Le chef du PQ, Jean-François Lisée et la vice-cheffe Véronique Hivon étaient de passage à Acton Vale en compagnie de quelques candidats de leur parti: Nicolas Marceau (Rousseau), Sylvain Gaudreault (Jonquière), Daniel Breton (Saint-Hyacinthe, absent sur la photo), Jacques Tétreault (Johnson), Normand Beauregard (Louis-Hébert), Diane Roy (Drummond–Bois-Francs) et Frédérique St-Jean, présidente du comité national des jeunes du PQ.

Lisée veut injecter 3 G$ pour la dette environnementale

Alors que la campagne électorale tire à sa fin, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée est venu faire un tour dans la région, plus précisément à Acton Vale, pour annoncer qu’un gouvernement péquiste s’attaquerait à la dette environnementale en la réduisant à l’aide des surplus budgétaires.

La dette environnementale représente tous les terrains contaminés, les rivières polluées, les berges dégradées et les terrains abandonnés par des entreprises qui ont fait faillite. 

Le parti voudrait d’abord calculer la dette pour ensuite la rembourser. « C’est un cumul et nous n’avons pas la mesure exacte. La première chose que nous allons faire c’est de prendre la mesure exacte de cette dette et faire un suivi : est-ce qu’elle augmente ; est-ce qu’elle se réduit ? », a expliqué le chef du PQ. 

Selon le cadre financier du PQ, le Québec disposerait d’un surplus de 5 milliards de dollars. Sans laisser la réserve de stabilisation descendre sous la barre des 2 G$, c’est 3G$ qui irait à la dette environnementale par l’entremise de la création du Fonds du patrimoine environnemental, et ce, sans puiser dans le Fonds des générations. 

M. Lisée assure que si à la fin de son premier mandat son gouvernement a cumulé 3G$ de surplus, il pourra décontaminer tous les terrains contaminés au Québec.

Le parti optera pour les actions qui ont le plus grand impact sur la dette. « C’est le Fonds du patrimoine environnemental qui gérera ces sommes et qui verra en terme de priorités de l’utiliser pour réduire la dette », a déclaré M. Lisée

Les péquistes considèrent que le surplus d’argent ne devrait pas aller à la dette financière puisqu’un programme précis existe déjà à cet effet. 

« Nos enfants commencent à être très insistants sur la planète qu’on leur laisse et ils ont raison », a lancé le père de cinq enfants.

Responsabilité partagée

Selon Nicolas Marceau, candidat dans Rousseau à Lanaudière, la dette environnementale se chiffrerait à 3,1 G$. Un gouvernement péquiste viserait à élargir la définition de la dette environnementale pour englober plus d’éléments (rétablir un écosystème, rétablir la qualité de l’eau dans une rivière, etc.) dans son remboursement. Il voudrait également attribuer une responsabilité aux entreprises privées qui ont contaminé un terrain.

De plus, le parti ferait en sorte qu’aucun permis ne soit délivré à une nouvelle exploitation minière si elle refuse de verser dans un fonds une somme équivalente à celle qui sera nécessaire pour rétablir le site après sa fermeture, par exemple. 

« Ce fonds-là est indépendant de la vie corporative de la compagnie. Donc, même si la compagnie fait faillite, le fonds reste », a précisé Jean-François Lisée. 

L’enjeu est de s’assurer que le « ministre responsable passe à l’action en faisant des ordonnances à l’égard des entreprises qui sont délinquantes », a poursuivi Sylvain Gaudreault, candidat dans Jonquière au Saguenay.

Ce dernier a évoqué le fait que des entreprises qui ont contaminé des terrains se retrouvent souvent aux frais de l’État puisqu’elles « ont quitté le site sans payer et ont laissé derrière [elles] des sites contaminés orphelins. » Il a d’ailleurs reproché aux libéraux d’avoir tardé à appliquer ces ordonnances.

Transport en commun en région

Au sujet des transports en commun sous-développés en région, M. Lisée a dit vouloir investir « entre 900 millions et 1 milliard pour l’ensemble des projets de transports en commun dans toutes les régions. »

Un gouvernement péquiste voudrait faire des appels de propositions auprès de toutes les régions pour savoir quelles villes veulent augmenter l’offre de transport.

En guise de levier aux projets, le chef du PQ mentionne que son gouvernement aurait recours aux fonds sous-utilisés par le fédéral. 

Libération des régions

Y a-t-il un engagement du PQ qui rejoint les régions ? « La liberté pour les régions », a rétorqué M. Lisée. Celui-ci souhaite non seulement rétablir le budget du développement régional où il « manque 77 millions de dollars », mais il voudrait aussi attribuer les budgets aux régions pour une période de quatre ans. « On va leur dire :“Appelez-nous plus à Québec, demandez-nous plus de permissions. La reddition de compte vous allez la faire avec votre vérificateur général” », a-t-il imagé. Le chef du PQ veut « arrêter le ping-pong administratif avec Québec ». 

« Imaginez la libération et l’énergie que ça va donner, a-t-il dit. Si les régions sont libres, elles vont prendre le goût de la liberté et vont vouloir un Québec libre », a conclu le chef du PQ en point de presse.