Christine Tougas et Joannie Tardif, respectivement DG et présidente du CA de la Maison Gilles-Carle.

Maison Gilles-Carle: services bonifiés et projet d’agrandissement

La récente annonce du financement récurrent accordé par Québec à la Maison Gilles-Carle de Cowansville permet désormais à l’OBNL de bonifier ses services. En parallèle, l’organisme, qui soutient les aidants de Brome-Missisquoi, projette d’agrandir et de réorganiser le bâtiment du boulevard J.-André-Déragon au cours des mois à venir.

Auparavant, la Maison Gilles-Carle pouvait accueillir quatre personnes à la fois. L’établissement peut dorénavant en recevoir le double, et ce, sept jours sur sept. On parle de quatre usagers en répit de jour et autant en hébergement. 

« Il y a à peine quelques mois, on vivotait. On ne savait jamais si d’un mois à l’autre, on allait réussir à boucler le budget. C’était vraiment intenable. Le financement récurrent arrive vraiment comme une bouffée d’air », a imagé en entrevue la directrice générale de la Maison, Christine Tougas. 

L’accroissement des services, destinés aux adultes souffrant d’une incapacité temporaire ou permanente à la suite d’une maladie ou d’un handicap, a fait passer le budget d’exploitation annuel de près de 400 000 $ à 600 000 $. Selon Mme Tougas, le ministère de la Santé a accordé une enveloppe récurrente de 200 000 $, soit l’équivalent de
50 000 $ par lit disponible. Le CIUSSS de l’Estrie ainsi que divers programmes injectent 330 000 $. La somme restante provient principalement de dons privés, a mentionné la directrice générale. 

« Bouée de sauvetage »

Ceux qui optent pour l’hébergement peuvent séjourner à la Maison Gilles-Carle jusqu’à un maximum de 14 jours, à raison de 25 $ par nuitée, incluant les repas. Les personnes qui choisissent le répit de jour, de 8 h 30 à 16 h 30, déboursent 15 $. Johanne Chouinard, une usagère, qualifie l’établissement de « bouée de sauvetage ».

« Avoir du répit, quand tu as deux enfants déficients intellectuels, c’est comme une grande dose d’oxygène. Ça me permet d’apprendre à vivre pour moi-même, a-t-elle confié. Je me sens quelqu’un. Valorisée, comprise, écoutée et dirigée au bon endroit pour trouver des solutions à mes problèmes. Au fil du temps, la Maison a vraiment su adapter ses services aux besoins des gens comme moi. »

« Souvent, les gens qui viennent ici ont l’impression d’être en vacances. On leur offre un milieu de vie. On veut aussi respecter leur rythme pour ne pas qu’ils aient un décalage une fois de retour chez eux », a pour sa part souligné l’auxiliaire en chef et responsable du bénévolat, Renaud Pineault.

L’élargissement des services offerts à la Maison fait en sorte que le personnel et les usagers sont plus à l’étroit, entre autres à l’heure des repas. Idem lorsque vient le temps de faire différentes activités dans l’aire de vie commune. La superficie du bâtiment doit donc être augmentée. 

« On a vraiment besoin de place si on veut continuer à donner des services. Il faut aussi penser au personnel », a fait valoir Mme Tougas. L’ajout d’équipements sanitaires (toilette) et l’agrandissement de la salle à manger sont notamment prévus. L’aménagement d’une aire de repos distincte est aussi dans les cartons. Bien que le projet ne soit pas encore « complètement attaché », il chemine rondement. 

« Idéalement, on voudrait commencer les travaux l’été prochain », a dit la DG. De plus, l’installation d’une génératrice est envisagée pour éviter les coupures de services lors de pannes de courant. 

La Maison Gilles-Carle est également en mode embauche. Mme Tougas souhaite ajouter « au moins » deux préposés à l’équipe de l’OBNL, qui compte à ce jour une dizaine d’employés et une vingtaine de bénévoles.