Le nouveau système d’alerte est basé sur un code de couleurs à quatre paliers, indiquant l’importance locale de l’infection à un moment précis.
Le nouveau système d’alerte est basé sur un code de couleurs à quatre paliers, indiquant l’importance locale de l’infection à un moment précis.

L’Estrie placée en mode «préalerte»

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
L’Estrie est l’une des quatre régions placées en mode « préalerte » par le gouvernement du Québec en raison de l’évolution de la pandémie. Les autres régions ciblées sont la Capitale-Nationale, l’Outaouais et Laval. Les 14 autres régions sociosanitaires se trouvent dans le vert, en mode vigilance.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, espère toutefois que l’Estrie virera au vert, au palier 1, dès la mise à jour de lundi prochain.

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L’Estrie retombe sous le seuil des dix nouveaux cas par jour

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a dévoilé mardi que le gouvernement veut intervenir désormais sur une base régionale plus ciblée, en modulant les mesures en fonction du degré de propagation du virus. 

Le nouveau système d’alerte est basé sur un code de couleurs à quatre paliers, indiquant l’importance locale de l’infection à un moment précis. Une mise à jour sera effectuée chaque semaine.

Les situations seront classées selon les couleurs suivantes : palier 1, code vert (mesures sanitaires de base), palier 2, code jaune (mesures de base renforcées), palier 3, code orange (alerte modérée, incluant une réduction du nombre de personnes autorisées dans les rassemblements privés) et palier 4, code rouge (alerte maximale pouvant entraîner une limitation des déplacements interrégionaux et un horaire réduit de certains secteurs commerciaux).

L’Estrie se trouve donc au « palier 2 – préalerte », ou jaune, un palier qui s’impose lorsque la transmission commence à s’accroître. Les mesures de base sont alors renforcées et davantage d’actions sont déployées pour promouvoir et encourager leur respect. Par exemple, davantage d’inspections peuvent être réalisées et un plus grand contrôle de l’achalandage peut être fait dans certains lieux de manière à faciliter la distanciation physique.

Du vert au jaune

Il y a plusieurs semaines déjà que le ministère de la Santé et des Services sociaux teste ce nouveau système de modulation régionale.

« Les semaines précédentes n’ont pas été rendues publiques, mais l’Estrie était en vert lors des semaines précédentes », a indiqué en point de presse mardi après-midi le Dr Poirier en montrant le tableau.

Pour établir dans quelle catégorie est classée chaque région, trois critères sont analysés, soit la situation épidémiologique, le contrôle de la transmission et la capacité du système de soins. Une analyse qualitative est aussi effectuée. Certaines sous-régions plus problématiques pourraient aussi subir le même test.

Du côté de l’Estrie, c’est la quantité de nouveaux tests positifs qui a fait pencher la balance vers le « niveau jaune » cette semaine.

Du samedi 29 août au vendredi 4 septembre, il y a eu 133 personnes déclarées positives à la COVID-19 en Estrie.

« La nouvelle barre à ne pas dépasser, c’est 20 nouveaux cas par jour pour un million d’habitants, soit un peu moins de dix nouveaux cas par jour avec notre population de 500 000 habitants. La semaine dernière, nous avons dépassé ce seul à plusieurs reprises, et c’est ce qui nous a placés dans le jaune », a indiqué le Dr Alain Poirier.

Sur les 133 nouveaux cas, près d’une centaine habitent dans le secteur d’Ascot à Sherbrooke. Et la Santé publique travaille dur depuis deux semaines déjà pour aller rejoindre cette population multiethnique et défavorisée, sur le terrain.

« L’Estrie est jaune, mais le secteur d’Ascot est jaune foncé. Mais on le savait, et des mesures étaient déjà prises dans notre cas pour contrôler cet agrégat et pour aider les gens du quartier à passer à travers ce confinement », a ajouté le directeur de Santé publique en précisant que certains avaient besoin d’aide alimentaire pour passer ces moments cloitrés à la maison.

« Sauf à Ascot, l’Estrie va plutôt bien, et même le reste de Sherbrooke va plutôt bien, même s’il y a des éclosions et des agrégats sous surveillance », a-t-il conclu.

La carte et le tableau des paliers d'alerte COVID-19 peuvent être consultés ici sur le site du gouvernement du Québec.