Selon le directeur général adjoint à la santé publique au CIUSSS, Dr Stéphane Tremblay, les mesures spéciales pourraient se poursuivre au-delà du 11 mars si l’achalandage élevé dans les urgences perdure.

Mesures exceptionnelles dans les urgences: « Le bilan est positif »

La situation critique dans les urgences d’hôpitaux de la région, notamment à Granby et à Cowansville, a nécessité l’adoption de mesures qualifiées « d’exceptionnelles », en vigueur minimalement jusqu’au 11 mars. Dressant son bilan de mi-parcours, le CIUSSS de l’Estrie croit avoir stoppé l’hémorragie.

« Le bilan est positif. Il reste encore des choses à faire et il faut rester vigilants. [...] Mais, on a atteint un certain niveau de stabilisation », a indiqué en point de presse jeudi le directeur général adjoint à la santé physique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie, Dr Stéphane Tremblay.

Parmi ces mesures, notons la réduction des cas électifs nécessitant une hospitalisation ainsi que le report de certaines chirurgies. Sur les 16 opérations repoussées dans les cinq établissements ciblés par ces mesures « exceptionnelles », huit l’ont été à l’hôpital de Granby. Aucune chirurgie n’a été reportée à l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP).

Le CIUSSS préconise également qu’un seul proche accompagne les patients aux urgences. En ce qui concerne le soutien aux infirmières, on fait appel à des effectifs d’autres types d’emplois. De plus, des sites « non traditionnels » ont été mis en place pour accueillir temporairement le surplus de patients des urgences.

Extension envisagée
Initialement, la date du 11 mars avait été fixée pour mettre fin aux mesures « exceptionnelles » dans les cinq hôpitaux ciblés sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie : on parle de BMP, du CHG, de l’hôpital Fleurimont ainsi que celui de Magog de même que l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Cette échéance pourrait être repoussée, a concédé le Dr Tremblay. « On sait que la semaine de relâche est devant nous. [...] Donc, il est clair que l’on couvrira cette période. Par la suite, comme l’activité grippale est toujours à la hausse [si l’achalandage élevé dans les urgences perdure] on va poursuivre ces mesures », a-t-il indiqué, précisant qu’une décision sera prise à cet effet la semaine prochaine.

Par ailleurs, outre l’influenza, le virus respiratoire syncytial fait plusieurs victimes ces temps-ci, a spécifié le directeur général adjoint à la santé physique. Très contagieux, ce virus s’attaque principalement aux enfants en bas âge de même qu’aux personnes âgées.

Personnel sous pression
Malgré les mesures mises en place pour donner de l’oxygène au personnel médical des urgences, la situation demeure critique. Le temps supplémentaire obligatoire (TSO) jumelé au manque criant d’effectifs fait en sorte que plusieurs employés sont au bord de l’épuisement, a indiqué la présidente de la FIQ-SPSC. Sans compter la pression indue de la part des dirigeants. « C’est très rare que l’on respecte le ratio idéal [une infirmière pour cinq patients]. On voit souvent du un pour huit. Ça va même jusqu’à du un pour 12. Ça n’a pas de sens d’en être rendu là, a déploré Mme Séguin. [...] Et il y a toujours la menace de réprimande, de lettre au dossier, de suspension si une infirmière refuse de faire des heures supplémentaires. Alors le personnel se sent pris en otage. Quand elles se font imposer du TSO, bien des infirmières vont pleurer dans la pharmacie. Puis elles se résignent à rester pour ne pas avoir de problème. Et malheureusement, c’est généralisé. »

Le Dr Tremblay a concédé que la situation n’est pas rose pour les effectifs à pied d’œuvre dans le milieu hospitalier. « C’est dur pour le personnel médical. Ça met beaucoup de pression. [...] Du temps supplémentaire volontaire et obligatoire, ça existe encore aujourd’hui. Par contre, on ne le fait pas dans le même contexte et au même endroit. [...] Notre objectif est que l’usager soit toujours dans un lieu physique le plus approprié pour lui. »

Le Dr Tremblay n’était pas en mesure de donner jeudi le taux d’absentéisme dans les hôpitaux ciblés par des mesures spéciales.