Une quarantaine de manifestants se sont rendus en autobus devant les bureaux du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel, jeudi après-midi, pour mettre de la pression sur le gouvernement Legault afin qu’il y ait une augmentation du financement pour le logement social en vue du budget 2020, qui sera présenté le 10 mars prochain.

Logement social: une caravane de manifestants débarque à Granby

Une quarantaine de manifestants se sont rendus en autobus devant les bureaux du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel, jeudi après-midi. Ils font partie des dix caravanes « Pour du logement social maintenant ! » du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) qui sillonnent le Québec et s’arrêtent dans les différents bureaux de circonscription des membres du cabinet Legault.

Leur objectif : mettre de la pression sur le gouvernement caquiste pour qu’il y ait une augmentation du financement pour le logement social en vue du budget 2020, qui sera déposé le 10 mars prochain.

Mais la demande du FRAPRU ne s’arrête pas à un montant d’argent, mais s’étend plutôt à un nombre de logements sociaux, considérant les variations dans les coûts de construction.

Le FRAPRU réclame donc un grand chantier de 50 000 nouveaux logements sociaux qui verraient le jour d’ici 5 ans.

« C’est d’avoir une planification de développement de logements sociaux, précise l’organisatrice du FRAPRU, Catherine Lussier. Dans le dernier budget, la CAQ s’était engagée à livrer les 15 000 logements qui étaient toujours pris dans la machine et qui n’avaient toujours pas été livrés par AccèsLogis dans les 10 dernières années. Ils ont mis les sommes nécessaires [ 260 millions,] pour le faire, mais leur engagement est sur trop long terme, alors que les besoins sont maintenant et ils ne se sont pas engagés à construire de nouvelles unités de logement. »

Les dix caravanes parties de Rouyn-Noranda, Gatineau, Saint-Constant, Sherbrooke, Montréal, Longueuil, Saguenay, Mont-Joli, Shawinigan et Trois-Rivières se sont donné rendez-vous devant l’Assemblée nationale vendredi.

Le ministre Bonnardel n’était pas à son bureau de circonscription jeudi. C’est son attaché de presse qui s’est rendu sur place pour récupérer l’enveloppe prébudgétaire des revendications du FRAPRU. Il n’a pas souhaité émettre de commentaire, indiquant qu’il était uniquement présent pour écouter les manifestants.

La crise du logement en chiffres

« Ce qu’on constate dans la plupart des municipalités, dont Granby, c’est qu’il y a eu une chute importante dans le taux d’inoccupation », affirme Catherine Lussier.

L’organisatrice du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Catherine Lussier, plaide pour une augmentation des budgets prévus pour les logements sociaux et des engagements en matière de construction de logements sociaux.

Selon des chiffres de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) rapportés par Mme Lussier, le taux d’inoccupation de logement à Granby serait passé de 1,4 % à 0,9 %, alors qu’un taux équilibré se situerait autour de 3 %. « Les taux d’inoccupation se sont aggravés, et ce, dans toutes les régions », souligne Catherine Lussier.

Le prix d’un loyer moyen à Granby a augmenté de 7,6 % dans la dernière année seulement, soit près de quatre fois l’inflation, note le FRAPRU. « Il faut un contrôle sur le prix des loyers », plaide Mme Lussier.

L’Association féminine d’éducation et d’action sociale (AFEAS) manifestait aussi devant les bureaux au 650 rue Principale à Granby. « En raison de leur revenu, toujours plus bas, les femmes sont plus à risque de vivre des problèmes de logement », avance Catherine Lussier.

L’écart de revenus entre les hommes et les femmes est de 6078 $ dans la province, alors qu’il est de 6965 $ à Granby, selon des données issues d’une commande spéciale du FRAPRU faite à Statistiques Canada.

Responsabilité de tous les ministères

Tous les ministères ont une forme de responsabilité dans la crise du logement, plaide Catherine Lussier.

Plus tôt dans la journée, la caravane de manifestants a ainsi fait un arrêt aux bureaux de circonscription de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, à Saint-Constant. « Le logement est un déterminant social de la santé : il a un impact sur les conditions de santé des gens, et donc sur les soins dont ils auront besoin », avance-t-elle.

Le FRAPRU interpelle aussi M. Bonnardel sur les dossiers du REM et du tramway à Québec, qui engendrent beaucoup de spéculation immobilière, mettant une pression à la hausse sur les prix des logements dans ces secteurs.

Mercredi, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a indiqué qu’elle était au fait de la situation, que des engagements avaient été pris et qu’elle considérait ce dossier comme prioritaire. « Ce n’est pas suffisant, estime Catherine Lussier. Il faut des actions. On s’attend à un pire 1er juillet que l’année dernière, avec encore plus de gens qui risquent de se retrouver à la rue. On veut que des mesures d’urgence soient mises en place pour prévenir ce qui s’en vient. »

Des ressources disponibles

Les locataires qui sont aux prises avec des hausses de loyer qu’ils jugent exagérées ou qui les poussent à la rue peuvent communiquer avec le comité de logement de leur secteur pour les guider dans les procédures avec la Régie du logement.

Dans la région de Granby, c’est l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) Montérégie-Est qui peut offrir ses conseils. L’organisme dessert les MRC d’Acton, Brome-Missisquoi, Haute-Yamaska, Les Maskoutains, Rouville et Pierre-De Saurel.