Le zonage actuel à l’entrée de la ville de Bromont ne permet pas la construction de commerces à grande surface.

Magasins à grande surface: Bromont ferme la porte

Depuis quelques mois, des promoteurs approchent la municipalité de Bromont pour construire des magasins à grande surface à l’entrée de la ville, près de la sortie 78 de l’autoroute 10. S’il n’en tient qu’au maire, Louis Villeneuve, pas question d’accueillir ce type de commerce.

« Le plan d’urbanisme a fait l’objet de trois consultations publiques et il a été adopté à l’unanimité. Beaucoup de citoyens expriment encore qu’ils ne veulent pas que l’on devienne un autre Saint-­Sauveur. La sortie 78 est l’entrée officielle de la ville. Et de grandes surfaces altéreraient grandement la carte postale de Bromont. Il y en a à proximité, à Cowansville et à Granby. Soyons créatifs ! », a lancé le maire en entrevue.

Louis Villeneuve a confirmé avoir récemment eu des discussions avec un homme d’affaires concernant l’implantation de grandes bannières à Bromont. Ce fut une fin de non-recevoir. Il a néanmoins poussé la démarche un cran plus loin. « Comme le promoteur m’a parlé de consultation publique sur le sujet, j’ai fait un test non scientifique en posant directement la question aux citoyens sur Facebook. Leur réponse a été à la fois massive et sans équivoque », a-t-il indiqué. 

De fait, en quelques heures, près de 75 personnes ont fait valoir leur désaccord avec ce type de projet. « Il y en a déjà tellement à proximité ! Laissons la “place” à l’originalité », a écrit Marc Deslandes­. « Le boulevard Bromont ne doit pas devenir Taschereau », a pour sa part commenté Pierre Maher. « Nous avons vendu notre maison d’une ville de la Rive-Sud de Montréal pour le cachet plus tranquille de Bromont. Non merci aux grandes surfaces. D’ailleurs si les petits commerces ne peuvent subvenir à mes besoins (ce qui est rare) je vais à Granby simplement ou je commande en ligne », a répondu Michel Charbonneau.

Zonage

Le zonage actuel du secteur visé par des promoteurs pour construire des magasins à grande surface ne permet pas l’érection de ce genre d’immeuble. Selon le directeur général de Bromont, Éric Sévigny, la superficie maximale des bâtiments autorisés est de 4000 mètres carrés (43 000 pieds carrés). « On parle environ d’un marché d’alimentation de taille moyenne », a-t-il cité en exemple.

Éric Sévigny est d’avis qu’aucune modification au zonage ne devrait être approuvée. « Bromont résiste à ce type d’implantation commerciale. On pense qu’on peut se démarquer différemment qu’en ayant des Walmart, des Costco et des Canadian Tire sur notre territoire », a-t-il fait valoir. 

Déclin

Parmi les points sur lesquels s’appuie la Ville pour refuser les grandes bannières, Éric Sévigny évoque notamment le fait qu’elles sont en déclin aux États-Unis. « Pourquoi reproduire quelque chose qui est en train de disparaître ailleurs ? On continue à faire des aberrations avec d’immenses stationnements inutilisés. Ça crée des îlots de chaleur, a-t-il dit. Ce n’est pas compatible avec le cadre de vie à Bromont. »

Une tendance similaire se dessine du côté des grandes chaînes commerciales en Europe. « Le e-commerce a fait un nouveau bond en avant, rapportait en décembre dernier le média économique français La Tribune. À l’opposé, c’est la chute pour la grande distribution, plus précisément pour les hypers et les supermarchés en région, situés en périphérie des petites villes ou des villes moyennes. Ce destin croisé, c’est l’image à peine déformante d’une tendance de fond : les hypers et les supermarchés ne sont plus totalement en phase avec les attentes des consommateurs, les technologies et ce qu’est devenue la concurrence. »

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a récemment pris le pouls des citoyens sur les médias sociaux concernant leur intérêt pour de grandes chaînes dans la municipalité.