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Au-delà de 10 000 objets prenaient leur place, chacun leur tour, année après année, dans les villages montés et imaginés par Diane Gagné, décédée cette année d’un cancer des os et des poumons.
Au-delà de 10 000 objets prenaient leur place, chacun leur tour, année après année, dans les villages montés et imaginés par Diane Gagné, décédée cette année d’un cancer des os et des poumons.

L'univers magique de Diane Gagné [PHOTOS]

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
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Village de glace miniature, fête foraine, mini-ferme, parc à chiens, parc Jurassique, minuscule Zoo de Granby. Trois pièces remplies de villages à thèmes ont été montées, installées et animées minutieusement par Claude Leclaire et ses enfants dans sa maison, faisant office de dernier hommage à sa femme, décédée le 8 avril dernier.

Dans le sous-sol, une grande pièce abrite le fameux village de Noël de Diane Gagné, où des petits bonshommes se serrent la main, où le facteur distribue ses colis et où les enfants patinent, devant de belles maisons enneigées, même devant la Tour de Londres, une des reproductions d’édifices de collection célèbres de Département 56 acquises par Claude Leclaire et Diane Gagné au fil des années.

Trente-neuf ans de collectes et de trouvailles, que ce soit lors de voyages, de ventes de garage ou d’encans, ont permis à Diane de monter une immense collection de personnages, d’édifices et d’objets de toutes sortes.

« On commençait à penser au prochain village en janvier », raconte Claude. Le village de Noël commençait à prendre forme quelques mois avant le réveillon, et un mois était nécessaire ensuite pour tout ranger.


« Les villages illuminaient les yeux de Diane. C’était sa passion. J’adorais la voir aller. »
Claude Leclaire, mari de Diane, décédée brusquement en avril dernier

Au-delà de 10 000 objets prenaient leur place, chacun leur tour, année après année, dans les villages montés et imaginés par la Granbyenne, décédée cette année d’un cancer des os et des poumons à l’âge de 67 ans.

« Quand Diane avait une idée, elle me le disait, et moi je lui trouvais ce qu’il lui fallait. » Vieux tapis pour le sol enneigé, styromousse peint, morceaux de bois, tous les matériaux avaient le potentiel d’être retravaillés par les mains de Diane, qui s’activaient en moyenne 10 h à 12 h par semaine pour créer les décors de ses villages.

Au-delà de 10 000 objets prenaient leur place, chacun leur tour, année après année, dans les villages montés et imaginés par Diane Gagné, décédée cette année d’un cancer des os et des poumons

« Toute l’année, elle s’imaginait les histoires, les interactions des personnages entre eux. C’était important pour elle de nous faire la surprise, à moi et aux enfants. Parfois, je devinais un peu, mais je lui laissais tout imaginer. »

Cette année, Claude s’est amusé à ajouter une touche « COVID » au Zoo de Granby miniature, parsemé de pastilles de distanciation, et où on peut lire en petits caractères « 20 personnes maximum ».

En mémoire de Diane

Dans la pièce à côté du village de Noël, qui contient à lui seul des centaines de maisons, l’espace est entièrement dédié aux crèches de Noël. Petites, grandes, en bois, en plâtre, mettant en vedette des orignaux, des koalas ou des bonshommes de neige, quelque 180 crèches sont précieusement exposées. Certaines proviennent de pays différents et ont été rapportées comme souvenir de voyages, ou ont été fabriquées par Diane. On y retrouve des crèches italiennes, péruviennes, hawaïennes, africaines. « Il en manque une quarantaine que je n’ai pas mis cette année. »

Ce Noël, Claude a décidé, malgré qu’il n’ait « pas la patience de sa femme », de monter une dernière fois les villages qu’avait commencé à imaginer sa femme avant que le diagnostic de cancer ne tombe, en février dernier. « Ça a été fulgurant. Mais j’ai pu la ramener quatre jours à la maison. Quatre jours merveilleux. »

Ses quatre enfants et ses dix petits-enfants ont contribué à leur façon, à tour de rôle, à monter les villages. Après la période des Fêtes, les villages seront défaits, et ils partiront chacun avec des bouts de la collection. Les villages d’Harry Potter et d’Halloween ont été rapidement réservés.

Amis et famille ont ainsi, chacun leur tour, réservé quelques pièces de la collection de Diane.

Promener la magie partout

« Les villages illuminaient les yeux de Diane. C’était sa passion. J’adorais la voir aller. » Cette année étant la dernière exposition, Claude a décidé de vendre ce qui reste. Quelques morceaux sont déjà en vente sur les sites de vente tels que Marketplace, et Claude y sera d’autant plus actif en janvier. Pour lui, les profits n’importent pas. D’ailleurs, les prix sont chutés de 30 % à 40 % du prix d’achat, dit-il. « Pour moi, les vendre est une bonne chose, parce que ça va permettre à la magie de ma femme de se promener un peu partout, à Granby, Sherbrooke, Montréal. Pour moi, c’est important de propager sa magie. »

Certaines personnes de la région se souviendront de Diane Gagné notamment grâce à ses pâtisseries, qu’elle adorait faire, surtout pour les fêtes d’enfants, de 2000 à 2017.

Elle aimait beaucoup voyager. Dans sa maison, Claude lui a monté un mémorial, où trônent les souvenirs de leur voyage de noces. « Elle sait que je ne suis pas trop porté sur le ménage, mais elle serait fière de moi, je nettoie son spot régulièrement ! »

Claude fait partie de ceux qui croient en la vie après la mort. « J’aime croire qu’elle s’amuse, qu’elle m’attend. »

Ils se sont rencontrés à la salle de quilles, à Granby, en 1981. Depuis, tous les ans, les villages de Diane grossissaient, prenaient vie. C’est maintenant au tour de chaque objet, chargé de souvenirs, de voyager.