Quand la libérale Lyne Bessette a pris la tête, des cris d’enthousiasme se sont fait entendre chez les partisans qui étaient à ses côtés à l’Auberge Lakeview, à Lac-Brome.

Lyne Bessette victorieuse au terme d’un duel serré dans Brome-Missisquoi

À l’image d’une course très serrée à vélo, la bloquiste Monique Allard et la libérale Lyne Bessette se sont livré une chaude lutte, très loin devant les autres candidats de Brome-Missisquoi, lundi soir. Ce coude-à-coude a perduré jusqu’à la toute fin de la soirée, si bien que le suspense a été complet jusqu’à ce que la libérale prenne la tête du peloton pour de bon.

Dans les derniers sondages, la circonscription de Brome-Missisquoi était considérée comme pivot, c’est-à-dire que rien n’était gagné pour aucun des candidats.

Les premiers résultats préliminaires ont d’abord donné une avance à la bloquiste Monique Allard, qui avait 38,7 % des votes. L’écart entre la bloquiste et sa principale adversaire, la libérale Lyne Bessette, a crû pour atteindre 10 % avant de fondre à moins d’un point de pourcentage.

Puis, Mme Bessette a pris la tête quelques minutes avant d’être rattrapée par son adversaire, suscitant des cris d’enthousiasme chez les partisans qui étaient à ses côtés à l’Auberge Lakeview, à Lac-Brome.

L’arrivée du député sortant Denis Paradis a encore plus galvanisé les troupes, alors que l’avance de Mme Bessette s’est confirmée.

« C’est vraiment une soirée en dents de scie, a confié la principale intéressée. Comme une course : j’ai toujours tendance à partir tranquillement pour finir en force, et c’est un peu la même chose qui semble se dessiner ce soir. Je suis hyper stressée, encore plus que dans une course ! »

« Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais c’est quelque chose de spécial de vivre ça entourée de gens de mon équipe. Je me suis fiée beaucoup sur eux pour faire du travail terrain », ajoute-t-elle.

L’athlète a reconnu avoir fait son entrée sur le tard dans la campagne électorale et que cela a pu lui nuire. « J’ai commencé tard, mais je savais à quoi m’attendre : on a mis les bouchées doubles avec l’équipe », a-t-elle commenté.

Présente aux côtés de Mme Bessette, pour qui elle a été une bénévole très impliquée tout au long de la campagne, Angèle Williams affirme avoir senti « jusqu’à la toute fin » qu’il y avait un grand nombre d’électeurs indécis dans la circonscription.

Une grande partie de la stratégie libérale dans la circonscription a été de miser sur les racines locales de la candidate, une stratégie qui a été renforcée après les débats télévisés. « On a vu la montée du Bloc [québécois], on s’est dit qu’il fallait arrêter de parler de Trudeau et plutôt parler de Bessette. On mange local, les gens doivent voter local. Je suis convaincue que ça va faire une différence : Lyne est une femme d’ici, une femme vraie qui va à la rencontre des gens », commente la bénévole.

La candidate bloquiste Monique Allard

Appuis croissants au bloc

Environ une trentaine de militants du Bloc québécois étaient réunis dans un restaurant du centre-ville de Magog lundi pour attendre les résultats du scrutin en compagnie de la candidate bloquiste Monique Allard. Le groupe applaudissait et manifestait bruyamment sa joie à chaque fois qu’on annonçait que Mme Allard était en tête.

Après avoir vécu une soirée haute en émotions, la bloquiste s’est rappelé les débuts tout en douceur de sa campagne électorale. « Ma campagne a commencé doucement avec du porte-à-porte. J’expliquais aux gens où je voulais aller. Puis, j’ai senti que le vent a tourné lors du premier débat des chefs en français. Plusieurs personnes m’ont dit, en cours de campagne, qu’ils avaient été épatés par le chef du Bloc, Yves-François Blanchet », raconte-t-elle.

« On n’était seulement un petit groupe au début. Mais, tranquillement, des militants sont venus nous rejoindre et on était de plus en plus à travailler à mon élection. Les gens sentaient que ça devenait possible qu’on gagne », confie Mme Allard.

Sylvie Jetté déçue

Sereine et avec le sentiment du devoir accompli, la néo-démocrate Sylvie Jetté était pour sa part au Pub McIntosh, du côté de Bromont. Celle-ci n’a toutefois pas caché avoir été « un peu déçue, pour ne pas dire beaucoup ». « Je m’attendais à plus de votes. On pensait avoir eu assez d’impact pour que ce soit plus serré », a-t-elle confié, se disant satisfaite de son expérience.

Entourée d’une quinzaine de personnes, dont sa fille Josianne, première candidate du parti dans Brome-Missisquoi en 2006, et des membres de l’association locale du NPD qu’elle a fondée en 2005, la candidate a confié à La Voix de l’Est avoir souhaité une campagne électorale plus longue.

« 40 jours, ce n’est pas assez ! » a-t-elle lancé, bien qu’elle reconnaisse que l’exercice avait été « très exigeant » au niveau de la gestion de son horaire.

Néanmoins, la professeure à temps partiel à l’Université de Sherbrooke dit avoir appris beaucoup en allant sur le terrain. « Ça m’a permis de voir les enjeux et de me faire connaître, a-t-elle constaté. Surtout, j’ai pu voir des convergences dans les insatisfactions. »

Loin derrière, le conservateur Bruno Côté a réussi à réunir environ 12,5 % des appuis, tard en soirée.

« Je suis content de ce qu’on a offert aux électeurs. On avait la plus belle et la plus honnête des plates-formes, à mon avis. Par contre, il a fallu qu’on se batte contre la perception que nous, les conservateurs, on n’avait aucune proposition intéressante en environnement », a-t-il fait savoir.

« Je pense que le Bloc québécois a été sous-estimé au début de cette campagne électorale. Quand je suis entré dans la course, il apparaissait clair que mon adversaire c’était les libéraux. On n’avait pas de sondage pour le comté par contre alors c’était dur à évaluer », a indiqué M. Côté.

Normand Dallaire, du Parti vert du Canada, s’est maintenu autour des 5 % alors que les candidats du Parti populaire du Canada, François Poulin, de la Coalition des anciens combattants, Lawrence Cotton, et du Parti Rhinoceros, Steeve Cloutier, n’ont pas réussi à réunir 1 % du vote.

— Avec la collaboration de Roxanne Caron, Jean-François Guillet et Jean-François Gagnon, La Tribune