L'OBV Yamaska demande 190 000 $ à Environnement et Changement climatique Canada pour découvrir les sources de contaminants chimiques dans des rivières de la région.

L'OBV veut réduire les contaminants dans la Yamaska

L'Organisme de bassin versant de la Yamaska veut développer des outils pour repérer les contaminants chimiques qui se rendent dans les rivières de la région. Il sollicite l'aide financière du fédéral pour y arriver.
Zoë Ipiña, coordonnatrice de projets à l'OBV Yamaska
L'organisation veut regrouper des experts universitaires et municipaux ainsi que des industriels pour identifier les contaminants chimiques qui se retrouvent dans des sections de la rivière, explique Zoë Ipiña, coordonnatrice de projets à l'OBV Yamaska. « Il faut créer un rapprochement entre tous ces gens pour évaluer les risques industriels et trouver des solutions. C'est là qu'il faut en arriver. »
Cette initiative de l'OBV découle d'une étude dévoilée en début d'année par le ministère de l'Environnement du Québec. Celle-ci révélait qu'une dizaine de substances chimiques jamais jusqu'alors répertoriées avaient été détectées dans les rivières Yamaska Nord à Granby, Yamaska­ Sud-Est à Cowansville­ et Le Renne à Acton Vale. Ces substances, entre autres des BCP, soulignait l'étude, polluent non seulement l'eau, mais ont des effets néfastes sur les poissons et les piscivores, soit les oiseaux qui s'en nourrissent.
Le travail des universitaires, des employés des municipalités responsables des infrastructures et des industriels consisterait à mettre à jour la liste des produits chimiques utilisés dans les parcs industriels, indique Mme Ipiña. Les sources des produits à bannir dans les procédés industriels pourraient alors être identifiées plus facilement.
Un projet-pilote mené au milieu des années 2000 dans le parc industriel de Granby a permis de réduire de beaucoup la contamination chimique de la rivière Yamaska Nord, a-t-elle rappelé.
Le projet comporte aussi un volet d'échantillonnage. Les données de l'étude du ministère datant de 2011, il serait pertinent d'obtenir des informations plus récentes, fait remarquer la biologiste. Outre les trois rivières déjà ciblées, l'échantillonnage pourrait être étendu à d'autres secteurs de la rivière Yamaska, dont Bromont qui possède un parc industriel, a-t-elle dit.
Subvention du fédéral
L'OBV a déposé une demande de subvention de 190 000 $ auprès d'Environnement et Changement climatique Canada­, a dit Mme Ipiña. Le programme visé est le Fonds pour dommages à l'environnement. Il est financé par des amendes imposées­ à des pollueurs.
Les responsables de l'organisme sans but lucratif sollicitent l'appui des municipalités du bassin versant pour obtenir cette subvention. Elles ont jusqu'au 20 septembre pour le faire.
En plus de cette subvention, l'OBV demandera aux municipalités de s'engager financièrement pour que son projet se concrétise. Il souhaite obtenir 45 000 $ de leur part.
Le ministère de l'Environ­nement du Québec avait indiqué à La Voix de l'Est en juillet qu'il n'investiguera pas pour trouver les sources de ces contaminants et n'effectuera pas non plus de suivi des rivières affectées.