Le projet de logements sociaux, doublé d’un centre de la petite enfance (CPE), de la rue Le Corbusier à Granby, est au cœur d’un important conflit.

L’OMH de Granby au coeur d'un conflit

Le projet de logements sociaux, doublé d’un centre de la petite enfance (CPE), de la rue Le Corbusier à Granby, est au cœur d’un important conflit qui oppose l’entrepreneur général chargé des travaux de construction à l’Office municipal d’habitation (OMH) de Granby ainsi qu’au CPE Nez-à-Nez.

Les travaux sont exécutés depuis l’été dernier, mais une poignée d’hypothèques légales ont été déposées au cours des derniers mois par des sous-traitants au projet, ainsi que par Axim Construction, maître d’œuvre du chantier.

Axim a aussi entrepris des démarches afin de publier cette semaine un préavis d’exercice de vente sous contrôle de justice, a appris La Voix de l’Est.

À l’heure actuelle, 22 des 24 logements construits en face du Centre régional intégré de formation (CRIF) sont occupés. La moitié des logements sont subventionnés et offerts à des personnes qui effectuent un retour aux études, l’autre à la communauté en général au prix médian du marché. Une partie des places du CPE adjacent est aussi réservée aux enfants qui habitent l’immeuble. Au total, le projet a engendré des coûts de quelque 3 millions de dollars.

Axim Construction réclame toutefois 934 000 $ à l’OMH et au CPE. Un demi-million serait prévu au contrat, mais n’a toujours pas été payé. Le reste de la somme est justifiée par les retards qui ont marqué le chantier, a affirmé l’avocate de l’entrepreneur de Saint-Jean-sur-Richelieu, Nadine Arseneault.

À partir du moment où le préavis d’exercice de vente sous contrôle de justice sera publié, l’OMH et le CPE disposeront de 60 jours pour délaisser les immeubles ou remédier au défaut de paiement. Sinon, « on devra prendre une requête à la cour pour faire vendre l’immeuble sous contrôle de justice », expose Me Arsenault.

La directrice générale de l’OMH de Granby, Sylvie Lafontaine, invite l’entrepreneur général à respecter ses obligations.

« Collé sur le contrat »
La directrice générale de l’OMH de Granby, Sylvie Lafontaine, invite cependant l’entrepreneur à respecter ses obligations. « L’important, c’est que tout le monde respecte les contrats. Nous, on se colle au contrat qu’on a signé. On est de bonne foi », a-t-elle déclaré.

« L’Office municipal n’est pas une entreprise privée. L’argent est là. L’argent attend juste d’être livré. Il y a vraiment zéro souci. Il faut juste respecter les contrats », a repris la DG de l’OMH.

Celle-ci reconnaît que des retards ont été observés sur le chantier. Selon elle, la question des coûts supplémentaires liés entre autres à la présence de roc plus importante que prévue a déjà été réglée. « On n’est pas là du tout, laisse tomber Sylvie Lafontaine. On est vraiment collé sur notre contrat. Et Axim a des obligations. (...) On n’est définitivement pas en train de regarder des extras. Tout est beau. Tout a été accepté jusqu’à date. Il n’y a pas de problème. »

L’entrepreneur serait responsable, selon elle, de faire lever les hypothèques légales déposées notamment par les entreprises responsables des travaux de maçonnerie et d’électricité. Mais « il ne le fait pas présentement », dit-elle.

« On souhaite en arriver à un règlement. On est ouverts à ça. Mais la seule façon, c’est de payer les sommes dues à l’entrepreneur. On trouve ça malheureux d’en être rendu à cette étape-là. Ce n’est pas usuel », réagit pour sa part Me Nadine Arseneault, d’Axim Construction.

Il s’agit donc là d’une embûche de plus pour l’OMH, car ce projet, qui a nécessité la participation de deux ministères (de la Famille ainsi que des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire), a déjà rencontré plusieurs obstacles au cours des sept années de démarches qui ont été nécessaires avant qu’il puisse voir le jour.

Il a été impossible de joindre la directrice générale du CPE Nez-à-Nez pour obtenir ses commentaires.