« Il faut qu'on la transfère ailleurs. Il doit bien y avoir un endroit spécialisé pour ce type de personne », lance la représentante des résidents du Domaine Vittie et Desjardins, Line Cadorette.

Menace de mort au Domaine Vittie et Desjardins

Après avoir tenté d'incendier le CHSLD Domaine Vittie et Desjardins il y a quelques jours, une résidente aurait menacé de mort un membre du personnel. Une plainte officielle a été déposée en ce sens auprès du service de police de Granby, a appris La Voix de l'Est.
Line Cadorette, une résidente du Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de la rue Dufferin, a sonné l'alarme le 14 février lorsque la jeune incendiaire dans la vingtaine a réintégré l'établissement au terme d'un séjour en psychiatrie à l'hôpital de Granby. 
Or, les choses se sont envenimées depuis son retour au Domaine Vittie et Desjardins, au grand dam des usagers, a indiqué leur représentante. 
« Il y a quelques jours, on aurait tous pu y passer à cause du feu. On s'est opposés à ce qu'elle revienne, mais personne ne nous a écoutés. Maintenant, c'est le personnel qui reçoit des menaces de mort. Ça ne peut plus durer, a-t-elle clamé. On vit dans un climat de tension énorme ici. »
Rappelons que les méfaits initiaux ont été perpétrés le 23 janvier, vers 23 h. « C'est arrivé dans le sous-sol de la résidence. Le feu a été mis dans un journal qui était dans une trappe aménagée pour le courrier dans la porte d'un local », avait confirmé au journal le porte-parole du service de police de Granby, Guy Rousseau. Selon Mme Cadorette, une employée du centre d'hébergement­ a rapidement éteint le feu. 
La jeune femme a été appréhendée par les forces de l'ordre le lendemain. Elle a ensuite été conduite au poste de police. Au terme d'un interrogatoire, l'incendiaire a été libérée sous promesse de comparaître puis transportée à l'hôpital de Granby. « Elle devait être évaluée [en psychiatrie] et relocalisée dans un autre établissement », avait mentionné­ M. Rousseau.
« Comme un lion en cage »
La résidente était de retour le 14 février au CHSLD, un établissement où la majorité des usagers se déplacent en fauteuil roulant. Selon nos informations, un gardien est posté devant la porte de sa chambre, où elle est recluse en permanence. Cela n'a pas empêché les résidents de continuer de craindre pour leur sécurité, clame Mme Cadorette. 
« Quand une personne met le feu à un bâtiment, ce n'est certainement pas un signe qu'elle veut revenir. Mais on l'a forcée. Elle est comme un lion en cage, a-t-elle illustré. Quand les préposés lui amènent son cabaret pour la faire manger, elle lance tout par terre. Personne ne veut lui parler ou l'approcher. Jusqu'au moment où elle a fait des menaces de mort à une employée. Plusieurs résidents en ont été témoins. On l'a ramenée à l'hôpital, mais on l'a ramenée aujourd'hui (mardi). Ça ne fait qu'ajouter au climat invivable ici. (...) Il faut qu'on la transfère ailleurs. Il doit bien y avoir un endroit spécialisé­ pour ce type de personne. »
Guy Rousseau a corroboré les informations de Mme Cadorette. Une plainte pour menace de mort a été officiellement déposée au service de police de Granby le 20 février. Celle-ci a été proférée à l'endroit d'une employée le 18 février. M. Rousseau n'était toutefois pas en mesure de confirmer, mardi, si des accusations seront portées contre la jeune femme. « Un dossier est ouvert et l'enquête se poursuit », a-t-il mentionné.
De son côté, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie, qui chapeaute notamment les centres d'hébergement de la région, n'a pas voulu s'avancer trop avant dans le dossier. « Je ne peux pas dire si [la jeune femme] va rester ou pas [à Vittie-Desjardins], a soutenu la responsable des communications de l'organisation, Annie-Andrée Émond. Il est survenu un événement qui nous amène à regarder si les mesures en place sont suffisantes et s'il y a lieu de prendre d'autres décisions. C'est ce qu'on est en train de regarder avec une équipe multidisciplinaire. »