La venue de congressistes et de convives de l’extérieur de la région au futur pavillon du Zoo profitera aux restaurateurs et hôteliers de Granby et des environs, assure le directeur général de l’organisme, Paul Gosselin.

Location de salles au Zoo: les hôteliers en profiteront

Les hôtels de Granby et des environs ne pâtiront pas des visées expansionnistes du Zoo de Granby pour organiser des rencontres d’affaires et des événements mondains. Ils en profiteront en accueillant davantage de clients, soutient le directeur général du Jardin zoologique, Paul Gosselin.

Le nouveau pavillon d’affaires du Zoo, en construction près de l’Amazoo, attirera des clients de l’extérieur de la région à la recherche de locaux pour y tenir toutes sortes d’événements, explique M. Gosselin. « Nos chiffres montrent que 70 % de nos clientèles d’affaires et des gens qui viennent chez nous pour organiser leur mariage vivent à 30 kilomètres et plus. Ils viennent de Montréal, de la Rive-Sud, de Saint-Hyacinthe », a-t-il affirmé en entrevue à La Voix de l’Est.

Les hôteliers granbyens qui offrent des salles en location pour des rencontres et des événements sociaux n’ont pas à craindre de voir leurs affaires affectées, a indiqué le grand patron du Zoo. « Il y a une grande demande pour la location de nos salles de rencontre. On n’y répond pas. On pense que notre investissement va profiter à tous parce que les gens vont aller après dans les restaurants, vont aller à l’hôtel. »

M. Gosselin réagissait lundi aux inquiétudes exprimées la semaine dernière par la directrice générale de l’hôtel Castel, Louise Bouthiette. La dirigeante s’interrogeait sur la compatibilité entre la mission de conservation et d’éducation du Zoo, d’une part, et, d’autre part, la location de salles pour y tenir des rencontres et événements sociaux. Elle estimait que cette nouvelle offre de services nuirait aux établissements qui œuvrent déjà dans ce domaine, comme le sien.

« [...] C’est tout à fait commercial ce qu’ils font. C’est dans la lignée de ce que fait l’entreprise privée. Ça n’a pas de lien avec les animaux », soutenait Mme Bouthiette. L’incursion du Zoo est une forme de concurrence déloyale, plaidait-elle en substance.

Le lien entre la construction d’un pavillon dédié à l’organisation d’événements d’affaires et sociaux et la mission du Zoo est direct, assure M. Gosselin. Les revenus générés par la location de salles permettront à l’organisme de poursuivre son développement, entre autres choses, de moderniser les enclos des animaux, les installations et équipements pour leur bien-être, et de hausser le budget consacré aux projets extérieurs de protection de la faune, dit-il.

Pour l’heure, le Zoo consacre 375 000 $ à des projets de préservation de la faune à l’extérieur des murs de l’établissement. Des projets sont notamment en cours pour réintroduire des tortues molles à épine dans la rivière aux Brochets à Pike River, pour rétablir la population de chauves-souris dans la région et pour protéger les populations de gorilles et d’éléphants au Cameroun.

L’Association of Zoos and Aquariums, à laquelle est associée le Zoo, recommande à ses membres d’investir 3 % de leur budget associé aux animaux à des projets externes de conservation et de protection animalière. L’établissement de la rue Saint-Hubert est à 2 %. Son intention est de dépasser la cible en 2030 alors que 747 000 $ seront investis annuellement, a dit M. Gosselin.

Forte demande

Le Zoo s’avère un endroit recherché par les organisateurs de rencontres et d’événements sociaux. L’an dernier, la location de salles lui a permis d’engranger des revenus de 1,7 million de dollars, selon les données fournies. C’est une hausse de 85 % en quatre ans.

L’équipe marketing du Zoo fera son travail pour faire connaître le nouveau pavillon auprès des associations et regroupements professionnels, dit M. Gosselin. L’endroit offrira des salles de 300 et 500 places en plus d’une douzaine de petites salles de rencontre. « On veut que tous ces gens viennent à Granby pour tenir leurs rencontres. On va avoir de la place. »

Le futur pavillon, qui nécessite un investissement de 3,4 millions de dollars, accueillera son premier congrès en septembre. Une centaine de registraires de jardins zoologiques de partout au monde séjourneront à Granby pendant trois jours. Ces professionnels sont responsables de colliger toutes les informations sur les animaux de leur établissement, ce qui inclut des données sur leur génétique, leur diète, et de les consigner dans un journal. Des conférences sont prévues ainsi que des ateliers. Il y a aussi une journée libre. « On va leur proposer plusieurs activités pour leur faire découvrir la région », signale M. Gosselin.