Avec un coût médian de 235 000 $ pour une maison par rapport à un revenu médian de 60 300 $, le marché immobilier de Granby se classe au 143e rang des 309 marchés immobiliers étudiés.

Marché immobilier à Granby: « légèrement inabordable »

Les résidences de la région sont considérées comme étant « légèrement inabordables » par une étude américaine.

Le 15e rapport annuel de l’étude internationale Demographia International Housing Affordability, publié récemment, s’articule autour de la proportion du prix médian d’une résidence par rapport au revenu médian annuel d’un ménage dans un marché immobilier donné. Le prix médian fait référence à la valeur centrale du marché, c’est-à-dire qu’il y a autant de maisons plus chères que de résidences la moins dispendieuse du marché. Idem pour le revenu médian, qui diffère du revenu moyen.

L’étude recense les données de plus de 300 marchés immobiliers répartis au Canada, aux États-Unis, en Australie, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et dans quelques pays d’Asie pour le troisième trimestre de 2018. Seuls les marchés avec un bassin de population de 75 000 personnes ou plus ont été considérés pour l’étude.

Selon le document, un marché immobilier est jugé « abordable » lorsque le prix médian d’une résidence représente tout au plus trois fois le revenu médian.

Avec un coût médian de 235 000 $ pour une maison, par rapport à un revenu médian de 60 300 $, le marché immobilier de Granby, qui inclut aussi les municipalités de Bromont, Roxton Pond et Saint-Paul-d’Abbotsford selon la SCHL, se classe au 143e rang des 309 marchés étudiés avec un indice de 3,9. Il s’agit de la 25e région où les habitations sont les plus accessibles au pays.

Plusieurs variables

Selon le plus récent Baromètre du marché résidentiel de la Fédération des chambres immobilières du Québec, le prix médian d’une résidence dans la région était bel et bien de 235 000 $ au troisième trimestre de 2018, mais se situait à 223 000 $ le trimestre suivant et à 222 000 $ pour les deux trimestres précédents. Le résultat de l’étude américaine pourrait-il avoir été influencé par les fluctuations du marché dans Granby ?

Le maire de Granby, Pascal Bonin, interprète ces résultats avec un grain de sel. « Analyser le marché immobilier, c’est quelque chose de compliqué parce qu’il faut prendre plusieurs facteurs en compte », explique-t-il.

« Une Ville n’a pas vraiment le contrôle sur le marché, car sa valeur est basée sur les prix de vente. Il y a des vendeurs plus pressés, plus ambitieux et d’autres qui le sont moins », précise l’élu.

Néanmoins, il lui apparaît « évident » que la Couronne Sud de Montréal a désormais atteint la région, qui présente une qualité de vie enviable et des opportunités d’emploi attirantes pour de nouveaux résidents.

Le bon élan que connaît le secteur des constructions neuves peut lui aussi influencer la valeur mobilière du marché à la hausse. « On a les Terres Miner et le Boisé Martel qui font augmenter le rôle, reconnaît M. Bonin. Ce sont des secteurs très prisés et les vendeurs peuvent demander plus. »

Des efforts sont cependant faits par Granby pour vitaliser les anciens quartiers. « Je regarde tous les programmes qu’on a mis en place à la Ville, on s’est concentrés pour améliorer certains secteurs et ça fonctionne bien. Tout ça, on le fait pour améliorer l’accès et le maintien à la propriété », indique le maire.

Ailleurs

La moyenne canadienne relevée par l’étude indique un indice de 4,0, soit « très inabordable ». Seuls les États-Unis et l’Irlande déclassent le Canada avec des indices respectifs de 3,5 et de 3,7, dits « légèrement inabordables ».

C’est en Chine, plus précisément à Hong Kong, où il en coûte toutefois le plus cher pour se loger, avec un indice « extrêmement inabordable » de 20,9, c’est-à-dire que le prix médian d’une résidence représente près de 21 fois le revenu médian d’un ménage.

De tous les marchés, c’est celui du Cap Breton, en Nouvelle-Écosse, qui se classe au premier rang avec un indice de 2,1. Au Québec, c’est à Saguenay où les maisons sont les plus abordables. La municipalité se hisse au 25e rang de l’étude avec un indice de 2,7.

Vancouver arrive avant-dernière; selon l’étude, le prix médian d’une résidence est de 12,6 fois le revenu médian d’un ménage dans cette ville de la Colombie-Britannique.