Plusieurs matières non organiques sont déposées dans les bacs bruns par les citoyens de Bromont. Ces matières compliquent les opérations à la plate-forme de compostage de la Régie de Cowansville et contaminent le compost produit.

Matières organiques à Bromont: 27,9 % des collectes contaminées

Les règles élémentaires de l’utilisation des bacs bruns échappent à de nombreux Bromontois. Des 43 collectes de bacs bruns effectuées en mars et avril cette année, 12 d’entre elles, soit 27,9 %, ont été jugées non conformes parce qu’elles contenaient trop de matières autres qu’organiques. Les autorités municipales songent à l’imposition d’amendes si la situation ne s’améliore pas.

Mois après mois, les rapports mensuels préparés par la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi (RIGMRBM), où Bromont envoie ses matières organiques, en arrivent toujours au même constat : les bacs bruns à Bromont renferment trop de matières autres qu’organiques, note David Charbonneau, directeur du service des travaux publics de la Ville.

Sacs de plastique, bouteilles, objets de plastique, nombreuses sont les matières qui devraient plutôt prendre le chemin du bac de recyclage. « On a même eu récemment un panier de linge », s’étonne-t-il.

La quantité de matières recyclables déposées dans les bacs bruns est tellement élevée que les autorités municipales ont cru que le problème résidait avec Matrec, l’entreprise responsable des collectes.

« Ils utilisent les mêmes camions pour les collectes des matières recyclables et organiques. On pensait qu’ils ne les lavaient pas quand ils passaient d’une collecte de matières à une autre. Mais on a vérifié. Et ils les lavent. Le problème, il est chez nous », a dit M. Charbonneau.

Le maire de Bromont Louis Villeneuve pestait vendredi lorsque joint par La Voix de l’Est. Il venait de prendre connaissance des statistiques sur le taux de non-conformité des collectes de matières organiques.

« Je ne suis pas fier. Bromont essaie de se positionner comme ville écoresponsable. On a sauvé une montagne, on va interdire cet automne les sacs de plastique à usage unique. Mais on n’est pas capable de mettre les bonnes choses dans nos bacs bruns. On n’est pourtant pas une ville d’ignares », a-t-il affirmé en entrevue à La Voix de l’Est.

Les errements des citoyens de Bromont sur l’utilisation de leur bac brun sont les pires dans la MRC Brome-Missisquoi, selon les données compilées par la RIMGMRBM où les 21 municipalités de la MRC envoient leurs matières organiques pour être transformées en compost.

En mars, des 214 camions qui ont effectué une collecte sur le territoire de la MRC, le contenu de 25 d’entre eux (11,7 %) a été jugé non conforme. En avril, des 393 camions de collecte qui se sont rendus sur le site de la Régie, 33 (8,4 %) contenaient trop de matières autres qu’organiques.

Les problèmes de compostage de la Ville de Bromont surprennent. Elle fait figure de pionnière dans la région pour ce qui est du compostage résidentiel alors qu’elle offre le service de collecte de bacs bruns depuis cinq ans. Depuis janvier, la municipalité envoie cette matière à la plate-forme de la RIMGMRBM. Elle les envoyait auparavant à celle de la Régie de Coaticook.

Une photo de morceaux de plastique et de métal trouvés dans du compost a circulé sur Facebook ces derniers jours. Ces morceaux proviendraient du compost offert en mai par la Ville de Bromont à ses citoyens, selon une citoyenne qui l’a publiée. Ce compost provenait du site de la Régie de Coaticook, indique M. Charbonneau.

« On a déjà eu des problèmes, il y a deux ans. On avait retrouvé des vis et des clous. La Régie nous avait confirmé qu’elle avait eu des problèmes lors du tamisage du compost », a dit M. Charbonneau.

Aucun problème de tamisage n’a toutefois été signalé cette année, a-t-il dit.

Imposer des amendes

Les responsables à la Ville seront appelés à analyser les causes du haut taux de non-conformité dans les bacs bruns, a dit le maire Villeneuve.

« Est-ce qu’on a fait nos devoirs ? Est-ce qu’on a bien informé nos citoyens ? Qu’est ce qu’on peut faire de plus pour s’améliorer ? Tout va être sur la table », assure-t-il.

« Mais je sais qu’on en fait déjà beaucoup. On a des dépliants, de l’information sur notre site internet sur ce qui va dans chaque bac. On nettoie même les bacs bruns des citoyens deux fois par année. »

L’imposition d’amende aux délinquants qui mettent des matières autres qu’organiques pourrait être une solution, pense M. Villeneuve en réponse à une question en ce sens. « S’il n’y a pas de correctif à moyen terme, c’est là qu’on va devoir aller. À un moment donné, c’est assez parce que c’est assez simple de bien composter. Il va falloir être coercitif. »

Des caméras installées sur les camions de collecte pourraient améliorer la qualité des intrants qui vont dans les bacs bruns. Ils permettraient d’identifier les bacs problématiques avant que leur contenu ne tombe dans la benne.

Les camions de Matrec ne sont toutefois pas tous équipés de caméra, signale M. Charbonneau. Cet équipement pourrait être exigé sur les camions de collecte lors du prochain contrat, a-t-il précisé. Il pourrait s’agir d’une exigence lors du prochain appel d’offres pour la collecte des bacs bruns. Le contrat de la Ville avec Matrec se termine à la fin de 2021.