Les trois candidats à la mairie de Granby, Pascal Bonin (à gauche), Carl Bouvier (au centre) et Yves Bélanger, ont croisé le fer lundi à l’occasion d’un débat organisé par La Voix de l’Est.
Les trois candidats à la mairie de Granby, Pascal Bonin (à gauche), Carl Bouvier (au centre) et Yves Bélanger, ont croisé le fer lundi à l’occasion d’un débat organisé par La Voix de l’Est.

Mairie de Granby: les candidats croisent le fer

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Les trois candidats à la mairie de Granby ont pu croiser le fer lundi à l’occasion d’un débat organisé par La Voix de L’Est. L’exercice a permis à Pascal Bonin et Yves Bélanger de se livrer à un duel, cantonnant bien souvent leur adversaire, Carl Bouvier, dans le rôle de spectateur.

Les trois aspirants maires ont pu confronter leurs idées sur quatre thèmes : les finances publiques, l’environnement, les grands projets et la vision d’avenir de la Ville. Le débat a été diffusé en direct sur la page Facebook de La Voix de l’Est et peut encore y être visionné. 

Si Yves Bélanger et Pascal Bonin étaient bien préparés, profitant de chaque occasion pour faire valoir leurs plateformes électorales respectives, Carl Bouvier a souvent formulé des réponses très courtes. Il s’est aussi montré hésitant lorsqu’il avait l’occasion de questionner­ ses adversaires. 

M. Bélanger, qui a deux mandats de conseiller municipal à son actif, a décoché la première flèche à l’endroit du maire sortant, Pascal­ Bonin, en relevant qu’il n’a pu respecter l’engagement qu’il avait pris il y a quatre ans de geler le taux de la taxe foncière. 

Le gel du taux de taxation n’est pas envisageable, a reconnu M. Bonin. « La récurrence des taxes a été le facteur de succès au niveau des finances publiques de la Ville. Si on prend des pauses, l’argent qui ne sera pas mis, ça va être des projets en moins, des investissements ou des services en moins. Ça va être des coupures », a-t-il laissé tomber en disant viser une hausse semblable à l’Indice des prix à la consommation ou moins.

Yves Bélanger croit pour sa part que la Ville doit voir ce qu’elle peut faire « comme effort financier », avant d’aller « piger dans la poche du citoyen ». « Je veux éviter d’avoir cette approche-là et avoir une meilleure analyse », a-t-il dit. 

Carl Bouvier, lui, vise une réduction du taux de taxation de 5 à 10 %. Une cible qu’il croit pouvoir atteindre en faisant des routes de béton qui, à long terme, nécessiteront moins d’entretien. Ce à quoi Pascal Bonin lui a fait remarquer qu’à court terme, cela demanderait toutefois un investissement­ trop important.

Chiffres

Tout au long du débat, Pascal Bonin s’est affairé à démontrer qu’Yves Bélanger chiffre peu ses engagements, ce qui témoigne, selon lui, d’un manque de « compétences ». Comme pour le bassin de rétention que M. Bélanger aimerait aménager pour éviter les surverses dans la rivière Yamaska. Le principal intéressé a reconnu ne pas avoir les chiffres en main.

Même réaction lorsqu’Yves Bélanger­ a évoqué la possibilité de prolonger les infrastructures d’aqueduc et d’égout dans le secteur Canton pour corriger des problématiques d’eau potable et de champs d’épuration. 

« Est-ce que vous réalisez que ce sont des centaines de millions ? Jusqu’à quel point vous êtes prêt à endetter notre ville ? Toutes vos propositions sont pharaonesques », a lancé Pascal Bonin à l’endroit de son adversaire. 

Yves Bélanger a une fois de plus annoncé son intention d’abolir la prime de transition remise aux élus lorsqu’ils quittent la politique. « Au lieu de donner des sous à des individus, on devrait réinvestir ces sommes-là dans le public, pour les citoyens, pour des projets particuliers », a-t-il affirmé. « Quand nos adversaires nous disent que les dépenses qu’ils veulent couper, c’est 17 500 $ par année (140 000 $ sur huit ans), ce n’est même pas sérieux », a rétorqué Pascal Bonin.

