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Le projet de loi 31 a été adopté par l’Assemblée nationale le 17 mars 2020 et est entré en vigueur le lendemain. Puis, le 25 janvier 2021, ce sont les règlements venant élargir les activités professionnelles des pharmaciens qui sont entrés en vigueur.
Le projet de loi 31 a été adopté par l’Assemblée nationale le 17 mars 2020 et est entré en vigueur le lendemain. Puis, le 25 janvier 2021, ce sont les règlements venant élargir les activités professionnelles des pharmaciens qui sont entrés en vigueur.

Loi 31 : une plus grande « liberté » pour les pharmaciens

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
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La gamme de services que peuvent offrir les pharmaciens a été considérablement améliorée avec l’entrée en vigueur des règlements de la loi 31, modifiant la Loi sur la pharmacie, le 25 janvier dernier. De plus, bon nombre d’entre eux seront couverts par la RAMQ.

Le pharmacien de Granby derrière la plateforme de télésanté Question pour un pharmacien, Alexandre Chagnon, décrit cette étape comme l’octroi d’une plus grande «liberté» pour aider les patients à éviter une consultation médicale pour des situations relativement simples. «Depuis le 25 janvier, si un patient vient nous voir pour divers problèmes, on a plus de chances de pouvoir répondre à son besoin sans devoir l’envoyer chez le médecin pour avoir une prescription», illustre-t-il.

Les pharmaciens peuvent désormais prescrire un médicament pour certaines conditions médicales, si le médicament a été prescrit dans les dernières années (infection urinaire chez la femme, conjonctivite, muguet, eczéma, etc.), amorcer des traitements et prescrire un médicament (cessation tabagique, contraception orale d’urgence, pilule contraceptive pour 6 mois, antibiotique préventif pour la maladie de Lyme, nausées, etc.), prescrire un médicament dès les premiers symptômes du zona ou même la grippe, prolonger une ordonnance ou encore participer aux campagnes de vaccination. La liste complète est disponible sur le site de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Pour certaines de ces actions, le pharmacien devait obtenir l’autorisation préalable du médecin. Dorénavant, celui-ci peut informer le médecin après que le traitement soit commencé. «Cela fait que le service est plus rapide pour le patient et, surtout, on ne dérange pas le médecin pour des situations relativement simples», souligne Alexandre Chagnon.


« Ainsi, en mettant à profit la contribution des pharmaciens dans notre réseau de santé, nous anticipons une réduction de la pression sur la première ligne médicale de soins. Considérant le contexte de la COVID-19, il est d’autant plus important d’assurer que le bon patient soit traité par le bon professionnel, au bon moment. »
Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Le projet de loi 31 a été adopté par l’Assemblée nationale le 17 mars 2020 et est entré en vigueur le lendemain. Puis, le 25 janvier 2021, ce sont les règlements venant élargir les activités professionnelles des pharmaciens qui sont entrés en vigueur.

Abolition des frais de franchise et de coassurance

«Le plus grand avancement», selon Alexandre Chagnon, est toutefois l’abolition des frais de franchise et de coassurance pour les services cliniques en pharmacie puisqu’il met fin à un système de médecine «à deux vitesses». Depuis l’entrée en vigueur de la loi 41 en 2017, une personne aux prises avec une infection urinaire, par exemple, peut obtenir une prescription en consultant son pharmacien, mais les frais n’étaient pas couverts par la RAMQ comme lors d’une consultation avec un médecin.

Alexandre Chagnon, pharmacien derrière la plateforme de télésanté Question pour un pharmacien.

«On l’attendait depuis longtemps, indique pour sa part la pharmacienne Camille Thibault. C’était un frein aux activités qu’on peut faire, puisque beaucoup de gens ne voulaient pas payer ces frais-là, et je les comprends. C’est une grande avancée», témoigne celle qui travaille à la pharmacie Proxim située au 234, rue Denison Est, à Granby. Cette modification à la loi permettra d’entamer certains traitements plus rapidement, ce qui diminuera le stress vécu par les patients, ajoute-t-elle.

L’abolition de ces frais représente un investissement total de 17 M$ par année pour le gouvernement. Québec espère que cette décision permettra de réduire l’attente pour consulter un médecin et obtenir une prescription.

«Les contributions financières mises en place par les précédents gouvernements ont malheureusement amené plusieurs patients à refuser les services du pharmacien», a déclaré le ministre de la Santé, Christian Dubé, lors de l’annonce de l’entrée en vigueur des règlements de la nouvelle loi, la semaine dernière. «Notre gouvernement change les règles du jeu, et ce, dès le mois de janvier. Ainsi, en mettant à profit la contribution des pharmaciens dans notre réseau de santé, nous anticipons une réduction de la pression sur la première ligne médicale de soins. Considérant le contexte de la COVID-19, il est d’autant plus important d’assurer que le bon patient soit traité par le bon professionnel, au bon moment.»

Un projet-pilote pour désengorger info-santé

Questions pour un pharmacien participe depuis le mois de septembre à un projet-pilote visant à désengorger Info-Santé. Les infirmières qui répondent aux appels faits au 8-1-1 sont confrontées à des questions qui concernent la médication dans 4% des cas.

Le projet-pilote vise donc à créer un lien numérique entre Info-Santé et les pharmacies communautaires. Québec paie les pharmaciens 10$ par question redirigée. Trois chercheurs du Centre hospitalier de l’Université de Montréal se sont associés au projet, puisqu’un tel système de redirection entre un service gouvernemental (Info-Santé) et les pharmacies représente une première mondiale.

Le projet connaît un départ plutôt lent jusqu’à présent. Alexandre Chagnon s’attendait à ce qu’une centaine d’appels soient transférés vers la plateforme de télésanté chaque semaine, mais la barre des 100 redirections n’a été franchie que récemment. «Le changement de comportement, ça prend du temps», note-t-il, lui qui espère que la Loi 31 contribuera à augmenter les transferts.