Après plus de 10 ans à la barre de la Maison Au Diapason, Lucie Wiseman tire sa révérence.

Maison Au Diapason: Lucie Wiseman cède la direction générale

En plus d’une décennie à la barre de la Maison Au Diapason, Lucie Wiseman a vécu toute une gamme d’émotions. C’est avec sérénité, le sentiment du devoir accompli, que cette « femme de cœur » passe maintenant le flambeau afin que l’établissement de soins palliatifs et la fondation qui y est rattachée continuent de s’enraciner dans la communauté.

Il suffit d’évoquer les balbutiements du mandat de Lucie Wiseman, en 2007, au sein du projet du Diapason pour voir ses yeux s’illuminer. « Je suis arrivée dès le début du projet. C’était tellement stimulant. En fait, on m’avait embauchée pour 18 mois, le temps de la construction de la maison et de la collecte de fonds. La cause m’interpelle tellement que j’ai légèrement prolongé mon contrat », lance-t-elle en riant. 

Malgré une longue et fructueuse carrière de gestionnaire dans le réseau de la santé, notamment comme directrice générale de l’hôpital de Granby, Mme Wiseman a dû s’adapter à une toute nouvelle réalité. « Dans le cas d’un hôpital, tu as quatre directeurs avec toi et quelqu’un s’occupe des ressources humaines. Quand j’ai abordé le projet de la Maison, j’ai dû m’acclimater. Je revenais ni plus ni moins à la base parce qu’on était seuls dans l’aventure. D’un autre côté, ça nous laissait une certaine latitude. Heureusement, la mise en place de l’équipe médicale et des nombreux autres bénévoles qui sont dévoués pour la cause s’est faite dans le plaisir », se remémore-t-elle.

Promesse morale

Lucie Wiseman a longuement muri sa décision de tirer sa révérence. En fait, l’idée de tirer un trait sur la direction générale de la Maison Au Diapason a germé il y a un peu plus d’un an. « M’impliquer dans un projet de communauté, ça m’a tellement touchée. Ça m’a fait évoluer en tant que personne. Je n’en revenais pas que l’on ait réussi à soulever des montagnes pour amasser 3,5 millions. Je me suis fait cette promesse morale d’amener la maison jusqu’à l’ouverture (en avril 2010). Mais je ne pouvais pas m’arrêter là alors que tout un pan de l’histoire commençait. Je voulais que tous ces efforts fassent des petits. [...] Quand je regarde le chemin parcouru, je crois que je peux dire mission accomplie, dit-elle. Il est temps de laisser une autre personne amener la Maison encore plus loin. »

Au fil des ans, l’implication de Lucie Wiseman auprès de gens en fin de vie et de leurs proches a façonné sa personnalité. « J’étais déjà ouverte aux autres il y a 10 ans. Mais [le Diapason] m’a fait voir la vie autrement. Ma connaissance de la nature humaine a changé. Tu ne peux pas rester indifférente en rencontrant des gens qui vivent toute une vague d’émotions. J’ai en quelque sorte apprivoisé la mort pour mieux célébrer la vie. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai une meilleure écoute, une sensibilité à ce que vivent les gens autour de moi. »

Sentiment d’appartenance

Perfectionniste, Lucie Wiseman ne se voyait pas quitter l’organisation sans avoir trouvé une personne qui embrasserait, comme elle l’a fait, la cause du Diapason pour l’amener « encore plus loin ». C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que la DG a cédé sa place à Marie-Josée Filteau (voir autre texte). « On a bâti une maison où la qualité, tant des matériaux que de l’emplacement et de l’équipe, est sans compromis. C’est notre ADN. Et il ne faut jamais que ça change. C’est mon vœu le plus cher et je crois que Marie-Josée Filteau est la personne toute désignée pour travailler en continuité avec ce qui a été mis en place. Elle amènera beaucoup de dynamisme. » En ce sens, Mme Wiseman est d’avis qu’un des défis de la DG pour les années à venir consiste à trouver les ingrédients nécessaires pour faire croître le sentiment d’appartenance des gens de la région pour la Maison Au Diapason, ainsi que la fondation. 

Comme son conjoint, le Dr Jacques Bergeron, poursuit sa carrière, la jeune retraitée compte elle aussi rester bien active. Mis à part quelques projets à la maison, elle veut continuer de s’impliquer dans sa communauté, notamment au sein de conseils d’administration de différents organismes. « Être à la retraite, c’est une étape importante. Mais ça ne signifie pas que tout s’arrête, mentionne-t-elle. Au contraire, c’est le commencement de nouveaux projets, que je pourrai choisir à mon rythme. Mais c’est évident que mon cœur restera toujours attaché à la Maison Au Diapason. »