Hommes, enfants et une grande majorité de femmes ont démontré leur mécontentement sous une fine bruine avec pancartes et tambours sur la rue Principale, durant une heure.

Marche des femmes: Sutton emboîte le pas

Une frontière les sépare, mais un seul but les unit. Plus d'une centaine de personnes ont pris part à la Marche des femmes à Sutton, samedi, simultanément aux manifestations tenues à Washington et ailleurs dans le monde pour la défense des droits civiques et contre l'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis.
Pour Andréanne Larouche, la présidence de Trump amène une « grosse inquiétude pour le futur ».
Pendant une heure, hommes, enfants et une grande majorité de femmes ont démontré leur mécontentement sous une fine bruine avec pancartes et tambours, rue Principale. On pouvait y lire des slogans comme « Women - Yes. Trumpers - No», «Unity via diversity» et «Left or right, we can all see what is wrong». 
La Voix de l'Est s'est entretenu avec quelques participants à l'événement, qualifié de « spontané » par certains.
« J'étais censée aller à une manifestation à Montpelier (au Vermont), mais on m'a dit que les douaniers refusaient les gens allant à une manifestation anti-Trump, raconte Vicki Tansey. Lorsque j'ai su qu'il y avait quelque chose qui se passait ici à Sutton, j'ai tout de suite décidé d'y aller, car je ne voulais pas à avoir à mentir aux douaniers et cacher mes convictions. »
Selon elle, les manifestations ne devraient pas s'arrêter. « Oui, c'est immense ce qui se déroule en ce moment. Mais il ne faut pas que ça soit le coup d'une fois et que tout arrête. Ça doit continuer », poursuit-elle, espérant que le mouvement fera boule de neige.
John-Jean Ofrias, un Américain qui habite la moitié de l'année à Sutton, évoque une « journée sombre qui commence un nouveau début ». « C'est important que les femmes se tiennent debout, mais aussi que des hommes leur démontrent leur support. C'est pour les droits de tout le monde qu'on doit se battre », lance le professeur de sciences sociales de l'Université d'État de New York, qui se décrit comme un « Amériquébécois ».
L'arrivée au pouvoir de Donald Trump ne convainc toutefois pas M. Ofrias d'emménager à plein temps au Québec. Pour celui-ci, « la lutte doit être poursuivie, tout en devant garder espoir pour l'avenir ». 
Pour Andréanne Larouche, la présidence de Trump amène une « grosse inquiétude pour le futur ». « Que va-t-il arriver à l'environnement ?, se questionne-t-elle. Les droits de plusieurs groupes minoritaires seront-ils respectés ? Ça va être quatre longues années. »
La Marche des femmes de Washington a attiré plus d'un million de personnes, selon les organisateurs. Des Canadiens s'y sont même rendus.
Jusqu'à deux millions de personnes
Plusieurs médias ont rapporté que des gens voulant se joindre à des manifestations contre Donald Trump se sont vu refuser l'accès aux douanes américaines. 
Questionné sur la situation par La Presse, un représentant des U.S. Customs and Border Protection a déclaré que « la participation à une marche n'était pas interdite », mais qu'il « ne pouvait pas discuter des cas individuellement, pour des raisons de sécurité ». Dans la réponse fournie par courriel, le relationniste Kris Grogan ajoute que les douaniers « s'efforcent de traiter tous les voyageurs avec respect et de manière professionnelle, tout en gardant comme objectif de protéger les citoyens américains ainsi que les visiteurs ».
Jusqu'à deux millions de personnes, des femmes surtout, ont participé samedi aux États-Unis et dans le monde aux Marches des femmes  organisées pour la défense des droits civiques et contre le président républicain Donald Trump. Un demi-million de manifestants à Los Angeles selon la police, plus d'un million à Washington, selon les organisateurs, et des centaines de milliers à New York, Chicago, Boston et dans des dizaines de villes américaines : le succès a dépassé les espérances des marcheuses et marcheurs, une démonstration de force qui illustre les fractures persistantes de la société américaine face au 45e président, investi vendredi dans la capitale fédérale.
Face aux comparaisons peu avantageuses faites avec la participation à la cérémonie d'assermentation de la veille, le milliardaire a critiqué samedi les médias, qui ont selon lui menti sur le nombre de ses partisans ayant fait le déplacement.
- Avec l'Agence France-Presse et La Presse