Le président de la Fraternité des travailleurs et travailleurs du préhospitalier du Québec à Granby, Jean Papineau.
Le président de la Fraternité des travailleurs et travailleurs du préhospitalier du Québec à Granby, Jean Papineau.

Manque d’effectifs: les paramédics reviennent à la charge

Les paramédics de Granby persistent et signent. Des effectifs supplémentaires doivent être mis en place pour assurer la desserte du territoire, comme ce fut le cas pendant la pandémie. Le syndicat réclame également que les services ambulanciers relèvent de la région administrative de l’Estrie plutôt que celle de la Montérégie pour éliminer toute complexité.

«Sur chaque véhicule, on va mettre «Ambulance Granby dans l’oubli» pour dire qu’on est dans une zone fantôme et qu’il n’y aura jamais d’investissement qui va se faire en Montérégie parce qu’on est dans l’Estrie. On est pris dans un problème administratif qui fait qu’au bout du compte c’est la population qui en paie le prix», estime Jean Papineau, président de la Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec (FTPQ) à Granby.

Contrairement à l’ensemble des services de santé dans les réseaux locaux de services (RLS) de Granby, le service ambulancier lui relève de la région administrative de la Montérégie qui est identifiée par le chiffre six sur chaque véhicule. Or, les hôpitaux vers lesquels les équipes de paramédics de Granby sont dirigées, c’est-à-dire Granby et Cowansville, relèvent de la région administrative de l’Estrie, représentée par le chiffre cinq.

Chaque ambulance porte désormais le chiffre cinq pour manifester l’intérêt des paramédics à relever de cette région administrative plutôt que celle de la Montérégie. «On dénonce la complexité des régions administratives au niveau des compagnies ambulancières», précise M. Papineau.

L’ensemble des services de santé dans les RLS de la Haute-Yamaska et La Pommeraie seront d’ailleurs pris en charge par le CIUSSS de l’Estrie, selon un article publié dans La Voix de l’Est en avril dernier. Québec avait alors autorisé le transfert d’une série de services spécialisés qui sont toujours liés à la Montérégie. Les pourparlers en ce sens sont toutefois sur la glace en raison de la pandémie. Or, on ignore si le transfert des services ambulanciers y figure.

Projet-pilote Catherine

Le président du syndicat impute d’ailleurs la complexité des régions administratives au fait que le projet-pilote Catherine, soit la mise en place d’un paramédic communautaire, ne sera pas réalisé à Granby selon les informations qu’il possède, mais plutôt dans deux autres villes de la Rive-Sud.

«Le projet n’a pas été élaboré à Granby parce que c’est compliqué parce que nous sommes dans deux régions administratives: les hôpitaux en Estrie et les compagnies ambulancières en Montérégie. Financièrement, ils ne sont pas intéressés à investir dans une région administrative autre que la leur. Pourtant, le projet-pilote aurait pu être fait ici étant donné le manque de ressources et le bassin de population qu’on dessert qui est vieillissant», estime M. Papineau.

Le paramédic communautaire se veut une ressource déployée sur les interventions non urgentes pour permettre de référer, au besoin, le patient vers un autre accès que l’urgence de l’hôpital afin de désengorger à la fois les services préhospitaliers et hospitaliers.

Qui plus est, le projet ne porte plus le nom de l’attachée politique du député de Granby François Bonnardel, Catherine Demers, décédée en juin 2018. «C’est un manque de respect pour Catherine et pour tous ceux qui ont travaillé sur le dossier», dénonce-t-il, en réclamant du même souffle que le projet porte à nouveau son nom.

Manque de ressources

Le syndicat revient également à la charge en exigeant l’ajout de ressources ambulancières. Au plus fort de la pandémie, des équipes supplémentaires assuraient une présence de 16 heures quotidiennement. Puis, elles sont passées à huit heures par jour avant d’être récemment retirées en totalité. «Cette ressource-là faisait trois, quatre appels par jour», fait savoir le président du syndicat.

Ces revendications ne datent pas d’hier. Les paramédics réclament plus d’effectifs depuis des années, notamment parce que Granby ne peut compter que sur trois équipes en journée et seulement deux le soir et la nuit. «C’est le statu quo depuis presque 20 ans», dénonce M. Papineau. Ces paramédics, rappele-t-il, desservent une population de 80 000 citoyens.

Une évaluation des besoins et des facteurs qui sont propres au territoire, notamment la présence de nombreuses résidences pour personnes âgées et d’un aéroport par exemple, permettrait d’établir les ressources supplémentaires requises pour assurer une meilleure couverture.

M. Papineau propose à nouveau de mettre en place un schéma de couverture de risques, comme ce qui est en place dans le domaine de la protection contre les incendies, pour déterminer avec plus de précision les besoins.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre n’a pas été en mesure de répondre aux questions formulées par La Voix de l’Est, jeudi.