-interrogatoire, Me Karine Guay, du ministère public, s’est attardé sur les circonstances du meurtre. Notamment les mouvements de l’accusé, qui aurait tendu son bras, armé d’un couteau pliant, lorsque la victime a essayé de le frapper d’un coup de poing.

« J’ai senti l’étau se resserrer sur moi. Je me suis senti perdre pied et j’ai donné un coup comme ça, a dit M. Lafrenière-Milot en levant son bras gauche. Je voulais faire peur, me reculer et m’en aller le plus vite possible. »

« Faire peur »

Accompagné d’un ami, M. Dupuis Skinner, 20 ans, avait planifié de voler l’accusé, qui leur vendait de la cocaïne.

Me Guay s’est demandé comment M. Lafrenière-Milot pouvait « faire peur » à sa victime puisqu’il a déclaré, mercredi, qu’il avait sorti son couteau « discrètement » pendant l’altercation.

L’accusé, qui prenait souvent son temps pour parler ou ne répondait pas exactement aux questions, a également eu de la difficulté à dire s’il se sentait en confiance ou non lorsqu’il s’est présenté sur les lieux de la transaction, soit le stationnement d’un restaurant chinois de la rue Authier, aux petites heures du matin.

Tous les éléments étaient réunis pour qu’il se méfie de l’acheteur, a souligné Me Guay : il ne le connaissait pas, le lieu de rencontre était sombre, M. Dupuis Skinner était accompagné contrairement à ses directives et il avait refusé de s’approcher du taxi.

« Y’a plusieurs lumières qui s’allument, mais je ne peux pas savoir que cette personne-là me veut du mal », a dit M. Lafrenière-Milot.

Il s’est néanmoins approché d’eux et leur a tendu un sachet de 3,5 g de poudre blanche, dont M. Dupuis Skinner se serait accaparé avant d’offrir un montant dérisoire comparativement aux 320 $ convenus. Le crime a eu lieu après cet échange.

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Antécédents

En fin de matinée, M. Lafrenière-Milot a confirmé ses antécédents judiciaires présentés par la Couronne, soit vol, vol qualifié, voies de fait, voies de fait armées, séquestration, menace, possession simple, possession dans un but de trafic, alcool au volant et non-respect de ses conditions de liberté provisoire. Sans compter les infractions commises quand il était mineur. Il est détenu depuis son arrestation survenue quelques heures après le meurtre.

Les preuves sont désormais closes et les parties, incluant la défense représentée par Me Rémi Cournoyer-Quintal et Me Jean-François Lambert, doivent livrer leurs plaidoiries vendredi devant le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec.