Une manifestation pacifique pour l’environnement s’est déroulée samedi à Cowansville. Les citoyens ont demandé à tous les partis politiques de faire de cet enjeu leur priorité la plus importante.

Manifestation au nom de la Terre

Faute d’entendre beaucoup parler d’environnement durant la campagne électorale, plus de 150 personnes sont descendues dans la rue, samedi, à Cowansville, pour que cet enjeu devienne la priorité la plus importante des partis en cette fin de campagne.

La manifestation pacifique est une initiative de la citoyenne Élizabeth Poulin qui, un matin, s’est réveillée devant le constat que le point de non-retour pour la Terre arrivait plus rapidement que les scientifiques ne le croyaient. Jeune maman de 22 ans, elle veut léguer à ses enfants une planète où il fait bon vivre.

« Nous allons tout droit vers la destruction de notre humanité et certains se ferment encore les yeux », a-t-elle lancé devant la foule, prête à brandir les pancartes affichant des slogans comme « Ne tuons pas la beauté du monde », « Votez pour la Terre », et « La planète Terre était là avant nous, écoutons-la ».

Cette marche, qui s’est déroulée samedi après-midi, « ce sont des citoyens qui se mettent ensemble pour dire que l’environnement devrait être une priorité, la plus grande des priorités, et qu’on veut que les gens votent avec la Terre en tête avant toute autre considération, explique Maude Ménard-Dunn, coorganisatrice de la marche. Il y a un mouvement de citoyens qui se mobilisent partout au Québec. On le fait pour nos enfants. On est du bord de la vie ».

La réalisatrice du documentaire de La Terre vue du cœur de Hubert Reeves, Yolande Rossignol, était aussi présente à la marche. « On est dans un momentum. C’est certain qu’il y a des moments de découragement, de rage, mais la source de notre rage et de notre désespoir est notre cœur parce que nous aimons la planète et nos enfants.

La directrice du Parc d’envronnement naturel de Sutton, Patricia Lefèvre, a aussi pris la parole devant les manifestants. Elle y est allée d’un appel à la mobilisation pour amener les élus à faire leur travail pour sauver la planète. « Les élus ne feront rien du tout si les gens ne sont pas derrière leur cul pour les pousser, a lancé crument la conseillère municipale de Sutton. Si tu veux changer les choses c’est plus difficile que de garder le statu quo. Vous avez une job à faire et il faut le faire tout le temps. Lâchez pas! »

Candidats invités
Les quatre principaux candidats aux élections provinciales de Brome-Missiquoi avaient tous été invités à participer. Parmi ceux-ci, seule Isabelle Charest, représentante de la CAQ dans Brome-Missisquoi et meneuse dans les sondages, n’a pas participé à la marche.

Les deux organisatrices souhaitent tout de même que la Coalition avenir Québec les entende.

« On veut que les gens s’informent sur les plateformes politiques des partis, qu’ils regardent lequel a les préoccupations environnementales les plus grandes et qu’ils votent pour lui, souligne Mme Ménard-Dunn. Les enjeux d’immigration ou économiques ne font pas de sens si on n’a pas de lieu sain, d’air sain, de milieu de vie digne. Tous les enjeux peuvent être éclipsés par la question environnementale. Il faut qu’on soit courageux, mais présentement les chefs de partis ne sont pas courageux, ils ne sont pas prêts à faire des sacrifices. »

Il n’est pas trop tard pour changer les plateformes gouvernementales afin de laisser une grande place à l’environnement, croient-elles.

ENVIRONNEMENT ET ÉCONOMIE SONT LIÉS

Les organisatrices soulignent que l’environnement et l’économie sont fortement liés. 

Maude Ménard-Dunn donne ainsi en exemple la tornade ayant dévasté un quartier de Gatineau, vendredi. Les gens réalisent que les changements environnementaux sont réels et le gouvernement a dû débloquer une somme de 1 M$ pour que la Croix rouge canadienne vienne en aide aux sinistrés.