Le camelot suttonnais de <em>L’Itinéraire</em>, Bertrand Derome, était plus que ravi d’annoncer récemment à <em>La Voix de l’Est</em> qu’il reprendrait sous peu du service.
Le camelot suttonnais de <em>L’Itinéraire</em>, Bertrand Derome, était plus que ravi d’annoncer récemment à <em>La Voix de l’Est</em> qu’il reprendrait sous peu du service.

L’Itinéraire de retour dans les rues à Sutton et Granby

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Après avoir suivi une formation sur les mesures sanitaires à adopter pour vendre le magazine de rue de façon sécuritaire, les camelots de L’Itinéraire seront de retour au coin des rues à compter de mardi prochain, le 8 septembre. Du lot, notons évidemment Bertrand Derome, qui sera à nouveau sur la rue Principale à Sutton, et à Granby.

Voilà cinq mois que les camelots, des individus en situation d’itinérance ou s’en étant sorties, ne pouvaient pas vendre le magazine.

Pour Bertrand Derome, cela s’est avéré une éternité. Il a trouvé l’été bien long. Le principal intéressé était donc plus que ravi d’annoncer récemment à La Voix de l’Est qu’il reprendrait sous peu du service. «Il était temps, parce que j’ai pigé pas mal dans mon bas de laine!» lance avec humour le sympathique camelot.

Comme lui, environ 90 camelots pourront retourner sur le terrain à compter de mardi, à la suite d’une formation d’environ 1h30 qui leur a été prodiguée par un de leurs pairs en petits groupes. «Elle était spécifiquement adaptée aux camelots et à leur réalité et a été élaborée en suivant les protocoles de la CNESST et de la santé publique», explique Luc Desjardins, directeur général et éditeur de L’Itinéraire.

Cette formation visait à inculquer aux camelots des techniques de vente en accord avec la distanciation physique à observer depuis le début de la pandémie. Elle a aussi permis d’atténuer certaines inquiétudes manifestées par des camelots.

En raison de sa situation géographique plutôt éloignée du centre-ville de Montréal, Bertrand Derome n’a pas encore suivi la formation, qui lui sera prodiguée sous peu par une équipe d’intervention qui se déplacera dans la région spécialement à cet effet. «On lui a quand même expliqué les grandes lignes par téléphone pour qu’il puisse quand même reprendre ses ventes d’ici à ce qu’on aille lui rendre visite», indique M. Desjardins.

Tous les camelots se sont aussi faits remettre une trousse de produits destinés à des ventes en toute sécurité. Elle contient entre autres un couvre-visage réutilisable à l’effigie du magazine, quelques masques jetables, du gel désinfectant et des gants. Les camelots se sont aussi fait remettre une copie de la manchette plastifiée du magazine, ce qui leur évite de manipuler une édition à vendre.

La totalité des revenus provenant de la vente du magazine sera remise aux camelots, qui n’ont pas eu à débourser pour s’en procurer des exemplaires ce mois-ci. «On voit ça comme un investissement et un coup de pouce pour les aider à reprendre le dessus», indique M. Desjardins.

Des dons et bientôt le paiement sans contact

Pas question de se tourner les pouces pendant la pandémie. Même si le magazine de rue n’était plus en vente au coin des rues, L’Itinéraire a continué de publier, mais sous un format numérique. Il était possible de consulter cette version électronique moyennant un don, une initiative qui a connu sa part de succès. «Ça a très bien fonctionné, alors on va maintenir cette option-là», mentionne Luc Desjardins.

À cela s’ajoute la possibilité de payer sans contact pour éviter la manipulation d’argent comptant. À Sutton et Granby, il faudra toutefois attendre encore quelques semaines, puisque la formation que devait suivre M. Derome à cet effet a été retardée en raison de la pandémie.