Vision contraire

Pascal Bonin et Yves Bélanger­ se sont aussi affrontés sur les perspectives d’avenir qu’ils envisagent pour Granby. M. Bonin estime que l’emploi représente l’enjeu majeur pour Granby. La Ville doit se faire attractive, croit-il. Et des actions en ce sens ont déjà été mises de l’avant et devront continuer à l’être, que ce soit avec le projet de réaménagement de l’église Notre-Dame pour accueillir des techniques du Cégep de Granby ou le travail de Granby Industriel. 

Mais Yves Bélanger croit cependant que ses lunettes « sont un peu moins roses ». Ainsi, 313 emplois industriels ont été perdus entre 2014 et 2016, a-t-il relevé. La vitalité économique de la Ville baisse. « L’institut de la statistique du Québec­ nous situe au 288e rang au niveau de la vitalité économique de notre ville, Bromont est au 16e. On a un peu de travail à faire », a entre autres relevé celui qui y est également allé d’un plaidoyer pour l’aéro­port Roland-Désourdy afin que Granby maintienne sa présence au sein de la Régie aéroportuaire­ des Cantons-de-l’Est.

Yves Bélanger a conclu qu’il ne croyait pas « être le supermaire et le superhéros des citoyens ». « Les superhéros à Granby, ce sont les citoyens qui y travaillent, qui construisent la Ville », a-t-il dit. 

« Tu as raison, ce sont eux autres qui ont fait mes pancartes », a réagi du tac au tac Pascal Bonin, en faisant référence à ses affiches électorales confectionnées par les citoyens. 

ILS ONT DIT...

« Dans 20 ans, j’aimerais ravoir la ville exactement comme elle était quand j’ai grandi, avec M. Boivin (Pierre-Horace, ex-maire) et M. Duchesneau (Michel ex-maire). On ne se le cachera pas, c’étaient de très bonnes années. »

— Carl Bouvier, au sujet de sa vision d’avenir de Granby

« Granby est une ville centre. On a un rôle à jouer. Les municipalités environnantes viennent faire rouler notre économie. Il faut aussi avoir des ententes et des partenariats avec elles. J’estime qu’entre Granby et Bromont, il y a une autoroute, mais ce n’est pas la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. »

— Yves Bélanger

« Se faire du capital politique sur un malheur qui est arrivé, M. Bélanger, c’est vraiment bas. »

— Pascal Bonin à son opposant Yves Bélanger qui a évoqué la tragédie du parc Miner pour souligner l’importance de s’assurer de l’entretien des arbres

« Je n’ai pas réfléchi à ma question avant... »

— Carl Bouvier lorsqu’invité à adresser une question à son adversaire, Yves Bélanger

« M. Bonin a mentionné qu’il avait fait une grosse consultation (sur le réaménagement du centre-ville), mais cette consultation-là, le projet, avait déjà l’air tout attaché avec la place de la famille, la place du savoir. »

— Yves Bélanger à l’endroit de Pascal Bonin 

« Est-ce qu’on peut emprunter le temps des autres candidats ? »

— Pascal Bonin, en réaction à une réponse très courte de Carl Bouvier pour exposer ses visées en matière environnementale

« Il faut garder nos arbres parce que c’est ce qui produit notre oxygène et de plus en plus, on en manque. »

— Carl Bouvier, favorable à une politique de l’arbre

« Il y a un problème de vision avec notre centre-ville au plan commercial. Je pense qu’il faut s’assurer d’avoir la vision d’un nouveau centre-ville qui n’est pas nécessairement commercial, mais peut-être plus culturel. »

— Yves Bélanger 

« Ce n’est pas moi qui vais proposer un stationnement à étages. Been there, done that. Reject. OK. »

— Pascal Bonin, en réaction à une proposition de Carl Bouvier qui souhaite aménager un stationnement à étages au centre-ville et un autre près du centre aquatique