Récupération 2000 pourrait demander l’aide financière de Québec pour récupérer­ une partie de ses pertes.

Lueur d'espoir chez Récupération 2000

La direction de Récupération 2000 n’a pas jeté l’éponge. Confrontée à des difficultés financières, elle étudie la possibilité de présenter un projet au ministère de l’Environnement pour récupérer des montants perdus en raison de la perte du marché des importations chinoises de papier à recycler.

Le gouvernement québécois a mis sur pied in extremis cette semaine un programme de 4,6 millions de dollars pour aider les entreprises de recyclage à passer à travers cette crise, en leur permettant ainsi de continuer à opérer leur centre de tri à court terme. Les entreprises ont jusqu’à la fin du mois pour présenter une demande d’aide basée sur le volume de recyclage traité et sur leurs pertes encourues ces derniers mois.

« On est en train de regarder ça », a indiqué Nicolas Therrien, directeur général de Récupération 2000. Il étudie les modalités du programme. « On va voir si on dépose une demande », a-t-il dit en entrevue jeudi.

S’il applaudit que Québec injecte de nouveaux montants destinés à l’industrie du recyclage, M. Therrien aurait préféré que le gouvernement intervienne plus rapidement. Les difficultés de l’industrie québécoise sont connues depuis longtemps, a-t-il rappelé. « On ne peut pas dire que c’est mauvais comme annonce. C’est un début. Mais ça vient très tard », a-t-il dit.

Récupération 2000 est à la croisée des chemins. La compagnie de Cowansville a accumulé une dette de plus de 7 millions de dollars. Elle doit 6 millions de dollars à la Banque Nationale, 800 000 $ à la Banque de développement et 400 000 $ à des entreprises de la région, dont plus de 120 000 $ à la Régie de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi en frais d’enfouissement non payés. L’entreprise, en plus de faire la collecte et le tri de matières recyclables, offre aussi un service de transport de déchets.

Compte tenu de son bilan, l’entreprise a demandé la protection de la Cour supérieure le temps de trouver de nouveaux investisseurs. Ceux-ci ont jusqu’au 10 août pour se manifester, après quoi l’entreprise pourrait cesser ses opérations.

Le maire de Bedford et président de la Régie, Yves Lévesque, pense que Récupération 2000 va poursuivre ses activités plus longtemps, et ce, même si aucun investisseur ne se pointe. La période estivale apporte plus de revenus à la compagnie. C’est la saison de la construction et de la rénovation, souligne-t-il. Des matériaux à fort potentiel de revalorisation comme le bois et le métal sont jetés dans des conteneurs de l’entreprise.

Préparer le terrain
M. Therrien n’a pas voulu dire s’il présentera une offre à ses créanciers pour conserver son entreprise.

Récupération 2000 compte 45 employés, dont une trentaine à temps plein, a dit M. Therrien.

Les municipalités qui ont confié leur collecte sélective et de déchets à Récupération 2000 commencent à préparer le terrain dans l’éventualité où l’entreprise fermera ses portes. Cette semaine, Cowansville et Bedford ont déposé une proposition conjointe pour acheter les conteneurs que la compagnie a disposés sur leur territoire pour desservir les édifices à logements et les commerces.