Le candidat à la mairie Yves Bélanger a été particulièrement actif sur les médias sociaux durant la campagne électorale.

Médias sociaux ou poignées de main?

Désormais incontournables, les médias sociaux pour les candidats en campagne électorale ? Plusieurs d’entre eux sont convaincus que oui, tandis qu’une poignée d’autres croient toujours qu’une publication sur Facebook ne remplace pas le pouvoir d’une poignée de main.

C’est entre autres le cas du conseiller sortant, Robert Vincent, qui tente de se faire réélire dans le district 9, à Granby. « J’ai un (compte) Facebook, mais je ne m’en sers pas. Voir les gens, durant le porte-à-porte, être face à eux et voir leur appréciation par rapport au travail qu’on a fait, c’est le meilleur bulletin qu’on peut avoir », estime M. Vincent, qui a résumé ses engagements sur un dépliant qu’il distribue dans ses déplacements. 

M. Vincent affirme qu’il avait adopté la même stratégie en 2013, alors qu’il a été élu pour un premier mandat, et elle lui a bien servi. 

Même réaction auprès de la conseillère sortante du district 6 et à nouveau candidate, Denyse Tremblay. « Ne me cherchez pas sur Facebook », lance-t-elle. Selon elle, un « paquet de citoyens ne sont pas présents » sur les médias sociaux. Elle souligne ne pas être opposée à la technologie, qui a, dit-elle, de bons côtés. Mais elle pose aussi un regard critique sur la place que cette technologie occupe dans la société. À ses yeux, aller à la rencontre des électeurs à leur domicile demeure la meilleure façon d’établir un contact avec eux et de connaître leurs préoccupations. 

« J’ai un (compte) Facebook, mais je ne m’en sers pas», dit le conseiller sortant et de nouveau candidat Robert Vincent.

Pas juste des pancartes

Certains de leurs adversaires voient toutefois les choses d’un autre œil. En plus du porte-à-porte, ils s’offrent une visibilité supplémentaire sur le Web. L’opposant de Robert Vincent, Luc Perron, utilise par exemple sa page Facebook de candidat pour exposer ses priorités et relayer les informations qui concernent sa candidature. 

Bruno Junior St-Amand qui, comme Denyse Tremblay, Édith Gagnon et Rénald Perreault, souhaite se faire élire dans le district 6, est un des candidats qui mise particulièrement sur la force des réseaux sociaux. « Ce n’est pas juste une question de pancartes, pour les gens qui votent », croit-il. 

Ce n’est pas d’hier que M. St-Amand utilise Facebook pour « tester » ses idées, comme celles de l’implantation d’un marché public permanent, l’aménagement d’une glace réfrigérée ou la révision du règlement pour le stationnement dans les rues l’hiver. Il l’a également fait lors de la campagne électorale de 2013, alors qu’il était candidat dans le district 8.

« Je pense que ça n’a pas toujours besoin d’être des idées coûteuses pour prendre le pouls des citoyens. Je pense aussi que c’est être de notre temps. Il faut aller sur plusieurs fronts pour que les gens participent. Et il ne faut pas faire d’âgisme. Il y a beaucoup de personnes âgées branchées », dit-il.

Pas le choix

Bruno Junior St-Amand n’hésite pas à commanditer certaines de ses publications afin de rejoindre, parfois pour quelques dizaines de dollars, des internautes d’un plus large rayon. Et il n’est pas le seul à le faire. Le conseiller sortant du district 8, à nouveau candidat, Éric Duchesneau, de même que le maire sortant et candidat, Pascal Bonin, le font aussi. 

L’adversaire de ce dernier, Yves Bélanger, s’est également fait très présent sur les médias sociaux durant la campagne. « Je pense qu’on n’a pas le choix. On est à l’ère d’Internet. Il faut se mettre à la page », dit-il. 

Lui et son équipe ont « commandité » des vidéos et des publications jugées percutantes. « On ne rejoint pas nécessairement toute la clientèle, mais il y a tout de même une bonne partie d’entre elle, particulièrement les jeunes, qui fréquente les réseaux sociaux », relève M. Bélanger. 

Cela dit, le candidat dit vouloir faire un « arrimage » entre les médias sociaux et les médias traditionnels. Ses publicités se retrouvent également dans les médias écrits, à la radio et à la télévision. Par contre, il dit s’être limité à 12 affiches électorales grand format par souci environnemental.  

Selon ce que La Voix de l’Est a pu observer, la grande majorité des candidats aux élections municipales à Granby sont néanmoins présents à divers degrés sur Facebook. Le candidat à la mairie, Carl Bouvier, a même utilisé sa page officielle de candidat pour partager des blagues grivoises et des tests de personnalité.