Ivonne Fuentes lors du spectacle-bénéfice du 5 octobre dernier, à l’auditorium de l’école secondaire du Verbe Divin.

Maison Alice-Desmarais : des fonds pour les victimes de violence conjugale

Outre les 1200 $ que le spectacle-bénéfice a permis d’amasser pour la Maison Alice-Desmarais, qui vient en aide aux femmes victimes de toutes formes de violence conjugale, l’événement a permis de donner de la visibilité à un service qui est victime de sa confidentialité.

Il s’agissait d’une initiative personnelle d’Ivonne Fuentes, chanteuse, danseuse et chorégraphe d’origine mexicaine établie à Granby depuis 2017. Ayant elle-même eu recours aux services de la Maison Alice-Desmarais par le passé, ce spectacle était une manière « de redonner un peu ce que les intervenants ont fait [pour elle et sa famille], ce qui n’a tout simplement pas de prix, et il faut que les gens sachent que ce service existe à Granby », a-t-elle déclaré.

L’organisme offre des services d’hébergement aux femmes victimes de violence conjugale, avec ou sans enfants. « Nous on a l’habitude de toujours travailler avec la confidentialité ; l’adresse est donc gardée secrète, pour des raisons de sécurité, pour que les femmes et les enfants puissent baisser leur garde, se reposer et prendre un recul sur leur situation », explique la directrice de la Maison Alice-Desmarais, Carmen Paquin.

La Maison Alice-Desmarais offre aussi des services de consultations externes, fait de la sensibilisation et de la prévention, et accompagne les femmes dans différentes démarches, en anglais et en français. « Nous avons aussi un volet qui s’adresse aux femmes immigrantes qui vivent de la violence conjugale », précise Mme Paquin.

Il est possible d’appeler les intervenants 365 jours par année, à toute heure de la journée.

Le samedi 5 octobre dernier, l’auditorium de l’école secondaire du Verbe Divin a accueilli 85 spectateurs, qui s’étaient procuré leurs billets au coût de 35 $. La directrice a souligné la qualité professionnelle du spectacle livré par Ivonne Fuentes et quatre musiciens, Guy Raymond à la guitare, Jocelyn Brisebois au piano, Luc Trépanier à la batterie, Bernard d’Anjou à la basse, ainsi que le message positif des chansons sélectionnées.

Diminuer l’attente de services

« Notre défi au niveau du financement, c’est de pouvoir augmenter le nombre d’heures de services à l’externe, insiste Carmen Paquin. Ça nous permettrait de diminuer beaucoup l’attente. » Il y a un an, les femmes qui demandaient une consultation se butaient à une liste d’attente de quatre à cinq mois.

Aujourd’hui, l’attente est réduite à quatre semaines, mais Carmen Paquin souhaite pouvoir fixer un rendez-vous aux femmes violentées dès qu’elles communiquent avec la Maison.

« Quand la femme appelle, souvent c’est qu’il vient d’y avoir une situation de tension, une agression verbale, physique ou psychologique. Elle est pleine d’émotions et de questions, on lui transmet de l’information, elle peut ensuite décider de venir en hébergement ou à l’externe », explique Carmen Paquin.

L’étape suivante du cycle de la violence est la justification, où l’agresseur justifie ses actions en rejetant le blâme sur la victime, suivie de « la lune de miel », où les excuses et les promesses de changements font naître un espoir qu’il y aura un changement, ajoute-t-elle.

« Notre objectif est de pouvoir intervenir le plus rapidement possible après l’agression pour discuter avec elle avant que monsieur passe pour se justifier et qu’il lui rejette la faute dessus. On souhaite aider la femme à identifier le cycle pour qu’elle soit en mesure de prendre ses décisions. Si on peut arriver au bon moment pour lui dire “tu as raison d’être choquée, tu ne mérites pas ça”, ça fait une différence », assure la directrice.

Elle précise toutefois que l’hébergement n’est pas un prérequis pour accéder aux services externes.

Briser les tabous

L’organisation d’un tel spectacle nécessite l’implication de beaucoup de bénévoles. Néanmoins, l’organisation de la Maison Alice-Desmarais aimerait en faire un événement récurent, dans le but de fidéliser les gens qui s’intéressent à sa mission.

La directrice de la Maison espère que davantage de gens endossent cette cause publiquement pour réduire la stigmatisation et les préjugés : « Plus on va être visible comme maison d’hébergement, plus les gens vont s’impliquer, plus les tabous vont tomber. On connait tous quelqu’un qui a vécu de la violence conjugale. »

Elle rappelle que la violence verbale, psychologique et sexuelle est aussi de la violence conjugale.

Pour communiquer en tout temps avec la Maison Alice-Desmarais, il suffit d’appeler au 450 378-9297. Information disponible au www.maisonad.org.