« Je ne suis pas ici pour dire aux gens quoi faire, quoi ne pas faire. Je vais parler de moi, en espérant qu’il y ait des points qui les touchent, qui les sensibilisent », a indiqué Étienne Boulay.

L’intense bataille d’Étienne Boulay

L’ex-footballeur Étienne Boulay est revenu sur les hauts et les bas qui ont marqué son parcours, lors d’une conférence tenue lundi soir au Palace de Granby. Il répondait ainsi à l’invitation du Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska (CPSHY).

« Je ne suis pas ici pour dire aux gens quoi faire, quoi ne pas faire. Je vais parler de moi, en espérant qu’il y ait des points qui les touchent, qui les sensibilisent », a indiqué l’ancien joueur des Alouettes de Montréal en entrevue avec La Voix de l’Est, quelques minutes avant de monter sur scène.

« [...] Je ne suis pas un psychologue, un thérapeute, ni un expert. Mais j’ai une histoire et je crois qu’elle vaut la peine d’être racontée. Parce qu’il y a quelques années, je pensais être en plein contrôle de ma vie. Que je n’aurais jamais ce genre de problèmes. Mais c’est arrivé. »

À l’été 2015, Boulay révélait avoir déjà tenté de s’enlever la vie. Une faillite, une séparation houleuse, une dépression majeure et sa dépendance à l’alcool ont entraîné le natif de Montréal-Nord dans une spirale infernale. La période ayant suivi l’annonce de sa retraite, en 2013, a été particulièrement difficile.

Un jour, il s’est réveillé « branché sur des machines à l’hôpital » après une tentative de suicide infructueuse.

« Mon côté excessif m’a aidé à percer, à me démarquer et à atteindre des sommets inégalés. Mais il m’a également aidé à m’autodétruire », a souligné le principal intéressé.

« Prendre les bonnes décisions »
Signe que lutter contre ses problèmes de dépendance représente une bataille de tous les instants, Étienne Boulay a rechuté à la fin de 2016. Après un nouveau séjour en thérapie, il espère maintenant que le pire est derrière lui.

« Une fois que la porte est ouverte, c’est très difficile de la refermer. Mais à force de te planter, d’essayer de gérer ça seul et de ne pas réussir, tu viens à la conclusion que tu as besoin d’aide. Et j’ai dû aller la chercher », a résumé l’homme de 34 ans.

« En faisant cette conférence, je me rappelle d’où je viens et où je ne veux pas aller. Ça va peut-être faire en sorte que, quand je vais rentrer chez moi ce soir, je vais prendre de bonnes décisions. »

Les hommes ciblés
Directeur du CPSHY, Yves Bélanger a offert un aperçu des raisons qui ont guidé le choix d’Étienne Boulay comme conférencier.

« On cherchait quelqu’un qui peut rejoindre les jeunes, et particulièrement les hommes. [...] Parce qu’au Québec, le taux de suicide, c’est à 80 % des hommes », a mentionné l’ex-candidat à la maire de Granby.

« On voulait avoir quelqu’un qui a traversé différents échecs, épreuves et refus. Et qui a rebondi malgré les difficultés rencontrées. »

Les organisateurs avaient visé juste puisque 750 billets gratuits ont trouvé preneurs.Les spectateurs étaient invités à faire des dons à leur sortie du Palace. Par le biais de cette conférence annuelle, le CPSHY souhaite avant tout offrir des pistes de solutions. « On veut parler de facteurs de protection pour que les gens aient des outils dans leur coffre pour pouvoir rebondir, et surtout solliciter de l’aide au bon moment. »

Notons que la 28e Semaine nationale de prévention du suicide se déroulera du 4 au 10 février prochain.