Le tribunal a condamné Bruno Montour à deux ans de prison pour avoir eu des conversations virtuelles avec deux adolescentes dans un but sexuel.
Le tribunal a condamné Bruno Montour à deux ans de prison pour avoir eu des conversations virtuelles avec deux adolescentes dans un but sexuel.

Leurre d’enfant: un homme de Farnham condamné à la prison

Un homme de Farnham, qui appâtait des mineurs dans un but sexuel, a été condamné à deux ans de prison, jeudi. Bruno Montour, 31 ans, sera également inscrit à vie au registre des délinquants sexuels et il lui sera interdit, à sa sortie du pénitencier, d’être en contact avec des mineurs pendant une période de cinq ans. Il devra aussi suivre une thérapie pour traiter sa déviance sexuelle.

Pendant plusieurs mois, en 2016, il a mené des conversations virtuelles, d’abord sur Facebook puis par texto, avec deux adolescentes de son entourage âgées de 12 et 13 ans. Avec l’une d’elles, il a échangé des milliers de messages.

Sa stratégie était la même pour les deux victimes: le ton, d’abord amical, devient romantique puis sexuel et insistant. M. Montour, qui prétendait avoir 20 ans, a par exemple demandé à l’une d’elles si elle était «déniaisée», ensuite si elle voulait faire «des trucs».

Il lui a aussi réclamé une photo coquine d’elle. Recevant une image du bout des jambes de l’adolescente, il lui a demandé si elle pouvait «faire mieux». Leurs échanges ont arrêté par la suite, la mère de cette plaignante ayant eu connaissance de leurs discussions et alerté la police.

«Heureusement, il n’y a pas eu de contacts sexuels», indique Me Laurence Bélanger, du bureau de la Couronne au palais de justice de Granby.

«Heureusement, il n’y a pas eu de contacts sexuels», dit Me Laurence Bélanger, du bureau de la Couronne au palais de justice de Granby.

Peu de regrets

Bien qu’il ait plaidé coupable aux accusations de leurre d’enfant et évité la tenue d’un procès, Bruno Montour a exprimé peu de regret face aux gestes qu’il a posés et se présente comme une victime, prétendant avoir été «piégé» par les jeunes filles.

«L’accusé prétend encore que c’est en suivant l’insistance des enfants qu’il s’est ainsi enlisé dans les infractions, ce que nient les jeunes filles», a souligné le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, en rendant sa sentence. Il a ajouté que les adolescentes ont vécu de «lourdes» conséquences à la suite de ces infractions.

De plus, l’accusé a récidivé après son arrestation, en octobre 2017, prenant contact avec une femme de 18 ans via Internet bien que ses conditions de remise en liberté lui interdisaient d’utiliser le réseau à cette fin.

La sentence imposée à Bruno Montour englobe donc une pléthore d’accusations de non-respect de ses conditions de remise en liberté, ainsi que des infractions de trafic et de possession de cannabis. Il en avait livré chez l’une des plaignantes et en avait en sa possession lors de son arrestation.

Il était détenu depuis le 2 juillet puisqu’il brillait par son absence lors d’une audience précédente où sa présence était requise. Par le biais de son avocat, Me Claude Olivier, l’accusé a d’ailleurs déposé une requête en Cour supérieure alléguant la partialité du juge Champoux dans son dossier ainsi qu’un «excès de compétence» concernant son incarcération hâtive.

Il n’avait pas d’antécédent judiciaire.