«La majorité des mags sont non seulement bossés, mais ils sont craqués», affirme Dave Farand, d’Usinage Farand à Granby.

L’impact des nids-de-poule

La prolifération des nids-de-poule dans la chaussée cette année a un impact direct dans les garages, qui ont vu le nombre de pneus et de suspensions à réparer bondir. Même chose aux services juridiques de la Ville de Granby, où le nombre de réclamations est en forte augmentation.

« En 2017, on a eu huit réclamations (pour des dommages aux voitures liés aux nids-de-poule). En 2018, on en a eu 11 et en 2019, on en a reçu 26 à date », laisse savoir la directrice des services juridiques, Catherine Bouchard.

Selon elle, l’article 604.1 de la Loi sur les cités et villes s’applique cependant dans de telles circonstances. Et il prévoit que les municipalités ne sont « pas responsables des dommages causés par l’état de la chaussée ou de la voie cyclable aux pneus ou au système de suspension d’un véhicule ». C’est d’ailleurs la réponse qu’envoie la Ville lorsqu’elle reçoit une réclamation pour ce type d’événement.

Cette disposition de la Loi laisse toutefois un goût amer à Luc Lange, un résidant de Roxton Pond, également propriétaire à Granby, qui a endommagé sa voiture au début du mois en roulant dans un nid-de-poule de la rue Saint-Jude, à Granby.

« Je ne conçois pas de payer des taxes pour l’entretien des rues et de ne pas pouvoir me faire rembourser si la job n’est pas faite. (...) C’est extrêmement frustrant. On n’a aucun recours », a déploré le citoyen dans un commentaire qu’il a fait parvenir à La Voix de l’Est. Il dit avoir dû débourser 150 $ pour faire réparer le pneu de sa voiture.

Le malheur des uns...

Le département d’Usinage Farand à Granby dédié à la réparation de jantes de roues a du pain sur la planche ces temps-ci, confirme le propriétaire, Dave Farand. « C’est une très grosse année, lance-t-il. Cette année, la majorité des mags sont non seulement bossés, mais ils sont craqués. Nous devons donc les souder, en plus de les redresser. »

Habituellement, Usinage Farand répare cinq ou six jantes de roues par jour en moyenne durant la période printanière. « Mais cette semaine seulement, nous sommes rendus à 35 réparations d’effectuées », affirme M. Farand.

Les mécaniciens de la Clinique du pneu et mécanique à Granby sont aussi plus occupés qu’à l’habitude, selon l’un des aviseurs du commerce, Maxime Cliche. « Il doit y avoir le double de nids-de-poule cette année... », glisse-t-il.

« On a plus d’achalandage. Il y a beaucoup de roues brisées et de réparations de roues occasionnées par ça. Il y a aussi des pneus endommagés. (...) Ça nous donne plus de travail, mais ce n’est pas nécessairement du travail qu’on aime dans le sens où on trouve ça plate pour le client. Ce n’est pas de l’usure, c’est de la malchance », affirme Maxime Cliche.

Le colmatage des nids-de-poule est à l’agenda des travaux publics.

Longue liste

Le directeur des travaux publics à la Ville de Granby, François Méthot-Borduas, affirme que les journées ensoleillées du début de la semaine ont donné un bon coup de main aux équipes affectées au colmatage des trous.

« Quand il y a moins d’eau et que la chaussée est plus chaude, le matériel colle davantage à la surface. Ce qui nous évite de revenir plus régulièrement. Quand il y a de l’eau de ruissellement par la fonte des neiges et que les automobiles circulent directement dessus, le matériel reste moins longtemps », fait-il valoir.

Ce dernier reconnaît que la liste de trous à boucher est longue. L’hiver n’a pas été facile avec ses nombreuses variations de température. « La chaussée a réagi en conséquence », dit François Méthot-Borduas. La situation n’est d’ailleurs pas unique à Granby.

« La liste a diminué avec la fenêtre de beau temps qu’on a eu. Mais on va voir avec la neige et la pluie des prochains jours, il y en a peut-être d’autres qui vont sortir aussi. On n’est pas encore en période de dégel. La chaussée travaille encore... », dit-il.

Selon le directeur des travaux publics, de deux à quatre équipes sont à pied d’oeuvre, de jour et de nuit, pour colmater les nids-de-poule. Les ressources seront possiblement appelées à augmenter au cours des prochains jours.

L’équipement pour assécher les trous avant de procéder aux réparations a été bonifié cette année. De nouvelles techniques et de nouveaux produits sont aussi mis à l’essai, souligne-t-il.

Les signalements effectués par les citoyens permettent de bonifier la liste des travaux publics. François Méthot-Borduas affirme que les axes routiers les plus sollicités et où la vitesse y est plus élevée sont priorisés. Les réparations au réseau secondaire viennent par la suite.

L’heure n’est pas encore au bilan, mais le directeur des travaux publics confirme que le budget alloué à l’asphalte froid, utilisé à cette période-ci de l’année pour le colmatage de nids-de-poule, sera plus élevé qu’au cours des dernières années.