Les stations de ski de la région ne sont pas épargnées par la pénurie de main-d’œuvre qui touche le Québec.

Main-d’œuvre recherchée dans les stations de ski

Les stations de ski ne font pas exception à la pénurie de main-d’œuvre qui touche de nombreux secteurs d’activité au Québec. Elles doivent composer avec des équipes réduites, mais toutes les stations de la région assurent que le service à la clientèle n’en pâtit pas.

Chez Mont Sutton, il reste une dizaine de postes à pourvoir au niveau des opérations des remontées mécaniques, à la cuisine et à la fabrication de neige. « Évidemment, ça fait une pression supplémentaire sur les employés en place, ça peut faire en sorte qu’on leur demande de faire un peu plus d’heures, explique le président et directeur général Jean-Michel Ryan. Au niveau de la planification, ça rend les choses plus ardues, mais globalement ce n’est pas si mal. »

Ç’aurait pu être bien pire. Il y a un peu plus d’un mois, à quelques jours de l’ouverture des premières pistes de ski, il manquait 80 personnes dans la grande équipe de la station de ski suttonnaise.

La direction a opté pour une opération de visibilité et du bouche-à-oreille grâce à ses employés pour aller chercher le personnel manquant, plutôt que d’augmenter les salaires et d’améliorer les conditions de travail.

« Notre responsable aux ressources humaines a fait un travail extraordinaire de recrutement pour bien positionner la station pour les gens qui peuvent être intéressés. On vend vraiment notre montagne avec ses avantages actuellement, précise M. Ryan. On ne peut pas s’enligner sur une pression à la hausse sur les salaires qui affecterait toute la destination ski. »

M. Ryan ne croit pas que les stations de ski soient défavorisées par l’aspect saisonnier des emplois offerts. Il souligne que l’ensemble de l’industrie touristique est touché par la pénurie de main-d’œuvre. « L’industrie touristique, dans son ensemble, essaie de trouver des solutions, par exemple sur la fiscalité des retraités qui peuvent être pénalisés s’ils reviennent au travail ou miser sur l’immigration de personnes actives. »

Les effectifs de Mont Sutton comprennent 450 employés et bénévoles.

Rien de critique

Les mesures fiscales permettant aux retraités d’avoir un emploi à temps partiel sont aussi une mesure relevée par le président de Bromont, montagne d’expériences (BME), Charles Désourdy. Les retraités qui reviennent sur le marché du travail forment déjà une partie des employés de la station de ski de Bromont, où là aussi plusieurs postes sont à pourvoir.

Sur 120 postes permanents, il y a environ 5 postes à combler. Du côté des employés occasionnels, il n’y a pas autant d’employés que le souhaiterait M. Désourdy, ce qui laisse peu de marge de manœuvre lors des journées particulièrement achalandées.

« C’est un peu plus difficile que l’année passée, mais ce n’est pas dramatique, relativise-t-il. C’est sûr que ça exige des efforts de plus des équipes. Ça demande à nos superviseurs et nos chefs d’équipe d’essayer de combler les heures nécessaires pour bien servir les clients. Et il faut aussi s’assurer que les jeunes soient présents. À Noël et au lendemain de Noël, il y a beaucoup de jeunes qui ne se sont pas présentés au travail. Il faut les convaincre que c’est important de rencontrer les obligations. »

M. Désourdy se trouve tout de même chanceux puisque son entreprise se situe près de grands centres, comme Granby, où il peut recruter plus facilement.

Là non plus, les salaires n’ont pas été revus à la hausse pour attirer davantage de personnel. On mise plutôt sur la rémunération globale, qui inclut des avantages marginaux, comme l’abonnement ski.

Pas de répercussion

La station de ski Owl’s Head n’y échappe pas. Entre cinq et dix postes sont toujours ouverts à la cuisine et pour les opérations. « Ce sont des postes qui sont généralement difficiles à combler », affirme le président et directeur général de la station de Potton, Pierre Bourdages.

Cela n’a pour l’instant aucune répercussion sur l’expérience client, selon lui.