Plus d’une cinquantaine de personnes ont marché en silence pour dénoncer les actes de violence sexuelle faite aux femmes.

Marche à Cowansville contre la violence sexuelle

Majoritairement vêtus de noir, plus d’une cinquantaine de femmes et quelques hommes ont marché en silence dans les rues de Cowansville, vendredi soir, dans le cadre de la 37e journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes.

Durant la marche de 2,5 km, le convoi silencieux a brandi des affiches et des banderoles avant de former une chaîne de solidarité à la toute fin de l’activité, au parc Centre-ville. Le collectif de Sutton Les Tisserandes a ensuite livré une partie de son dernier spectacle qui consiste en des témoignages de victimes d’agressions sexuelles.

« Depuis plusieurs années, on décide de faire une marche ici avec la coalition des groupes de femmes Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi. Comme chaque année, on alterne d’une région à l’autre et, cette année, le thème “Ça me regarde” nous vient du regroupement québécois des CALACS, indique Chantal Brassard, du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Granby. Le thème, c’est pour que les gens puissent se sentir interpellés par la problématique. »

Difficile d’oublier la vague de dénonciations de l’automne dernier sous le mot clic #moiaussi. Cette année, le regroupement des CALACS veut que l’ensemble de la population se sente concerné. Trois mots clés sont ainsi soulignés. Le premier : interviens.

« On peut se mêler de ce qui ne nous regarde pas. Quand on voit des situations d’agressions, d’inconduite ou de harcèlement sexuel, oui, on peut intervenir, oui, on peut mettre notre grain de sel. »

Ensuite, il y a le mot agir. Les gens peuvent agir en sensibilisant leur entourage, à la maison, au travail ou entre amis.

« Soutenir. Soutenir les victimes d’agressions sexuelles avec des attitudes qui sont aidantes et non nuisibles, soutient Mme Brassard. Souvent, on a entendu “voyons dont, ça se peut pas, pas cette personne-là”, mais la première attitude à avoir c’est de croire la victime. On est pas là pour interroger, pour faire une enquête. Recevoir la victime dans son rythme, ne pas devancer des étapes, ne pas présupposer qu’il faut absolument passer à telle étape ou dénoncer. Un dévoilement, ce n’est pas nécessairement une dénonciation. La victime peut avoir besoin de se confier. On peut aussi la référer aux ressources disponibles tout simplement. »

À la suite de la vague de dénonciations #moiaussi, le CALACS de Granby a vu le nombre de demandes d’aide doubler, tant chez les victimes que chez les proches.