Les retailles de gazon ne pourront pas être déposées dans les bacs bruns sur le territoire de la MRC de Brome-Missisquoi. Les citoyens devront pratiquer l’herbicyclage.

L’herbicyclage est obligatoire

Les retailles de gazon ne pourront pas être déposées dans les bacs bruns sur le territoire de la MRC de Brome-Missisquoi. Les 21 municipalités s’apprêtent à interdire une telle pratique et inciteront plutôt leurs citoyens à pratiquer l’herbicyclage.

Le sujet continue de donner lieu à un débat entre les maires. Certains préféreraient simplifier la tâche à leurs concitoyens quand le service de collecte des matières organiques sera lancé cet automne en leur permettant d’utiliser les bacs bruns pour se débarrasser de leurs retailles de gazon. Une majorité s’y oppose toutefois, rappelant que la MRC encourage depuis de nombreuses années l’herbicyclage. Il faut dire que l’objectif était alors d’éviter que cette matière ne se retrouve à l’enfouissement.

Le président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, Yves Lévesque, aurait aimé que les retailles de gazon soient incluses dans les matières acceptées dans les bacs bruns. La Régie a besoin de telles matières pour alimenter sa future plate-forme de compostage en construction. D’abord parce que l’herbe se transforme bien en compost, mais surtout parce qu’on parle d’un volume important de matières, dit-il. La grande raison est cependant d’ordre financier. « La subvention qu’on reçoit de Québec est en fonction du volume de matières qu’on va traiter », explique-t-il.

Le gouvernement québécois finance un programme de revalorisation des matières organiques par la filière du compostage ou de la biométhanisation. Une des bases de calcul est le volume de matières qui sont traitées. La Régie a opté pour le compostage. Elle a octroyé le 30 avril un contrat de 4,4 millions de dollars au Groupe Decavel pour construire une plate-forme capable de traiter 19 462 mètres carrés de matières.

Le ministère de l’Environnement verse une subvention de 2,750 millions de dollars pour réaliser le projet. La ministre Isabelle Melançon devrait s’arrêter à Cowansville dans les prochaines semaines pour officialiser l’annonce.

Malgré l’avantage financier d’acheminer des retailles de gazon vers la plate-forme de compostage, M. Lévesque est d’accord qu’il est préférable que ces matières restent au sol. Il parle en tant que maire de Bedford. « J’ai deux chapeaux. Mais celui de maire me dit que c’est la meilleure décision à prendre. On fait la promotion de l’herbicyclage depuis une dizaine d’années. Ne plus le faire, ça serait revenir en arrière et il ne faut pas en arriver à ça », a-t-il dit en entrevue.

À Dunham, on entend faire preuve de flexibilité. De petites quantités de retailles de gazon seront tolérées, a indiqué le maire Pierre Janecek. « On ne veut pas que les gens remplissent leurs bacs avec du gazon. Si on a des problèmes, on va mettre un règlement en place », dit-il.

La Ville de Bromont, qui offre déjà le service de bacs bruns, oblige depuis ce printemps ses citoyens à pratiquer l’herbicyclage.