La soirée « À livre ouvert » invitait la population à venir écouter un chapitre du passé de Dominique, Marie-Andrée, Gilles et Céline à l’occasion de la Semaine de la santé mentale. Ils sont ici en compagnie du comité organisateur de l’Autre Versant.

Lever le voile sur les troubles de santé mentale

Parler de soi n’est pas toujours facile. Encore moins dans les moments sombres. Pourtant, quatre personnes vivant avec des problèmes mentaux ont décidé de le faire, mercredi soir, à la Bibliothèque Paul-O.-Trépanier. Organisée par l’Autre Versant, la soirée « À livre ouvert » invitait la population à venir écouter un chapitre du passé de Dominique, Marie-Andrée, Gilles et Céline à l’occasion de la Semaine de la santé mentale.

L’histoire de Gilles se présentait comme suit : « Ma vie est un scénario de film catastrophe ».

En faisant un parallèle avec les films de catastrophes, Gilles a raconté son parcours depuis qu’il a été diagnostiqué bipolaire à l’âge de 32 ans.

Gilles dormait une ou deux heures par nuit et travaillait 70 heures par semaine : deux signes précurseurs qui laissaient présager le pire. Du jour au lendemain, une catastrophe l’a frappé.

« Comme un tsunami, l’eau a monté, je ne l’ai pas vu venir et le courant m’a emporté. J’ai eu une perte de contrôle physique, émotionnelle et psychologique », a-t-il dit. Il s’est alors retrouvé au « camp des survivants », à l’hôpital, pour 35 jours.

« Ça a pris des années à accepter la maladie. Je me battais contre ma médication. J’avais déjà eu des pertes de contrôle émotionnel, mais pas mental. J’étais plus responsable de mes idées. Tout ce qui me passait par la tête était complètement absurde et incohérent. Ça ne m’était jamais arrivé », a-t-il ajouté.

En faisant un parallèle avec les films de catastrophes, Gilles raconte son parcours depuis qu’il a été diagnostiqué bipolaire à l’âge de 32 ans.

Les jours ont passé et Gilles a décidé de changer sa vie « du tout au tout ». Il a déménagé de Montréal pour venir s’installer à Granby avec son garçon autiste.

« Ça m’a sauvé la vie de faire ça. Si je n’avais pas eu l’Autre Versant, je n’aurais pas passé au travers de ma troisième crise. Ils m’ont donné les ressources pour composer avec mes états. »

Composer avec son état, Gilles doit le faire chaque jour. Il doit apprendre à gérer son stress et son anxiété.

« Je vis encore des épisodes, mais c’est par période. Par exemple, en avril, c’est l’anniversaire de ma crise. Alors, chaque mois d’avril, je ne me sens pas bien », a-t-il expliqué.

Et comme dans tout film de catastrophe, un message d’espoir en jaillit. Aujourd’hui, à 49 ans, Gilles affirme mieux se connaître et il se sent davantage outillé qu’il y a quelques années.

« C’est important pour nous que les histoires se terminent avec un message d’espoir, a mentionné Vincent-Pierre Choinière, intervenant à l’Autre Versant. Cet exercice, pour eux, c’est comme une thérapie. »

Organisée par l’Autre Versant, la soirée « À livre ouvert » invitait la population à venir écouter un chapitre du passé de Dominique, Marie-Andrée, Gilles et Céline à l’occasion de la Semaine de la santé mentale.

D’ailleurs, trois intervenants ont encadré les quatre « livres vivants » pour les aider à rédiger leurs histoires.

Après la venue d’une vingtaine de personnes, M. Choinière remarquait qu’elles étaient toutes curieuses et particulièrement touchées par les récits de vie du quatuor qui a levé le voile sur les troubles de santé mentale.