Des citoyens du secteur de la rue Déragon se sont déplacés lors de la séance du conseil de Granby du 19 août, afin d’exprimer leurs craintes en ce qui concerne le projet de maison d’hébergement pères-enfants.

Maison d'hébergement pères-enfants: des citoyens expriment leur désaccord

La localisation d’un projet de maison d’hébergement pères-enfants est loin de faire l’unanimité à Granby. Des résidents de la rue Déragon vivant près de l’hôpital ne veulent pas d’un autre service dans leur secteur, jugeant qu’il est déjà submergé.

L’organisme Ressources pour hommes de La Haute-Yamaska (RHHY) a acheté une résidence sur cette rue afin d’offrir une ressource d’hébergement et de soutien pour les pères qui vivent des difficultés personnelles, familiales ou conjugales.

Cet établissement vise à permettre à ces hommes de surmonter diverses épreuves, telles une séparation ou une perte d’emploi, tout en conservant la garde partagée ou exclusive de leurs enfants.

Cependant, les résidents du secteur concerné préféreraient que les services psychosociaux soient mieux répartis afin qu’ils ne soient pas concentrés au même endroit. Selon eux, avec l’hôpital, le CLSC, le futur CHSLD et la Maison de répit Déragon déjà tous réunis dans ce secteur, cela fait beaucoup de ressources du genre au même endroit.

« Nous sommes unanimes, il y a un besoin pour ça, mais sur la rue Déragon, c’est intense et ça va le devenir de plus en plus », a notamment lancé Richard Bergeron, l’un des citoyens qui s’étaient déplacés au conseil de ville lundi.

À la suite de son intervention, la vingtaine de personnes présentes afin de manifester leur désaccord quant à ce projet l’ont applaudi.

Toutefois, contrairement à la concertation publique du 18 juillet dernier, l’ambiance était nettement moins houleuse. Les citoyens, le conseil municipal ainsi que les responsables du projet ont ainsi pu s’expliquer dans le calme.

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« C’est une suite de changements successifs et majeurs pour eux. Un moment donné, cette nouvelle ressource, c’est la goutte de trop pour les citoyens », a mentionné le maire de Granby, Pascal Bonin.

Par ailleurs, le conseiller municipal du district, Robert Vincent, était absent lors de la séance lundi, ce qui a soulevé quelques indignations. Plusieurs citoyens ont déploré que le conseiller ne semble pas vouloir s’impliquer dans ce dossier.

Lorsque son absence a été évoquée, le maire a tenu à défendre son conseiller en affirmant qu’il préférait avoir quelqu’un de neutre qui ne baigne pas dans l’émotivité afin de bien faire avancer le dossier.

Propriétaire de la maison

Dans leur recherche de maisons, RHHY a finalement opté pour celle appartenant au président du conseil d’administration de l’organisme.

La résidence choisie répond aux critères et le propriétaire est le seul qui accepte d’attendre avant de recevoir son argent. Le vendeur devait en effet être prêt à attendre entre 12 et 18 mois pour recevoir l’argent de la vente.

C’est ce point qui était le plus important selon le directeur général de RHHY, Stéphane Prévost. Cette approche n’a toutefois pas été perçue favorablement par les résidents du secteur touché.

« Apparemment, le propriétaire de la maison est en conflit d’intérêt évident », a glissé Lucie Bergeron, une citoyenne vivant sur la rue Déragon.

L’organisme savait qu’il pouvait y avoir une apparence de conflit d’intérêt et il a pris des mesures nécessaires. La création d’un comité de sélection et de négociation en fait notamment partie. La transparence a été le mot d’ordre dans cette situation.

« L’achat de la maison est en train de faire de l’ombre au projet alors que ça devrait être lui qui devrait être mis en lumière », a d’ailleurs déploré M. Prévost.

Vers un référendum

Il y a clairement eu un manque de communication entre les deux parties. Le directeur général de l’organisme a même admis cette erreur. Cependant, jamais il n’aurait pensé à un accrochage du genre puisque tout le monde avec qui il discutait du projet trouvait celui-ci sympathique.

Les citoyens auront l’occasion de se prononcer sur le sujet à partir de mercredi. Ils pourront le faire en se présentant au greffe de la Ville pour obtenir les documents nécessaires afin de demander la tenue d’un registre. Les citoyens auront ensuite huit jours pour déposer la requête avec le nombre de signatures requis, soit du 21 au 29 août, pour forcer la tenue d’un référendum sur le projet.