Damase Ménard a reconnu avoir fait des menaces et avoir eu 14 armes mal entreposées en sa possession.

Menaces de mort et possession d'armes: un octogénaire plaide coupable

« Avec des frustrations, avec le nombre d'armes que vous aviez, tant mieux qu'il ne soit rien arrivé. »
Le juge Gilles Charpentier, de la Cour du Québec, a eu ces mots pour un homme de 82 ans de Marieville ayant plaidé coupable, mardi, aux accusations retenues contre lui.
Damase Ménard a reconnu avoir fait des menaces à un médecin, à un ex-collègue et à son ex-employeur, le fabricant de fils d'acier Sivaco, et avoir menacé de « faire sauter la place » en 2013. Des infractions survenues alors que le plombier, qui oeuvrait au même endroit depuis 40 ans, s'était attiré des critiques d'autres employés.
Sivaco avait alors suggéré à M. Ménard de subir une évaluation psychiatrique, ce qui l'a mis hors de lui. « Il disait que personne n'allait l'empêcher de travailler », a mentionné Me Sandra Bilodeau, de la Couronne.
Lors de son arrestation, la police a saisi chez lui six carabines, cinq fusils et trois pistolets. Certaines étaient illégales et toutes étaient mal entreposées. « Aucune n'était chargée, mais il y avait des munitions partout dans la maison », a dit Me Bilodeau. Des détonateurs et explosifs ont aussi été trouvés.
« Il voulait continuer à travailler, mais son état mental laissait à désirer, a dit Me André Williams, de la défense. Et il se faisait ridiculiser, des fois. »
Maltraitance d'animaux
Les délits de M. Ménard n'ont pas arrêté là. À la suite d'un incendie à sa demeure, en juin, la police a rescapé six chiens maltraités. Les bêtes étaient mal nourries et déshydratées ; certaines ont dû être euthanasiées. L'accusé était détenu de nouveau depuis cette date.
Compte tenu de son âge, les parties ont convenu que les sept derniers mois passés en détention préventive - et calculés à temps et demi - suffisaient comme peine pour tous ses crimes. 
Aujourd'hui retraité, Damase Ménard devra aussi respecter une probation de deux ans, suivre les thérapies nécessaires et ne plus entrer en contact avec des employés actuels de Sivaco. Il lui sera interdit de posséder des armes et des chiens pendant 10 ans.
« Je peux comprendre la frustration que vous avez eue, mais ce n'est pas une défense, a dit le juge Charpentier. Ça vous a amené plein d'inconvénients. À l'âge que vous avez, vous avez droit à une vie plus tranquille. Bonne chance monsieur. J'espère ne pas vous revoir. »