Les enseignants de musique au primaire, tout comme de mathématiques et de sciences au secondaire, sont particulièrement en demande.
Les enseignants de musique au primaire, tout comme de mathématiques et de sciences au secondaire, sont particulièrement en demande.

Manque d'enseignants: Val-des-Cerfs garde la tête hors de l'eau

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Alors que le manque d’enseignants frappe de nombreuses commissions scolaires, Val-des-Cerfs s’en sort plutôt bien.

« En début d’année, on avait un titulaire qualifié pour chaque poste, indique le directeur général Éric Racine. D’autres commissions scolaires ont commencé l’année avec des centaines de postes à pourvoir. »

L’attractivité de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska y est pour beaucoup, estime-t-il, puisque plusieurs enseignants de régions plus urbaines veulent changer d’air et opter pour l’est de la Montérégie.

Val-des-Cerfs n’est toutefois pas sortie de l’auberge ; les enseignants de musique au primaire, tout comme de mathématiques et de sciences au secondaire, sont particulièrement en demande, et combler les départs et différentes absences reste un défi quotidien. 

Qui plus est, la situation s’aggrave de janvier à mars, période où les microbes de tout acabit font le plus de victimes.

« Ça devient de plus en plus difficile de trouver des remplaçants, dit M. Racine. On n’a jamais vu ça, devoir faire autant de démarches pour en trouver ! »

Le recrutement se fait auprès des universités, bien sûr, mais aussi via internet, les salons d’emploi et même les journées portes ouvertes dans les écoles secondaires, histoire d’appâter un parent qui aurait les compétences et la motivation requises pour être suppléant.

La rareté n’a pas d’impact sur les élèves, assure le dg de Val-des-Cerfs. Mais il reconnaît que les enseignants en place ont moins de marge de manœuvre pour s’absenter ou suivre des formations.

Des congés spéciaux sont refusés, comme une tâche réduite ou une année sabbatique, et certaines formations annulées faute d’employés pour remplacer les professeurs qui, normalement, auraient été libérés.


«Ça devient de plus en plus difficile de trouver des remplaçants, dit le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine. On n’a jamais vu ça, devoir faire aurant de démarches pour en trouver!»

Une profession attrayante ?

Malgré cela, et contrairement à ce qu’affirment les syndicats, Éric Racine soutient que la profession d’enseignant demeure attrayante. Les conditions d’emploi sont intéressantes, précise-t-il, et il est faux de dire que les profs n’ont pas d’aide professionnelle ou de leur direction.

« On met tout ce qui est en œuvre pour soutenir les enseignants », dit-il.

Sauf que ce métier a son lot de complexité, admet le dg. Aujourd’hui, les difficultés des élèves sont — normalement — identifiées de façon plus rapide et précise, ce qui oblige les profs à utiliser plusieurs approches pédagogiques dans une même classe.

« L’enseignant ne fait plus que seulement transmettre des connaissances, mais il s’assure que l’élève les transforme en compétences. Et il y a différents types d’apprenant. C’est ce qui est complexe. Certains ont besoin de plus d’appui. »

M. Racine reconnaît également que l’attitude des parents envers les professeurs a beaucoup changé. « Les parents sont davantage à l’écoute des enfants. Avant, c’est l’école et l’enseignant qui avaient toujours raison... »

La lourdeur de la tâche a cependant peu à voir avec le manque actuel d’enseignant, estime-t-il.

Le dg montre plutôt du doigt les nombreux départs à la retraite des dernières années, l’ajout de services aux enfants, la diminution du ratio maître-élèves dans certaines écoles et l’augmentation du nombre d’élèves à Val-des-Cerfs. « On a de 300 à 500 élèves de plus par année, donc grosso modo
15 groupes supplémentaires », dit-il.

Autres besoins

D’ailleurs, la commission scolaire ne manque pas que d’enseignants : des techniciennes en service de garde et en éducation spécialisée, des préposés aux élèves handicapés et aussi des concierges sont recherchés.

Comme bien des gens, Éric Racine a hâte à avril, mais pas seulement pour le retour du beau temps. La fin de session universitaire permettra de nouvelles embauches.

« Notre bassin de suppléant va prendre de l’air », illustre-t-il.