Le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska dénonce l’obligation imposée aux municipalités de céder gratuitement un terrain à un centre de services scolaires pour construire une école. «Oui, ça se faisait déjà, mais on n’avait pas besoin de l’avoir dans une loi, adoptée sous bâillon en plus», dit Paul Sarrazin.
Le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska dénonce l’obligation imposée aux municipalités de céder gratuitement un terrain à un centre de services scolaires pour construire une école. «Oui, ça se faisait déjà, mais on n’avait pas besoin de l’avoir dans une loi, adoptée sous bâillon en plus», dit Paul Sarrazin.

Loi 40 et autonomie des villes: «insultant», affirme Paul Sarrazin

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Aberrant. Insultant. Manque de respect. Le préfet de la MRC de la Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, ne mâche pas ses mots pour dénoncer le projet de loi 40, dénonçant cette fois-ci la perte d’autonomie des municipalités.

La loi 40 modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaire stipule que les villes ont désormais l’obligation de céder gratuitement un terrain à un centre de services scolaires qui en a besoin pour construire une école.

Même si cette pratique est déjà courante à l’extérieur des grandes villes, comme en Haute-Yamaska ou dans Brome-Missisquoi, M. Sarrazin dénonce le principe et le message qu’il envoie, soit de déconsidérer les municipalités.

« C’est un manque de respect et c’est insultant, dit-il. Oui, ça se faisait déjà, mais on n’avait pas besoin de l’avoir dans une loi, adoptée sous bâillon en plus. C’est aberrant. »

En plus de s’immiscer dans les affaires municipales, Québec contrevient à sa propre loi voulant que les municipalités doivent être consultées en matière d’aménagement du territoire.

De plus, il fait en sorte que la spéculation des terrains fera monter la facture pour les villes qui, en retour, devront en faire payer le prix aux contribuables. « Et le problème demeure entier si un promoteur ne veut pas vendre un terrain », dit le préfet.

En catimini

Paul Sarrazin estime que cet amendement à la loi 40 aurait dû s’appliquer uniquement aux grandes villes comme Montréal « là où ça [NB : la cession de terrain] va moins bien ».

Il reproche également au ministre d’avoir fait adopter la loi sous bâillon et en y ajoutant plusieurs amendements de dernière minute, dont celui concernant la cession de terrains par les municipalités aux centres de services scolaires.

« Pourquoi ça ne s’est pas fait en plein jour plutôt qu’à 2 h du matin dans un amendement de sept pages ? , demande M. Sarrazin. Si ce n’est pas de l’improvisation et de l’incompétence, je ne sais pas comment appeler ça. »

Par une résolution adoptée mercredi soir, le conseil des maires et la MRC de la Haute-Yamaska demandent à Québec de retirer cette disposition de la loi 40. Mais son préfet ne se berce pas d’illusions.

« Je ne pense pas qu’on ait des recours », dit M. Sarrazin, qui était aussi président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

« François Legault disait vouloir être humble et mieux communiquer, soupire-t-il. Est-ce que c’est ça, travailler ensemble ? Il est temps qu’il écoute les municipalités parce que là, nous sommes très méfiants. On a l’impression d’être traités comme du bétail. »