Guy Dubuc, vice-président et cofondateur des Aliments ACTIV, qui produisent les mets Happy Yak.

L’exportation dans la mire des Aliments ACTIV

Bien implantée à Saint-Hyacinthe, l’entreprise Les Aliments ACTIV, qui a lancé la marque de nourriture lyophilisée pour le plein air Happy Yak, déménagera l’an prochain à Cowansville dans l’incubateur industriel, rue du Sud.

Les propriétaires de l’entreprise fondée officiellement en 2012, Christine Chénard et Guy Dubuc, avaient d’abord flirté avec l’idée de s’établir à Bromont, mais le duo a dû faire marche arrière pour diverses raisons.

Le Centre local de développement (CLD) a alors épaulé les Aliments ACTIV dans leurs recherches d’un nouvel emplacement. Les entrepreneurs ont jeté leur dévolu sur une partie de l’incubateur industriel de Cowansville qui, une fois aménagé, permettra de doubler leur superficie de travail.

« On double la superficie et la capacité de production va facilement être triplée, croit le vice-président M. Dubuc, rencontré dans les futurs locaux. On déménage, car où on est, on ne peut pas avoir les certifications alimentaires d’exportation. Ici, on va les avoir. Ça nous ouvre la planète au complet. »

M. Dubuc ne le cache pas, son entreprise a déjà une clientèle à l’extérieur du Canada. Récemment, un Espagnol lui a écrit pour commander des mets Happy Yak après en avoir goûté en Islande. Un Suisse a aussi commandé en ligne, tout comme l’équipage complet d’un voilier faisant la course du Trophée Jules Vernes. Pour toute commande en deçà de 800 $, il est possible d’envoyer des produits partout à travers le monde, souligne-t-il. Mais l’entreprise veut faire sa place chez les détaillants étrangers.

« L’objectif est tout simplement l’exportation. On a un produit de niche. Si on vendait chez les épiciers, il y en a 670 au Québec. Mais les magasins de plein air, il y en a... 120. Ce n’est pas la même grosseur de marché, donc il faut qu’on aille ailleurs. »

Les nouvelles installations répondront donc aux normes fédérales et à celles de contrôle de risques.

Croissance exponentielle

Un investissement d’environ un million de dollars est prévu pour aménager le site et pour l’achat d’équipements. L’objectif est que les installations soient en opération en mars 2019.

Les activités des Aliments ACTIV seront ensuite exponentielles, prévoit M. Dubuc. « Notre but est de doubler notre chiffre d’affaires à tous les ans, ou à-peu-près. En 2019, on prévoit une augmentation de 80% par rapport à 2018. »

Qui dit hausse de la production, dit création d’emplois. À Saint-Hyacinthe, deux personnes sont actuellement employées à temps plein. Elles ont toutes deux signifié leur intention de suivre l’entreprise dans son déménagement. Trois autres personnes sont à temps partiel.

Deux nouveaux postes à temps plein seront créés au printemps. Durant les cinq prochaines années, le vice-président espère que 10 à 15 personnes travailleront pour les Aliments ACTIV.

Jusque dans l’espace

Les mets Happy Yak se retrouvent de plus en plus dans les sacs d’expédition. Les aventuriers et randonneurs se tournent vers ces repas faits pour eux. Dans ce domaine, « on est les seuls Canadiens d’envergure. On se distingue par quelques petites choses importantes. Par exemple, on est faible en sel, haut en protéines, nos ingrédients sont de première qualité. On est les seuls à proposer des fruits de mer en Amérique du Nord. Puis, on s’assure que nos produits, on les aime. »

Il précise que les ingrédients sont choisis pour répondre aux besoins des aventuriers, comme une personne qui réalise une longue randonnée sur plusieurs jours.

« Nos mets sont élaborés par une maître nutritionniste, sportive, “pleinairiste” depuis plus de 20 ans », dit-il en parlant de Christine Chénard.

Les recettes peuvent même être modifiées selon les besoins des clients. Il donne en exemple un groupe de six personnes, le XP Antarctik, parti en expédition l’année dernière en Antarctique dans une zone non cartographiée.

« On a calculé selon leur poids, leur taille, leur âge, l’activité qu’ils allaient faire et l’environnement dans lequel ils étaient. Ils étaient pour brûler 6000 calories en moyenne par jour. On a augmenté l’apport calorique des recettes. Ils étaient suivis par le département de médecine de l’Université McGill et ils n’ont pas perdu de poids à leur retour. »

L’armée canadienne s’est aussi montrée intéressée par les produits Happy Yak. Des recettes spécifiques ont été développées pour les soldats qui participent à certaines missions. Des enveloppes de repas lyophilisées pourraient aussi se retrouver sur la Station spatiale internationale en 2019.