Le sommelier de la Maison Boire à Granby, Marc-Antoine Bergeron, a remporté mardi soir le concours Battle of the Somm. Une récompense qui a des allures de Coupe Stanley pour lui.
Le sommelier de la Maison Boire à Granby, Marc-Antoine Bergeron, a remporté mardi soir le concours Battle of the Somm. Une récompense qui a des allures de Coupe Stanley pour lui.

Marc-Antoine Bergeron remporte la Coupe Stanley des sommeliers

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le sommelier de la Maison Boire à Granby, Marc-Antoine Bergeron, vient d’être couronné champion d’un concours québécois, Battle of the Somm, au terme d’une série d’épreuves éliminatoires qui se sont tenues au cours des derniers mois.

« Ce n’est pas aussi emblématique que la Coupe Stanley, mais c’est un peu la mienne, si on veut », a laissé tomber mercredi dans un grand sourire le sommelier victorieux, aussi amateur de hockey.

Organisé par les vins François Lurton et Vins Fins l’Agence, Battle of the Somm en était à sa troisième édition. À l’instar des séries éliminatoires, 16 sommeliers québécois se sont affrontés en duel à l’occasion des huitièmes de finale, quarts de finale, demi-finales et grande finale tout au long de l’automne.

Un processus au cours duquel Marc-Antoine Bergeron, à l’emploi de la Maison Boire depuis environ un an, dit avoir eu beaucoup de plaisir, mais avoir aussi vécu « une montagne russe d’émotions » et gagné quelques cheveux blancs au passage. Mais il ne regrette rien de l’aventure.

C’est dans différents restaurants, principalement de Montréal et de Québec, que les sommeliers se sont mesurés. Leur défi : établir une carte des vins pour un menu de cinq services concocté par un chef, sans avoir la description détaillée des plats ni y avoir préalablement goûté. Ils devaient aussi respecter un budget et proposer les vins de l’agence.

« On avait le menu deux à trois semaines d’avance. On devait un peu imaginer les saveurs. Le soir venu, chaque sommelier devait présenter ses vins, les accords et justifier ses choix. Ce concours est vraiment différent, car ce sont les clients qui assistent à ces soirées-là qui votent. Ce ne sont pas juste d’autres sommeliers qui nous jugent », fait valoir Marc-Antoine Bergeron.

Accords mets et vin

Selon le sommelier de 36 ans, ses pairs et lui étaient évalués sur leurs accords mets et vin. Le gagnant de la soirée devait obtenir le meilleur mariage pour au moins trois des cinq services.

Certains accords lui ont d’ailleurs donné du fil à retordre. « Avec chaque menu, il y avait toujours au moins un plat, avec une épice ou une sauce particulière, qui me faisait ressortir mes notes de cours et mes livres de sommellerie », se souvient-il en riant.


« Ce n’est pas aussi emblématique que la Coupe Stanley, mais c’est un peu la mienne, si on veut. »
Marc-Antoine Bergeron

Celui qui a complété son cours de sommellerie au Centre de formation professionnelle 24-juin à Sherbrooke il y a près de deux ans dit par ailleurs avoir affronté durant la compétition des sommeliers qui comptaient beaucoup plus d’expérience que lui. « C’était un peu intimidant », laisse-t-il tomber.

C’est à Granby, à la Maison Boire, qu’il a brisé la glace, lors des huitièmes de finales. Il y a affronté, dans la camaraderie, dit-il, une autre sommelière granbyenne, Elsie Gélinas du restaurant L’Impérial. « Je ne connaissais pas le menu. On était au même stade, elle et moi », précise toutefois Marc-Antoine Bergeron.

Les quarts de finale se sont déroulés au restaurant Les Cavistes à Montréal, les demi-finales chez Le Voisin à Québec et la finale, mardi, à l’Atelier Joël Robuchon au Casino de Montréal.

À cette dernière occasion, Marc-Antoine Bergeron s’est mesuré à un autre jeune sommelier, William Desrochers du restaurant Le Cendrillon. Ce dernier a obtenu les meilleurs accords pour le premier et le deuxième service, mais le sommelier granbyen a obtenu la faveur populaire pour le troisième, quatrième et cinquième services. Des résultats qui ne lui ont été communiqués qu’une fois l’épreuve terminée.

« Toute une remontée de l’arrière. Sans le savoir, j’avais la tête accotée au mur », lance-t-il.

Une leçon de vie

En plus de lui apporter une grande satisfaction personnelle, Marc-Antoine Bergeron estime que son titre de champion à Battle of the Somm contribuera aussi à la notoriété de la Maison Boire et de Granby. Il se réjouit tout particulièrement que la compétition ait été remportée par un sommelier qui oeuvre à l’extérieur de Montréal.

Outre le trophée qui lui a été remis, celui qui anime les rencontres mensuelles du club des vins à la Maison Boire aura la chance de s’envoler, toutes dépenses payées, vers l’Argentine et le Chili l’hiver prochain pour y visiter les vignobles de François Lurton.

Au passage, Marc-Antoine Bergeron affirme même y avoir retenu une « leçon de vie ». Car il s’en fallait de peu pour qu’il passe à côté de cette opportunité. C’est à l’occasion d’un cours de maître offert en juin dernier par François Lurton que les qualifications permettant de sélectionner les 16 sommeliers de la compétition se sont déroulées.

« Je n’étais pas sûr d’y aller, mais comme j’avais déjà une dégustation de vin à Montréal cette journée-là, j’ai décidé de le faire. Mais ça aurait été facile de ne pas relever le défi. Ça me dit qu’il ne faut pas avoir peur de foncer et que rien n’arrive pour rien », relève-t-il.

S’il n’a pas l’intention de défendre son titre l’an prochain pour laisser la chance à d’autres sommeliers de faire l’expérience, Marc-Antoine Bergeron pourrait toutefois être tenté de participer à d’autres types de concours.

« Peut-être un jour le meilleur sommelier au Québec ? Mais je sais que c’est une autre marche à gravir », dit-il.