Le DG de Bedford, Guy Coulombe

Matières résiduelles: Bedford choisit l’autonomie

La municipalité de Bedford s’occupera elle-même de la collecte des matières résiduelles sur son territoire. Une décision qui permettra d’abaisser la facture comparativement au recours à un service externe, a statué le conseil municipal. De plus, une entente a été conclue avec Notre-Dame-de-Stanbridge pour répartir les coûts.

La municipalité de Bedford a décidé de revoir sa stratégie à la suite de l’appel d’offres pour les services de collecte de matières résiduelles pour 2019. « En regardant les chiffres qui nous ont été soumis, on a eu une mauvaise surprise. La facture par porte passait presque du simple au double. C’était majeur pour nous », a indiqué le directeur général de Bedford, Guy Coulombe.

Selon les données fournies par la Ville, le contrat pour 2018 avec Nopac Environnement, à échéance le 31 décembre, était de 92 158 $. Trois entreprises ont répondu à l’appel d’offres pour la collecte des matières résiduelles pour l’année à venir. Il s’agit de Nopac Environnement (116 063 $), Sani-Éco (135 471 $) et Matrec (222 566 $). Notons que ces montants sont annuels et liés à un éventuel contrat de cinq ans. 

Bedford a environ 1000 portes à desservir. En optant pour le plus bas soumissionnaire, la facture pour le ramassage du contenu des bacs de recyclage passait de 0,82 $ à 1,63 $ par porte, tandis que celle des ordures grimpait aussi substantiellement (0,85 $ à 1,53 $), a précisé M. Coulombe. Notons que le contrat de la collecte des conteneurs a été renouvelé pour 2019 avec l’entreprise Jean-Pierre Guay Transport.

Partenariat

Après avoir évalué ses options pour la collecte des matières résiduelles, les membres du conseil de Bedford ont décidé que la municipalité desservirait désormais sa population. L’entente de deux ans avec Notre-Dame-de-Stanbridge, qui contribuera à hauteur de 76 000 $ par an au service, a également pesé dans la balance, a indiqué M. Coulombe. « On a une bonne relation avec les gens de Notre-Dame-de-Stanbridge. Ils nous ont sollicités pour savoir si on souhaitait s’équiper pour faire la collecte. C’était tout naturel de faire un partenariat », a-t-il dit.

Selon le DG de Bedford, le montant à débourser pour l’achat d’un camion s’élève à 312 000 $. Cette somme sera amortie sur six ans. Or, le véhicule en question ne sera pas prêt pour que la localité prenne le relais de la collecte, le 2 janvier. La location d’un camion est donc au programme pour les trois premiers mois de 2019. À cela s’ajoute le salaire d’un nouvel employé municipal dédié à la collecte. La localité a embauché un homme qui a six ans d’expérience dans ce créneau, a précisé M. Coulombe. Évidemment, la Ville devra également assumer l’entretien du véhicule. M. Coulombe soutient que le coût net de la collecte globale pour 2019 s’élève à 99  600 $. « Ce sera une économie pour les citoyens parce qu’on s’attend à ce que la taxe pour la gestion des matières résiduelles reste la même malgré l’ajout de la collecte du bac brun », a fait valoir M. Coulombe.

Notons que les collectes des bacs verts et des bacs bleus auront lieu toutes les deux semaines. Le contenu des bacs bruns sera ramassé hebdomadairement, l’année durant.

Conjoncture

Appelé à commenter le dossier, le propriétaire de Nopac Environnement, Marc Vallée, a affirmé que la hausse de tarifs pour la collecte des matières résiduelles à Bedford et Notre-Dame-de-Stanbridge est liée à la conjoncture. « Avec la faillite de Récupération 2000, le triage des matières ne se fait plus à Cowansville, mais plutôt chez Sani-Éco. C’est beaucoup plus long pour nous d’aller à Granby. Le coût du fuel a une incidence directe sur le prix de la soumission », a-t-il indiqué.

Le manque de main-d’œuvre entre aussi dans l’équation. « La pénurie de chauffeurs est une réalité bien présente. On est passé de 18 $/h à 25 $/h. Et malgré ça, on a encore de la difficulté à en trouver. »

M. Vallée se dit à la fois amer et sceptique de la rentabilité du projet de collecte des matières résiduelles assumées par Bedford, où il réside. « Une Ville est là pour offrir des services à la population, a-t-il fait valoir, pas pour lancer une business de vidanges avec notre argent. »