Des membres du Service des incendies de Granby, dont le préventionniste Patrick Normandin, le capitaine Claude Royer et le directeur Simon Boutin, ont fait quelques heures de bénévolat chez SOS Dépannage Moisson Granby.

Matériel envoyé chez SOS Dépannage : encore du chemin à faire

Une lampe de chevet fendue et non fonctionnelle. Une machine à popcorn inutilisable datant des années 80. Des vêtements tachés. Un vase ébréché. Les dons sont nombreux chez SOS Dépannage Moisson Granby, mais ce ne sont pas tous les objets qui peuvent avoir une deuxième vie, constatent jour après jour les employés et bénévoles qui oeuvrent dans les locaux de l’organisme communautaire.

« On a vraiment été surpris, autant de voir des objets qui étaient pratiquement neufs que d’autres qui étaient bons pour les ordures, qu’il n’y avait rien à faire. Ce n’était même pas pensable de récupérer ça. C’était brisé », illustre le capitaine Ghislain Moreau, du Service des incendies de Granby.

Des collègues de travail et lui ont fait quelques heures de bénévolat au centre de réception du matériel chez SOS Dépannage, où ils ont pu constater la générosité des citoyens. Leur mandat au département de l’électronique : vérifier que les lampes, mini-fours, grille-pains, téléphones et ampoules, par exemple, étaient fonctionnels avant d’être mis en vente au magasin général de l’organisme.

« Les gens pensent que SOS Dépannage va tout réparer, mais c’est peut-être un manque de connaissance de la population. Ils n’ont pas 50 techniciens en électronique qui vont réparer chaque item que vous allez apporter brisé. Le message qui sortait gros, que j’entendais des gens qui travaillent là, c’est si ce n’est plus bon pour toi, ce n’est plus bon pour nous », fait valoir le capitaine Moreau.

La gestion de la marchandise offerte par les citoyens est un défi quotidien pour les employés et bénévoles. L’organisme a même été obligé de fermer son centre de réception de matériel pendant un mois cet été puisqu’il croulait sous une montagne d’articles à traiter, dont 70 % ne sont pas adéquats pour le magasin général.

« Le but du magasin général est de soutenir la banque alimentaire et faire fonctionner l’organisme. Cent pour cent des profits qui sont générés servent à acheter la nourriture et à défrayer les coûts d’opération de l’organisme », indique Éric Vachon, représentant chez SOS Dépannage Moisson Granby.

Gestion des objets

La fermeture temporaire a permis de désengorger le centre de réception. Le tri des objets déposés dans les bacs de l’organisme est toujours aussi important. Encore aujourd’hui, il reçoit des objets qui ne peuvent pas être vendus : vêtements tachés, voire même souillés, des jeux pour enfants comprenant des piles qui ont coulé, des livres annotés ou avec les pages gondolés et des sacs à main ou valises brisés ne sont que quelques exemples.

« La population nous supporte énormément, elle est généreuse. Les citoyens font un grand bout de chemin en nous aidant, en nous supportant, mais on leur demande juste de faire un petit effort supplémentaire pour bien séparer la marchandise, c’est-à-dire de prendre le temps de se poser la question si l’article qu’ils vont nous donner a encore de la valeur à la revente », mentionne M. Vachon.

Cinq employés travaillent à la réception de la marchandise et 18 du côté du tri. La gestion de ce qui ne peut être vendu au magasin représente une partie importante de leur travail. Un grand souci est accordé à la récupération des objets pour réduire au maximum ce qui se retrouvera au site d’enfouissement.

Les jouets rejetés sont redistribués et envoyés à un organisme de Montréal, par exemple. Les vêtements, eux, sont entreposés dans des remorques 53 pieds pour la récupération de la fibre. Une remorque est remplie tous les 10 jours !

Plusieurs objets prennent aussi le chemin de l’écocentre, dont des livres. « L’été, c’est quatre camions 16 pieds par semaine qui vont à l’écocentre », expose Julie Cadorette, coordonnatrice à la réception et au tri de la marchandise.

La gestion des objets qui ne peuvent pas être vendus engendre également des frais évalués à près de 200 000 $ chaque année. L’organisme invite donc les citoyens à l’aider. « On ne s’attend pas à ce que ce soit parfait du jour au lendemain, mais c’est sûr qu’on aimerait que la population fasse le petit bout de chemin qui manque », indique M. Vachon.