De tous les aéroallergènes saisonniers connus dans la province, le pollen de l’herbe à poux est le plus préoccupant », est-il relevé sur le site web de l’APQ.

Lutte contre l'herbe à poux: Granby fait figure de modèle

Le plan d’action élaboré par la Ville de Granby pour lutter contre l’herbe à poux, une importante cause d’allergie, sera l’une des initiatives municipales mises en lumière ce jeudi lors du Sommet municipal - Résilience climat, à Gatineau.

La conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux à la Ville, Catherine Baudin, présentera les mesures mises en place au cours des dernières années pour lutter contre cette plante au feuillage dentelé semblable à celui des carottes, alors que le coordonnateur de la division environnement à la Ville, Serge Drolet, participera à un panel de discussions réunissant différents intervenants de partout au Québec.

La Ville a adopté un règlement qui oblige tout occupant d’un terrain à arracher, couper ou détruire l’herbe à poux entre le 15 juillet et le 1er août, note le coordonnateur de la division environnement, Serge Drolet.

Ce sommet est une initiative de l’Union des municipalités du Québec. À l’instar de Granby, des élus et gestionnaires de sept autres municipalités et MRC du Québec, dont Percé, Montréal, Trois-Rivières et Victoriaville, présenteront d’autres exemples d’initiatives locales en matière d’adaptation aux changements climatiques dans différents domaines.

« Le réchauffement de la planète a entraîné une augmentation de 15 à 20 journées de plus d’herbe à poux depuis 10 ans. Et ça va continuer à s’accentuer. Actuellement, la pollinisation commence à la fin du mois d’août. Mais les printemps étant plus hâtifs, ça va commencer plus vite. Et ça va jusqu’aux premiers gels. Mais ils surviennent de plus en plus tard. Les gens vont être affectés par l’herbe à poux encore plus longtemps », relève M. Drolet.

Selon l’Association pulmonaire du Québec (APQ), un Québécois sur dix est aux prises avec des symptômes d’allergies saisonnières.

« En 2005, les coûts de santé associés à l’herbe à poux ont été évalués entre 157 et 240 millions de dollars au Québec. De tous les aéroallergènes saisonniers connus dans la province, le pollen de l’herbe à poux est le plus préoccupant », est-il relevé sur le site web de l’APQ.

Série de gestes

Parmi les mesures mises en place à Granby, la Ville a adopté un règlement qui oblige tout occupant d’un terrain à arracher, couper ou détruire l’herbe à poux qui se trouve chez lui avant la période de pollinisation, soit entre le 15 juillet et le 1er août, note Serge Drolet. Il est en fait recommandé de couper l’herbe à poux deux fois, soit autour du 15 juillet et du 15 août.

Selon le coordonnateur en environnement, une importante campagne de sensibilisation est aussi effectuée chaque année, par le biais de dépliants, de la publication Granby vous informe, du site web de la Ville ou encore des panneaux électroniques municipaux.

Les industriels, commerçants et propriétaires d’édifices institutionnels sont par ailleurs visités par la patrouille verte afin qu’ils puissent reconnaître la plante et passer eux aussi à l’action.

Pour sa part, la Ville a muni ses balais mécaniques de rue de brosses spéciales pour couper les herbes en bordure des trottoirs. Plutôt que d’avoir recours aux pesticides, elle arrose aussi à la vapeur ou utilise un traitement à l’acide acétique pour éradiquer l’herbe à poux sur les terrains publics, relève en outre Serge Drolet.

Selon lui, cela fait environ huit ans que la Ville a mis en place cette série de mesures qui représentent autant d’outils pour réduire les impacts de l’herbe à poux. Granby ferait d’ailleurs figure de leader en la matière. D’où sa participation active au Sommet municipal.

« Ce qui est bien de ce sommet, c’est qu’on va pouvoir partager nos succès pour que les autres villes puissent les adapter chez elles. On va aussi s’inspirer des autres. Que ce soit les élus ou les gestionnaires municipaux, on désire tous être mieux outillés pour s’adapter aux changements climatiques », affirme le coordonnateur de la division environnement.