La Commission mixte internationale veut que l’OBV baie Missisquoi analyse toutes les études portant sur la dégradation de la baie.

L’OBV recensera les connaissances sur la baie Missisquoi

L’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi fera la recension de toutes les connaissances acquises sur les problèmes de la dégradation de la qualité de l’eau de la baie pour le compte de la Commission mixte internationale (CMI). Son rapport pourrait orienter les futurs efforts pour améliorer l’état du plan d’eau.

« C’est un très gros mandat pour nous. Mais c’est un très beau défi », s’est réjouie Johanne Bérubé, directrice générale de l’OBV baie Missisquoi. « On va voir ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et ce qu’on peut faire pour s’améliorer. C’est un bon moment pour faire le point. »

Le mandat consistera à rassembler « tous les travaux de recherche, rapports scientifiques, mesures d’atténuation, initiatives de restauration, réglementations, pratiques agricoles et municipales, programmes et politiques gouvernementales » concernant la baie. Ceux-ci seront analysés dans le but de faire le point sur la situation actuelle, a expliqué Mme Bérubé mardi en entrevue. Ce travail de recherche pourrait ramener l’équipe de l’OBV jusque dans les années 70.

Les chercheurs et experts, les représentants d’organismes et de municipalités qui ont travaillé sur des études ou des projets seront aussi rencontrés, a dit Mme Bérubé. « Est-ce que nos gestes ont été efficaces ? Où sont nos lacunes ? Comment peut-on mieux faire les choses ? On va leur en parler », souligne Mme Bérubé.

L’OBV s’intéressera également à des plans d’eau similaires ailleurs au Canada et en Europe. « On veut voir ce qui se fait ailleurs avec des comparables. Ça peut nous aider ici à réduire les contaminants qui se retrouvent dans la baie », a-t-elle souligné.

Simultanément, l’équipe du Lake Champlain Bassin Program (LCBP) effectuera le même travail de recension pour des connaissances acquises sur le lac Champlain.

Pas de budget supplémentaire
La CMI, l’organisme canado-américain responsable de la gestion de ce lac transfrontalier, n’obtiendra pas de budget supplémentaire des deux gouvernements pour réaliser ce travail de recension. Le mois dernier, le député de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, avait déploré que les deux États membres n’aient pas prévu de budget pour étudier la qualité de l’eau du lac Champlain.

La DG n’a pu dire combien coûtera le rapport. L’OBV baie Missisquoi facturera ses heures de recherche à la CMI, a-t-elle dit. Un plan de travail sera déposé à la fin du mois de mars. Le rapport final devrait être prêt à l’été 2019, a-t-elle indiqué.

La CMI utilisera ce rapport ainsi que celui du LCBP pour élaborer des recommandations afin de réduire la charge de nutriments dans la baie et dans le lac. Il s’agit là du principal vecteur de la dégradation de ces plans d’eau, soutient Mme Bérubé. Les recommandations seront présentées aux ministres des Affaires étrangères des deux pays à la fin de 2019.