La Granbyenne Mélina Roberge et Isabelle Lagacé ont été arrêtées avec André Tamise sur un bateau de croisière, les valises pleines de cocaïne.

Mélina Roberge, un pion du crime organisé

La Granbyenne Mélina Roberge, Isabelle Lagacé et André Tamine auraient été volontairement des pions pour le crime organisé, a révélé l’émission J.E., jeudi soir. L’équipe de l’émission d’enquête s’est penchée sur le trio arrêté en août 2016 à son entrée sur le territoire australien. Ils auraient tenté d’importer, par la voie des mers, 95 kg de cocaïne pour un réseau mondial de narcotrafiquants.

Les deux jeunes femmes et le sexagénaire auraient fait partie d’une vaste opération téléguidée à Montréal et qui aurait impliqué plus d’une douzaine de personnes au Québec, au Mexique, au Pérou et au Maroc. La pègre juive montréalaise, la pègre moyen-orientale, les Hells Angels et le cartel mexicain Sinaloa seraient derrière le réseau.

Mélina Roberge a été recrutée à Montréal par un proche de la pègre juive montréalaise. Il lui aurait parlé d’un voyage en Australie qui lui donnerait assez d’argent pour réaliser la chirurgie plastique dont elle rêvait. L’homme d’affaires, relié aussi à Isabelle Lagacé et André Tamine, aurait communiqué plus de 600 fois avec Roberge dans les dernières années. Il serait son souteneur.

Après avoir accepté de faire partie de l’aventure, le trio aurait alors été mis en contact avec un clan égypto-syrien, qui aurait été l’organisateur du coup.

Première étape, le Maroc. En mai 2016, Roberge, Lagacé et Tamine se sont rendus au Maroc où les détails de l’opération avec des narcotrafiquants ont été finalisés, allègue J.E.. La Granbyenne serait revenue au pays avec 8000 euros en poche.

La croisière
On leur a proposé une croisière autour du monde, qui se présentait comme une occasion d’affaires, sans leur parler de prime abord d’importation de drogue. D’autres complices étaient aussi avec eux sur le bateau de croisière Sea Princess. L’un d’eux a quitté le bateau à la première escale, en Nouvelle-Écosse, tandis que deux autres hommes, âgés de 47 et 37 ans, ont laissé des empreintes sur des sacs de cocaïne.

L’embarquement a été fait en Irlande le 11 juillet 2016. Ils auraient pu monter à bord du navire au Canada, en Nouvelle-Écosse, ce qui aurait permis de sauver beaucoup de frais. Il s’agissait de l’une des escales de la croisière autour du monde. Ce serait d’ailleurs ce qui a mis la puce à l’oreille des autorités.

Un avis de guet a été lancé sur le groupe, révèle J.E., et des policiers de plusieurs pays ont suivi leur parcours jusqu’en Australie.

Ce serait lors d’une escale au Pérou que la drogue aurait été embarquée sur le bateau, dans leurs bagages. Dans le registre des appels du cellulaire de Roberge, on y verrait plusieurs fois un numéro péruvien.

14 personnes soupçonnées
Le journaliste Félix Séguin a obtenu le profil complet de 14 personnes soupçonnées d’être des acteurs importants dans cette opération d’importation de cocaïne. Par contre, comme ils ne font pas l’objet d’accusations formelles, il n’a pu en révéler l’identité.

Il se pourrait qu’il s’agisse de la sixième exportation du genre. L’Australie est un pays attrayant pour les narcotrafiquants. Si un lot de cocaïne vaut 5 M$ sur le marché noir canadien, il en vaut 50 M$ en Australie.

Cependant, les intervenants interviewés laissent entendre qu’il sera difficile d’épingler les têtes dirigeantes et de les accuser formellement.

Preuves accablantes
En décembre 2016, Isabelle Lagacé a plaidé coupable à des accusations d’importation d’une quantité commerciale de cocaïne. Près d’un an plus tard, elle a reçu sa sentence de sept ans et demi de prison.

La juge n’avait d’ailleurs pas cru à la version de Lagacé qui prétendait qu’elle avait été forcée à devenir une mule pour le crime organisé.

Même si les preuves sont accablantes, Mélina Roberge et André Tamine, sur lequel on apprend peu de choses, tiennent mordicus à se battre devant un jury. Leur procès débute le 26 février. Ils font aussi face à des accusations d’importation d’une quantité commerciale de cocaïne.