Environ 230 personnes ont participé à une manifestation au centre-ville de Granby, samedi, pour réclamer la fin de l’urgence sanitaire et des mesures qui en découlent.
Environ 230 personnes ont participé à une manifestation au centre-ville de Granby, samedi, pour réclamer la fin de l’urgence sanitaire et des mesures qui en découlent.

Manifestation pour réclamer la fin de l’urgence sanitaire à Granby [PHOTOS]

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Environ 230 personnes ont participé à une manifestation au centre-ville de Granby, samedi, pour réclamer la fin de l’urgence sanitaire et des mesures qui en découlent, jugeant qu’elles briment leurs droits et libertés.

Les manifestants avaient rendez-vous au parc Miner à 13h. Ils étaient un peu moins de 200 lorsque le cortège s’est mis en marche sur la rue Principale vers 13h30. Certains se sont ajoutés en cours de trajet, qui passait par les rues Saint-Jacques, Saint-Charles et Saint-Antoine avant de revenir au parc du centre-ville, portant le bilan à 230 participants. 

S’en est suivie une période de discours réunissant des citoyens et des commerçants de la région, ainsi que Joël Hamel-Hogue, cofondateur du groupe «Appel à la liberté» et figure de proue du mouvement contestataire.

Dans leurs allocutions, tous ont remis en question l’intégrité du gouvernement et des statistiques qui justifient l’état d’urgence sanitaire actuel. Ils ont appelé leurs concitoyens à ne pas succomber à la peur et à «rester dans l’amour». Ils ont également dénoncé les attaques dirigées à l’endroit de leur mouvement. Comme il s’agissait d’une manifestation contre les mesures sanitaires édictées par la Santé publique, la distanciation physique n’était pas respectée. Au moment de prendre une photo de groupe, l’un des manifestants s’est écrié ironiquement «deux mètres de distance», provoquant l’hilarité générale. 

«Je vous demande de rester dans le sourire, dans l’amour et dans la paix», a lancé une des organisatrices de la marche, Valérie Berthelette, avant de donner le départ. Cette dernière est aussi propriétaire de la clinique qui porte son nom et qui offre des «services de médecine holistique et alternative» à Granby.

«Pro-liberté» et pas «anti-masque»

Deux organisateurs, Andrée Royer (du groupe «Action Liberté Granby») et Jan-Soleil Rioux ont accepté d’expliquer ce qui motive leur implication. D’abord, ils se défendent d’être «anti-masque» et précisent qu’ils manifestent pour «défendre leurs droits et libertés». 

«On vit dans une peur incroyable. Quand tu fais juste vivre dans la peur, il n’y a plus d’humanité, il n’y plus de joie de vivre, plaide Mme Royer. Après avoir vu tellement de vidéos d’experts censurés, on lit des informations et on regarde le titre du journal, pour nous c’est évident que ce sont de fausses nouvelles. Si on regarde le narratif général des médias et du gouvernement, il n’y a aucune opposition, c’est toujours le même discours, toujours dans la peur.» 

«Ce que je fais aujourd’hui, de prendre de mon temps, je le fais parce que je pense aux prochaines générations et je veux qu’on continue d’être libres et je crois que c’est comme ça qu’on peut prospérer. Ça serait beaucoup plus simple de juste porter un masque, mais ce n’est pas ça le débat, c’est la liberté elle-même», explique pour sa part M. Rioux. Les deux organisateurs dénoncent aussi les conséquences psychologiques et économiques du confinement et des autres mesures sanitaires. «Les égoïstes, je ne pense pas que ça soit nous autres», conclut Andrée Royer. 

Manon Brodeur, une Granbyenne alors à sa quatrième manifestation du genre, n’a pas été en mesure de suivre le cortège en raison d’une blessure à la jambe. En attendant le retour des marcheurs, elle a accepté de discuter avec La Voix de l’Est de ses motivations. 

Après un mois de confinement, elle en a eu assez de vivre dans la peur et dans un état d’esprit dépressif. Pour la manifestante, il ne s’agit pas dire que la COVID-19 n’existe pas, mais de faire réaliser qu’elle n’est «pas pire qu’une grippe». «Mais c’est sûr que si tu as des problèmes de santé pulmonaire, une grosse grippe peut te tuer aussi», poursuit-elle.  

«Quand ils nous disent qu’il y a des hausses, c’est pour nous faire peur, nous contrôler et vouloir rentrer dans nos maisons», dit-elle. 

L’émotion se sent dans sa voix lorsqu’elle parle ensuite de ses petit-enfants. «Mes petits-enfants qui sont à l’école avec des masques, ça m’écœure. Si j’avais des enfants à l’école, je les retirerais. Il y en a qui l’ont fait, bien que ça donne de la job aux mères. Il y en a qui sont même obligées d’arrêter de travailler», déplore Manon Brodeur, qui est d’avis que le masque peut être dangereux pour la santé.  

Elle se dit «tannée» - et elle n’est pas la seule a avoir émis cette critique samedi - d’être traitée de complotiste et que leur mouvement soit la cible d’attaques. «Il y a plein de division, moi j’ai perdu certains amis», raconte la Granbyenne.  

Pascal Bonin «sidéré»

Appelé à commenter la manifestation, le maire de Granby, Pascal Bonin, s’est dit «sidéré» qu’autant de personnes aient pris part au rassemblement. «Ça dépasse l’entendement. Je trouve qu’il y a des gens qui manquent de jugement et, par ce manque de jugement-là, ils mettent la santé des gens en péril», a affirmé le maire, soulignant au passage l’éclosion de COVID-19 confirmée au Centre hospitalier de Granby. 

«Il va peut-être falloir que le gouvernement resserre la vis, parce c’est bien beau la liberté de manifester et le droit de parole, mais là quand tu mets en danger la vie des autres, sans aucun respect pour les gens qui ont œuvré depuis des mois dans le milieu hospitalier et dans le milieu de la santé, la liberté des uns met carrément en danger la santé des autres. Et c’est là, je crois, qu’il y a une intervention plus musclée qui doit se faire», a-t-il déclaré. 

«Les manifs du samedi pour la fin de l’état d’urgence sanitaire»

L’organisation Action Coordination avait donné rendez-vous aux manifestants au parc Miner à 13h samedi, mais ce sont des intervenants locaux qui, contactés à la dernière minute, ont organisé l’événement. 

L’organisation qui dit vouloir «protéger nos Droits et Libertés», «en finir avec la corruption systémique» et mettre fin «à la censure des médias, professionnels et scientifiques» était aussi derrière 12 autres rassemblements pacifiques à travers la province samedi sous le thème «Les manifs du samedi pour la fin de l’état d’urgence sanitaire». 

D’autres manifestations du genre avaient donc lieu à Trois-Rivières, Drummondville, Victoriaville, Thetford Mines, Montréal, Mont-Tremblant, Rouyn-Noranda, Terrebonne, Sherbrooke, Chicoutimi, Rimouski, Matane, Amqui et Gaspé.

Il s’agissait de la première manifestation du genre à Granby, mais ce n’est pas la dernière, ont assuré les organisateurs.