En raison des délais de traitement des demandes de permis, des citoyens décident de procéder à certains travaux sans avoir le feu vert. Mais la Ville incite à la prudence. Par exemple, si une dérogation mineure ne peut être accordée et que la localisation de la piscine ne respecte pas les normes de la Ville, elle devra être déplacée, illustre le DG, Michel Pinault.
En raison des délais de traitement des demandes de permis, des citoyens décident de procéder à certains travaux sans avoir le feu vert. Mais la Ville incite à la prudence. Par exemple, si une dérogation mineure ne peut être accordée et que la localisation de la piscine ne respecte pas les normes de la Ville, elle devra être déplacée, illustre le DG, Michel Pinault.

Longue attente pour des permis: des travaux faits sans autorisation à Granby

La pandémie a entraîné un important retard à la Ville de Granby pour l’émission de certains permis. Résultat: des citoyens décident d’effectuer leurs travaux de rénovation ou d’amélioration sans avoir le feu vert. La prudence est toutefois de mise notamment avec les piscines, prévient le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

«Il y a des gens qui décident d’installer leur piscine ou leur cabanon, malgré le fait qu’ils n’aient pas leur permis. Le danger, c’est que la journée où on fait une inspection ou que la personne veut vendre et qu’on réalise que la piscine ou le cabanon n’est pas au bon endroit, il ne pourra pas y avoir de dérogation mineure d’émise. La première condition d’une dérogation mineure, c’est qu’une demande de permis ait été faite et que le permis ait été émis», fait valoir le DG.

«Les gens s’exposent à des difficultés pour plus tard», ajoute Michel Pinault.

Par exemple, si une dérogation mineure ne peut être accordée et que la localisation de la piscine, qu’elle soit creusée ou hors terre, ne respecte pas les normes de la Ville, elle devra être déplacée, illustre-t-il.

Une citoyenne qui a avisé La Voix de l’Est de la situation dénonce le délai de traitement des demandes, qui s’élève jusqu’à cinq à six semaines. Bien qu’elle s’y soit pris à l’avance pour obtenir un permis pour l’ajout d’une piscine à sa propriété, elle n’a pu obtenir le document avant la date d’installation prévue. Elle a décidé d’aller de l’avant malgré tout avec les travaux.

«Je ne voulais pas attendre en août pour avoir ma piscine parce qu’ils n’ont pas anticipé une hausse des demandes de permis», laisse-t-elle tomber.

Auparavant, les citoyens qui souhaitaient obtenir un permis pour une piscine pouvaient se présenter à l’hôtel de ville avec leur plan d’implantation et l’obtenir pratiquement sur le champ. Dans la foulée de la COVID-19, la demande doit toutefois être faite en ligne et le dossier analysé par le personnel municipal avant que le permis soit émis.

Efforts multipliés

Le directeur général de la Ville dit être conscient de la situation. Plusieurs plaintes ont été déposées pour les délais observés dans le traitement des demandes.

«On a engagé du personnel additionnel. On a eu recours à d’anciens employés retraités pour nous aider à essayer de diminuer les délais. On a une personne dédiée à une ligne téléphonique — 450-361-6007 — pour la prise de rendez-vous. (...) On a mis les bouchées doubles. On tente de diminuer les délais, mais avec les règles sanitaires qui nous sont imposées, on ne peut pas travailler à la même vitesse qu’avant. On est conscient de ça et on a pris des mesures exceptionnelles. On a aussi autorisé du temps supplémentaire», affirme Michel Pinault.

Celui-ci souligne qu’une diminution relative des demandes de permis a été observée en mars, avril et mai. Mais, alors que la crise sanitaire avait déjà entraîné des retards de traitement, les demandes ont explosé le mois dernier lorsque plusieurs ont décidé d’investir dans leur propriété, à la lumière des scénarios de vacances limités.

Pas moins de 100 demandes de plus ont été comptabilisées en juin 2020, comparativement à la même période l’an dernier, note le DG.

À court terme, la Ville n’organisera pas une «chasse aux sorcières» afin d’identifier les citoyens fautifs. Mais elle prévoit qu’à plus long terme, certains devront composer avec les conséquences de leur décision de ne pas attendre l’obtention de leur permis pour réaliser les travaux prévus.

«Les désagréments que ça peut occasionner de faire des travaux sans permis peuvent être beaucoup plus importants que les désagréments d’attendre ou de reporter un entrepreneur», calcule Michel Pinault.

«La bonne nouvelle, c’est qu’on commence à connaître un ralentissement (des demandes). Ça va nous permettre de raccourcir un peu les délais, mais ils vont rester importants encore quelques mois», estime-t-il.