Les participants ont été amenés à hiérarchiser six priorités d’action identifiées pour Rouville. La mise en commun des conclusions de chacun a permis d’établir que le transport était l’enjeu le plus prioritaire aux yeux des participants, suivi de l’habitation et de la sécurité alimentaire.

Lutte à la pauvreté en milieu rural: Rouville se concerte

Bonifier l’offre en transport collectif et rendre celui-ci plus abordable dans Rouville constitue la pierre angulaire d’un éventuel plan d’action local de lutte contre la pauvreté, ont tranché les membres de l’Alliance pour la solidarité de la MRC de Rouville.

Cette journée d’échanges, qui s’est déroulée mercredi au Centre communautaire Charles-d’Auteuil de Sainte-Angèle-de-Monnoir, découle du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 (PAGIEPS), qui vise à sortir au moins 100 000 personnes de la pauvreté d’ici quatre ans.

En avant-midi, les participants, des représentants des milieux municipal, communautaire, scolaire et du CISSS Montérégie-Centre, ont été amenés à hiérarchiser six priorités d’action identifiées pour Rouville. La mise en commun des conclusions de chacun a permis d’établir que le transport était l’enjeu le plus prioritaire aux yeux des participants, suivi de l’habitation et de la sécurité alimentaire.

Une séquence de choix qui s’alignait avec l’opinion de Karine Tremblay, directrice générale du Centre d’action bénévole de Saint-Césaire, pour qui tout résulte d’une réaction en chaîne.

« Si on règle le manque de transport, plus de gens pourront se trouver un emploi et accéder à des ressources. En ayant un travail, on s’assure d’un revenu ; et si on a accès à du logement social, on aura moins à dépenser pour son loyer, alors il restera de l’argent pour se nourrir », illustre-t-elle.

Pistes de solution

À partir de ce plan de match, les participants ont entamé la co-construction de projets admissibles au PAGIEPS, en identifiant les services existants de même que les organismes concernés déjà présents sur le territoire. Les organisateurs de la journée se sont aussi immiscés dans les échanges afin d’offrir des informations complémentaires pour alimenter les réflexions.

L’expérience et l’expertise de chacun ont permis de tester le potentiel de certaines initiatives tout en identifiant les lacunes des mesures actuelles.

« Les besoins sont variés et éclatés sur le territoire, ce qui est le propre des milieux ruraux, alors c’est un défi d’offrir un service unique qui serait profitable et suffisant », a relevé le maire de Sainte-Angèle-de-Monnoir, Denis Paquin, lors d’un atelier.

La difficulté à cibler et à identifier les personnes qui pourraient avoir besoin de services a aussi été montrée du doigt, notamment en raison des lourds préjugés qui persistent toujours au sujet de la pauvreté, perçue comme un échec sur le plan social.

Une dizaine de projets — existants, embryonnaires ou à créer — se sont dégagés des échanges. Un vote a permis d’identifier la création d’un guichet unique multiservices en transport et l’embauche d’un travailleur de proximité effectuant le lien entre les différents volets comme étant les avenues à explorer.

Des choix

Plus tard, il a toutefois été majoritairement décidé de se consacrer au projet du guichet en transports, un enjeu qui touche tous les organismes communautaires et leur clientèle.

Les différentes priorités d’action sont de toute façon interreliées, d’où l’importance de se pencher sur des initiatives qui pourraient les adresser toutes à la fois, a souligné entre autres la directrice générale de Sainte-Angèle-de-Monnoir, Pierrette Gendron.

Le budget, intéressant, mais tout de même modeste de 300 000 $ sur quatre ans que touchera la MRC dans le cadre du PAGIEPS, qui dispose d’une enveloppe globale de 160,5 millions de dollars, dont 11,8 millions seront attribués à la Montérégie, a aussi amené les participants à resserrer leurs options.

Le maire de Richelieu et préfet de Rouville, Jacques Ladouceur, ne s’est pas prononcé contre cette idée, mais a mis en garde les intervenants de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier.

« Parfois, il suffit d’une petite initiative de 10 000 ou 15 000 dollars qui nous permet d’aller lever d’autre argent ailleurs », a-t-il indiqué.

La Corporation de développement communautaire Haut-Richelieu Rouville, qui co-organisait la journée, se chargera de rédiger un plan d’action à partir des conclusions du rassemblement.

Celui-ci sera présenté à la MRC de Rouville pour être approuvé avant d’être soumis à la Table de concertation des préfets de la Montérégie.

On espère pouvoir mettre le tout en branle cet hiver.

LA MRC DE ROUVILLE EN CHIFFRES

• La MRC de Rouville compte 37 700 habitants

• Les personnes âgées représentent 17,4% de la population, une hausse de 55% entre 2008 et 2018

• Le revenu moyen après impôt est de 34 395$

• 24,3% des ménages recensés sur le territoire sont des familles monoparentales, les trois quarts étant dirigés par une femme

• 14,5% de la population vit seule

• Le plus faible revenu moyen après impôts est celui des femmes de 65 ans et plus vivant seules

• La proportion des ménages à faible revenu est sept fois plus élevée s’il s’agit d’une famille monoparentale

• Un ménage sur quatre consacre plus de 30% de son revenu pour se loger