L’organisateur Félix Lefrançois était plutôt détendu et confiant de la réussite de cette troisième mouture du Festival Underground.

L’Underground se tourne vers l’international

Le Festival Underground de Waterloo prend de l’ampleur cette année. Pour la première fois en trois ans d’existence, l’organisation a accueilli un groupe rayonnant à l’international, au grand plaisir des amateurs de musique.

L’annonce de la participation de la formation punk française Tagada Jones risque d’avoir eu un impact important tant sur l’achalandage du festival que sur son rayonnement à l’extérieur de la région.

Lors du passage de La Voix de l’Est en début d’après-midi samedi, les métalleux et punk rockers s’installaient tranquillement sur le site alors que résonnaient les mélodies agressives du premier groupe, Uncivilized.

Félix Lefrançois, qui a investi énormément de temps et d’énergie dans la coordination de l’événement — comme son collègue Alex Saint-Martin —, était plutôt détendu et confiant du succès de cette troisième édition.

« Déjà après la première [mouture], on était plus confortable, mais c’est sûr que chaque année, il faut travailler à trouver des bands et des commanditaires », explique-t-il. 

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L’achalandage, bien que modeste en comparaison avec de grands festivals de métal en Europe, est en constante augmentation.

« L’année passée, on avait 1000 personnes, c’est 300 de plus que la première édition et cette année on vise 1400 », anticipait Félix Lefrançois. 

Des chiffres plutôt impressionnants lorsqu’on jette un œil sur la programmation composée de groupes — quoique talentueux — qui évoluent pour la plupart dans l’anonymat. 

Ces artistes émergents se sont découvert un fort engouement pour ce festival qui leur permet de faire leurs preuves devant une foule importante.

« Cette année, on a eu 250 groupes qui nous ont écrit pour venir jouer ! », souligne Félix Lefrançois.

Les formations doivent cependant performer gratuitement pour le moment même si les organisateurs souhaitent solidifier la structure financière pour pouvoir verser un cachet à tous les artistes dans le futur.

Pour le moment, seule la tête d’affiche est payée pour jouer. Cependant, tous les groupes peuvent vendre leur matériel promotionnel sur le site et récolter ainsi quelques deniers. 

Les musiciens du groupe Uncanny se sont déchaînés sur les planches de la scène située à quelques pas de la plage municipale.

« Le but reste d’encourager la relève, autant pour les groupes que la crowd, c’est sûr qu’on vise toujours d’avoir des têtes d’affiche, mais c’est pas la mission principale. On souhaite que l’événement reste gratuit », rappelle l’organisateur.

Relève musicale 

Le festival prend très au sérieux sa mission de propulser la relève. Peu importe son succès, aucun groupe de la programmation ne reviendra l’an prochain. 

« On veut donner la chance au plus de musiciens possible », explique M. Lefrançois. 

Félix Lefrançois et Alex St-Martin passent ainsi en revue tous les groupes qui manifestent leur intérêt pour l’événement.

« On les écoute tous et après on fait une sélection des groupes qui nous intéressent. On essaie d’avoir autant de groupe métal, rock et punk. Veux, veux pas, on doit aussi évaluer quel groupe risque d’attirer le plus de gens et on prend aussi en considération leur professionnalisme. »

Une place est également gardée pour la relève régionale. Cette année, c’est d’ailleurs les punks granbyens de Uncivilized qui ont ouvert les festivités samedi après-midi.  

Artistes internationaux

Au-delà de l’opportunité de découvrir des groupes émergents, une bonne partie des spectateurs attendaient l’arrivée du groupe français Tagada Jones — la tête d’affiche de la programmation. 

Le groupe est essentiellement connu en France pour sa musique située à la frontière entre le punk et le métal et pour ses textes anti-capitalistes. 

« Ils étaient en tournée au Québec et il ne leur restait qu’une seule date de disponible ! », se félicite Félix Lefrançois.

Les organisateurs du Festival Underground souhaitent désormais faire de la présence de groupes internationaux un nouveau standard pour l’organisation. 

Les amateurs de musique peuvent ainsi s’attendre à voir et entendre un autre groupe majeur sur la plage de Waterloo l’an prochain. 

Bien que les démarches ne soient qu’au stade embryonnaire, les organisateurs aimeraient bien voir la formation canadienne de death metal Beyond Creation sur les planches à Waterloo en 2019. 

« C’est le genre de groupe qu’on aimerait avoir. On regarde aussi des groupes comme Voivoid ou Grimskunk, mais c’est sûr que c’est des groupes qui sont là depuis plus longtemps et qui demandent un plus gros cachet », précise Félix Lefrançois.