Une centaine de croyants se sont réunis sous la grisaille pour commémorer les derniers moments de la vie de Jésus de Nazareth.

Marche du pardon: une centaine de croyants réunis

Dans un silence respectueux ponctué de prières, une centaine de croyants ont arpenté les rues de Granby en quête du pardon divin, en ce Vendredi saint. Cette année encore, la Marche du pardon a été l’occasion pour les participants de se remémorer les derniers événements de la vie de Jésus de Nazareth.

Sous quelques gouttes de pluie, les 98 participants étaient invités au silence et à l’introspection. Ce silence n’a été interrompu que par la lecture de textes sacrés se rapportant aux différentes étapes de la crucifixion du prophète chrétien. « Comme dans une église où il y a des stations qui relatent la crucifixion, nous lisons des textes pour l’illustrer durant la marche. Entre les différentes étapes, des chants et des chapelets sont récités », explique Diane Bergeron, coordonnatrice de la marche. Partants de l’église Saint-Eugène, sur la rue Laval, les marcheurs se sont rendus jusqu’à l’église Saint-Luc avant de retourner sur leurs pas.

Réflexion

Pour Mme Bergeron, qui organise le rendez-vous religieux depuis une dizaine d’années, il s’agit d’un moment pour réfléchir sur les côtés les moins lumineux de l’âme humaine et pour tenter d’imaginer les souffrances de celui qui a été crucifié, il y a 1989 ans. « C’est une autre époque, mais même aujourd’hui, les gens le crucifieraient », laisse tomber Diane Bergeron.

Bien que les événements remémorés par les participants soient de sombres épisodes dans l’histoire de la chrétienté, il ne s’agit pas d’une sombre journée aux yeux du père Danik Savaria, qui menait la procession en compagnie du père Ben Eliazar et du père Marcel Larouche. L’événement est pour le prêtre une occasion de développer sa compassion en revenant sur les derniers événements de la vie de Jésus de Nazareth.

« La passion du Christ, c’est comme un condensé du pire de l’Humanité. Des trahisons, un procès truqué, de la violence. Ce qui est malheureux c’est qu’il y a encore des millions de personnes qui vivent cette réalité tous les jours. Marcher comme ça permet de mieux comprendre sa souffrance, mais aussi de rappeler aux autres citoyens qui ne participent pas que c’est Pâques en fin de semaine et que c’est lié à la crucifixion de Jésus », souligne le religieux.

Pour le père Danik Savaria, la marche est l’occasion de développer sa compassion.

Ce dernier était également l’un des trois prêtres qui ont porté la croix durant la marche.

Après avoir été une tradition annuelle à Granby comme dans plusieurs autres villes québécoises pendant de longues années, cet événement religieux a cessé d’être organisé au tournant des années 2000. Ce n’est qu’en 2008 que Diane Bergeron et son équipe de bénévoles ont repris le flambeau. Il s’agissait ainsi de la 11e Marche du pardon « moderne », souligne l’organisatrice.

Diversité

La coordonnatrice de la célébration s’est réjouie que la marche ait accueilli une foule importante et diversifiée. « Il y a des années où nous sommes moins nombreux et ce qui est bien, c’est que c’est une foule diversifiée. Il y a des gens qui viennent toutes les années depuis longtemps, mais aussi des bébés et des enfants. C’est très plaisant à voir », témoigne-t-elle.

Bien qu’en perte de vitesse, la foi catholique peut toujours être rassembleuse. « Il y a beaucoup de gens des différentes communautés africaines présentes à Granby et des hispanophones. Il y a des gens qui viennent aux messes en espagnol du père Ben qui sont ici », souligne Diane Bergeron.

Plus tôt cette semaine, une heure avait même été réservée durant la période d’adoration pour que les croyants hispanophones récitent des prières dans la langue de Cervantes.