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Environ 190 000 masques médicaux (aussi appelés « de procédure ») sont jetés chaque semaine à travers les établissements scolaires des centres de services scolaire du Val-des-Cerfs et des Hautes-Rivières. Faute, notamment, d’une offre de recyclage qui n’est pas adéquate.
Environ 190 000 masques médicaux (aussi appelés « de procédure ») sont jetés chaque semaine à travers les établissements scolaires des centres de services scolaire du Val-des-Cerfs et des Hautes-Rivières. Faute, notamment, d’une offre de recyclage qui n’est pas adéquate.

Masques dans les écoles : « Ça nous crève le cœur de jeter »

Jérôme Savary
Jérôme Savary
La Voix de l'Est
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Environ 190 000 masques médicaux (aussi appelés « de procédure ») sont jetés chaque semaine à travers les établissements scolaires des centres de services scolaire du Val-des-Cerfs et des Hautes-Rivières. Faute, notamment, d’une offre de recyclage qui n’est pas adéquate.

« On nous recommande de les mettre à la poubelle, mais cela nous crève le cœur », assure à Val-des-Cerfs François Bergeron, le directeur des ressources matérielles, volet opération.

En effet, le recyclage du polypropylène n’est pas encore au point. Conséquence : les masques prennent le chemin du bac à ordures, tel que le recommande l’Institut national de santé publique du Québec depuis juillet dernier (Ref. Recommandations intérimaires COVID-19 : port du couvre-visage ou du masque médical par la population générale).

M. Bergeron se dit conscient que le centre de services scolaire est un acteur public important : « Nous avons toujours conscience de vouloir laisser la plus faible empreinte écologique. Cela fait partie de nos mœurs. »

Le CSS Val-des-Cerfs a effectué des recherches auprès de différents fournisseurs de services de collecte et de recyclage des masques, mais n’en a retenu aucun, l’offre de recyclage étant incomplète. Aucune des entreprises référencées dans un document de Recyc-Québec daté du 16 décembre dernier ne propose encore la conversion des masques en un produit fini, même si l’une d’entre elles se dit près d’y arriver.

Depuis ce lundi, chaque élève du secondaire reçoit chaque jour deux masques de procédure.

Le directeur des ressources matérielles de Val-des-Cerfs justifie également la décision du centre de services scolaire par l’avis de personnes-ressources en environnement, tel le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, qui indiquait cette semaine à Radio-Canada que « l’offre de collecte et de recyclage n’est vraiment pas adéquate ni appropriée pour une école ».

Suivre la santé publique

M. Bergeron espère que des méthodes de recyclage efficaces seront trouvées en un temps record, évoquant la vitesse à laquelle des vaccins contre la COVID-19 ont été conçus. En attendant, deux masques sont donnés chaque jour aux élèves des écoles secondaires ainsi qu’à ceux en formation professionnelle et dans les centres d’enseignement aux adultes.

« Le plus important pour nous est d’assurer la sécurité des élèves, dit le représentant de Val-des-Cerfs. Dans le doute, on s’en remet au moyen le plus sécuritaire. »

Ainsi, 65 000 masques sont utilisés et jetés chaque semaine par les élèves de Val-des-Cerfs, et 15 000 par le personnel de ce même territoire.

Au CSS des Hautes-Rivières, environ 110 000 masques sont utilisés par semaine, ce centre de services scolaire englobant sept écoles secondaires, dont les écoles Paul-Germain-Ostiguy à Saint-Césaire et  Monseigneur-Euclide-Théberge à Marieville. 



« Nous avons toujours conscience de vouloir laisser la plus faible empreinte écologique. Cela fait partie de nos mœurs. »
François Bergeron, directeur des ressources matérielles, volet opération du Centre de services scolaire de Val-des-Cerfs
François Bergeron, le directeur des ressources matérielles, volet opération du Centre de services scolaire de Val-des-Cerfs

Logistique

« C’est une assez grosse logistique », prévient M. Bergeron, alors que la gestion de ces opérations est centralisée au CSS du Val-des-Cerfs.

Pour que chaque établissement ait pu disposer lundi dernier de suffisamment de masques, chacun d’entre eux avait été livré une semaine avant que les élèves arrivent, et les stocks fournis correspondaient alors à l’équivalent de trois semaines d’utilisation. « On voulait que les écoles puissent se préparer », de dire M. Bergeron, indiquant que les livraisons seront ajustées par la suite en fonction des besoins des écoles.

Le CSS effectue déjà des rondes de livraison deux fois par semaine, que ce soit pour du désinfectant à mains, des visières, des lunettes de protection ou autre.

Ce sont environ 2500 gallons de désinfectant à mains qui seront par ailleurs utilisés par les différents établissements scolaires de Val-des-Cerfs pour la durée de l’année scolaire.

Les masques, comme d’autres équipements, sont fournis au CSS du Val-des-Cerfs par le gouvernement via le Centre d’acquisition gouvernemental (CAG).

Coût du recyclage

Si le processus et la rentabilité du recyclage du polypropylène composant les masques médicaux ne sont pas encore tout à fait au point, ils représentent également un coût, évalué par M. Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, à 10 000 $ par mois pour une école secondaire.

Autant d’argent, souligne M. Bergeron, qui sera consacré pour l’instant aux services aux élèves. « Il faut comprendre qu’on fera toujours le choix d’aller d’abord soutenir l’élève, et on ne dispose pas d’argent de façon illimitée. »

Plus largement, La Presse+ indiquait vendredi que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé cette semaine que les dépenses pour la récupération des masques seraient remboursées aux centres de services scolaires, devant les réactions par rapport à la mise au rebut du demi-million de masques médicaux utilisés chaque jour dans les écoles secondaires de la province.

+

LAVAGE DES MASQUES DE PROCÉDURE

Si on ne peut pas les recycler, pourquoi ne pourrait-on pas laver les masques de procédure ?

C’est ce que suggère UFC-Que choisir, l’équivalent français de Protégez-vous. Selon l’organisme, les masques de procédures jetables peuvent être lavés jusqu’à 10 fois sans compromettre leur capacité de filtration.

« On a été très surpris des résultats. Même au bout de 10 lavages avec du détergent, avec un passage au sèche-linge et un repassage ensuite, ces masques gardent une capacité de filtration supérieure à 90 % », indiquait en novembre dernier une journaliste de l’organisme à Radio-Canada.

La journaliste française Anne-Sophie Stamane précisait également que le Centre national de recherche scientifique français (une organisation publique très crédible) avait obtenu les mêmes résultats.

Après plusieurs courriels adressés à différentes organisations de santé publique, La Voix de l’Est a été invitée à prendre contact avec l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail, pour savoir si des tests avaient été faits en ce sens au Québec. Toutefois, nous n’avions pas encore obtenu de réponse à ce sujet au moment d’écrire ces lignes.